PROSPECTION SISMIQUE OFFSHORE
A MADAGASCAR
(CAS DE TGS-NOPEC GEOPHYSICAL COMPAGNY)
Objectif
de la prospection sismique
L’objectif
de la prospection sismique offshore consiste à acquérir
une image précise des différentes couches géologiques
du sous-sol du fond marin afin de préciser les structures
géologiques ayant pu contenir et bloquer des hydrocarbures.
La technique sismique utilisée est celle des canons à
air comprimé suivant des lignes d’acquisition prédéterminées.
Prospections
sismiques effectuées à Madagascar
Des prospections
sismiques offshore profond ayant pour but de déterminer
le potentiel pétrolier de l’offshore profond de
l’Ouest ( Canal du Mozambique ) de Madagascar ont été
déjà effectuées par des sociétés
et compagnies de géophysique étrangères.
Les résultats obtenus ont servi et serviront de base
pour les études actuelles.
Depuis 2004, trois prospections sismiques ont été
entreprises par TGS NOPEC Geophysical Compagny. Basée
à Houston, la société figure parmi les
leaders dans le domaine de l’industrie de l’acquisition,
du traitement et de la commercialisation des données
géophysiques. La première campagne a été
effectuée entre le Cap Saint André et Toliara
(2005) La seconde zone de prospection s’est située
entre Toliara et Tolagnaro ( 2005) et la troisième à
réaliser pour cette année 2006 au Nord Est entre
le Cap Saint André à Mahajanga et de la baie de
Narindra au Cap Saint Sébastien.
Technique
de prospection utilisée
Canons à
air comprimé et hydrophones
La technique de prospection sismique utilisée est celle
de canons à air (air guns) comprimé qui est actuellement
la méthode la plus courante pour l’étude
de la structure géologique du fond marin. Elle consiste
à libérer soudainement dans l’eau un volume
d’air comprimé par jets brefs et répétitifs.
Cette décompression brusque correspond à un tir
et se produira tous les 25 mètres soit environ toutes
les 10s à 12s. Elle provoque ainsi un ébranlement
de la masse d’eau qui se propage dans le sous-sol du fond
marin et réfléchi ou réfracté par
les différentes couches géologiques présentes.
Les ondes réfléchies sont captées par la
suite par des capteurs sonores très sensibles, «
hydrophones » et seront analysées pour faire sortir
l’image de la structure géologique présente.
Les
matériels de prospection
? Navire sismique : il parcourt des lignes prédéfinies
avec une vitesse relativement faible de l’ordre de 4 à
6 nœuds (7 à 11 km/h ) Le bateau est équipé
d’un système de navigation intégré.
Il tracte derrière lui une source/matériel sismique.
- Système d’émission : immergé à
6 mètres de profondeur, il est constitué par une
batterie de 32 canons à air comprimé
- Système de réception : immergé à
7 mètres de profondeur il est constitué par un
câble, une flûte ou Streamer de 8 km de longueur,
flexible en polyuréthane. Le streamer est composé
de groupes d’hydrophones et d’autres éléments
électriques. Compte tenu de la longueur du streamer,
son extrémité est marquée par une bouée
de signalisation
? Navire escorteur
Les
étapes de la prospection
? La mobilisation de l’ensemble du navire et de son fonctionnement
scientifique et maritime sur la zone de travail.
? L’acquisition des données qui comprend une phase
de déploiement de l’ensemble source-streamer avec
une vérification contrôle-qualité des différents
outils mis en jeu, suivie de l’acquisition proprement
dite.
? La démobilisation : tous les matériels de prospections
sont à bord et le bateau quitte la zone de prospection.
Les
impacts et les mesures d’atténuation proposées
La campagne de prospection sismique devrait être menée
suivant des mesures strictes et de plan de gestion de l’environnement
conformément aux réglementations internationales
et nationales. Entre autres, l’Etude d’Impact Environnemental
(EIE) Celle-ci permet de mettre en évidence toutes les
impacts négatifs potentiels qui risquent de porter atteinte
à l’environnement marin. Elle permet à cet
effet de dégager les mesures d’atténuation
ou de réduction les plus adaptées, afin de minimiser
ou éliminer les risques potentiels temporaires ou permanents.
