LETTRE DE POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT
DES BASSINS VERSANTS & PERIMETRES IRRIGUES (BVPI)
Approuvée en conseil de gouvernement
le 12 juillet 2006
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Préambule
La Lettre de Politique de développement
des bassins versants et périmètres irrigués
(BVPI) s’accorde bien avec la Vision
« Madagascar, naturellement » et s’inscrit en
plein dans le processus global de lutte contre la pauvreté
et de promotion de la croissance définie dans le Document
de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté
(DSRP). Elle cadre avec le Plan d’Action pour le Développement
Rural (PADR) et se trouve cohérente avec les orientations
tracées dans le Programme National pour le Développement
Rural (PNDR). Elle indique d’une manière spécifique
les objectifs et orientations du Gouvernement en matière
de développement des bassins versants et périmètres
irrigués, ainsi que les modes d’intervention et les
moyens de réalisation. La mise en œuvre se fera à
travers un Programme National BVPI qui mettra un accent particulier
sur les interventions dans les « zones à haut potentiel
agricole », afin d’obtenir des effets d’entraînement.
L’élaboration de la présente Lettre de Politique
a été dûment précédée
par un état des lieux et a bénéficié
d’une capitalisation des expériences du passé.
Ainsi, la Lettre marque une innovation par rapport aux démarches
et stratégies antérieures dans les secteurs irrigué,
agricole et de gestion des ressources naturelles. D’une
part, il s’agit de pondérer l’importance conférée
aux investissements physiques sur les périmètres
irrigués, et d’autre part, il convient de considérer
les aspects économiques et environnementaux liés
à l’évolution du contexte de développement
Désormais, les axes stratégiques porteront sur l’intensification
durable de la production, la diversification des sources de revenus
et l’amélioration de la rémunération
du travail, ainsi que la valorisation rationnelle des ressources
naturelles et la pérennisation des infrastructures mises
en place. Ces axes seront mis en œuvre suivant des approches
novatrices et seront soutenus par les mesures d’accompagnement
nécessaires.
Le nouveau concept BVPI propose une approche holistique avec des
actions diversifiées, complémentaires et articulées
du fait que le périmètre irrigué et les bassins
versants environnants constituent un ensemble géomorphologique,
économique et social cohérent. D’abord, il
y aura lieu de tirer parti des conditions existantes d’accès
à l’eau plutôt que d’investir préalablement
pour une maîtrise totale de l’eau. En outre, aussi
bien sur le versant que sur les périmètres irrigués
et pour un niveau raisonnable d’engagement en termes de
moyens, il s’agit d’optimiser les systèmes
de production et de prolonger la chaîne de valeur des produits.
Par ailleurs, le concept permettra d’allier favorablement
pour le secteur agricole : (i) le passage d’une économie
de subsistance à une économie de marché (ii)
la promotion de l’agri business et (iii) le développement
des exportations. Cette dynamique est soutenue par la volonté
du Gouvernement de faire appel aux investissements privés
et par les opportunités d’évolution du prix
du riz sur le marché local et à l’exportation.
Elle devra aboutir logiquement à une stimulation de la
production
La présente Lettre de Politique BVPI, élaborée
suivant un processus participatif, remplace et complète
la Lettre de politique du secteur irrigué élaborée
en 1994. C’est un document à l’usage du public,
destiné à toutes les parties prenantes y compris
les partenaires techniques et financiers de l’Etat malagasy.
1°) Analyse de situation
Le contexte d’intervention
1. Un secteur prioritaire
Madagascar est un pays montagneux, dont les plaines et bas-fonds
rizicoles sont dominés par des bassins versants à