Les niveaux maxima typiques du bruit ambiant dans les hauts
fonds se situent autour de 110 à 120 dB, selon les activités
humaines, la vitesse du vent et de navigation.
La source sismique utilisée constituée de 32 canons
à air comprimé est de l’ordre de 230 dB
avec une pression d’environ 10-12 bars à 1 mètre.
Les
sources d’impacts
Se référant à la description technique
de prospection utilisée, les sources d’impacts
potentiels en relation avec les différentes opérations
pendant la campagne, notamment ce pouvant engendrer des effets
indésirables à l’environnement, au sens
générique du terme, sont :
? Les bruits et vibrations issues des tirs répétitifs,
périodiques pendant la prospection
? La présence physique du navire sismique et du navire
escorteur ainsi que les équipements scientifiques d’acquisition
des données
? Les rejets de toute sorte en relation avec l’exploitation
des deux bateaux
Les
impacts sur la faune marine
Suivant les résultats de plusieurs études et observations,
les ondes acoustiques peuvent avoir des effets comportementaux
et physiologiques sur les faunes marines. Le système
auditif des faunes marines et leurs réponses aux émissions
de sons et vibrations sont fondamentalement différents
des uns des autres. On s’aperçoit toutefois que
toutes commencent à réagir aux alentours de 155
dB (signe d’évitement, nage accélérée,
regroupement…)
Les
mesures environnementales
Afin de réduire au maximum les perturbations acoustiques
sur la faune marine, TGS NOPEC adopte la procédure de
« Soft Start Procedure » des canons à air
qui est mondialement reconnue. Le procédé «
Soft Start Procedure » consiste en l’intensification
lente et progressive de la puissance des canons à air
sur une durée de 20 minutes en commençant par
les plus petits canons et en ajoutant progressivement plus de
canons jusqu’à ce que la source atteigne la puissance
maximale requise ( 230 dB ) La valeur en décibel (dB
) de l’onde sonore au départ est de 140 dB. Ce
démarrage à faible puissance laisse aux faunes
marines à proximité des canons le temps de s’écarter
avant que la source ne soit activée avec sa puissance
maximale
Les
impacts sur les Aires Protégées marines
Etant donné que les lignes d’acquisition sismique
les plus proches se situent à environ 20 km des côtes,
d’autres étant même à 50 km, les Aires
Protégées marine et côtières du littoral
Ouest et Sud-Ouest , zones côtières concernées
par le cas de la prospection sismique du TGS NOPEC ne seront
pas touchées durant l’opération.
Les
impacts sur la pêche maritime
Compte tenu de son éloignement des côtes, la campagne
sismique n’affectera que la pêche hauturière
et le trafic maritime. Les pêches artisanales et traditionnelles
ne sont pas touchées directement.
Les
mesures environnementales
Afin d’éviter toute forme d’interférence
avec les activités de pêche et de navigation maritime,
le promoteur s’engage à mettre en œuvre les
mesures suivantes :
? Emission d’un AVURNAV informant le programme d’acquisition
sismique toutes les deux semaines
? Contact permanent avec les bateaux dans les parages
? Respect d’une distance de 2 à 3 miles à
tous les bateaux dans la zone
Les
mesures pour la gestion des ordures, déchets et eaux
usées
Le bateau sismique est doté d’un incinérateur
de déchets et de matière grasse. Ainsi, afin d’éviter
toute forme de pollution ou contamination de la mer, les ordures
ménagères seront incinérées à
bord.
Toutefois, il y a lieu de noter que le bateau sismique adopte
un système de triage de déchets solides. A part
les déchets métalliques qui sont stockés
à bord pour être débarqués au prochain
port, tous les autres déchets sont quotidiennement incinérés.
Les cendres issues de l’incinération sont stockées
à bord.
En ce qui concerne les eaux usées, le bateau est muni
d’un système de traitement des eaux usées
avec un boîtier de contrôle automatique de qualité
d’eau.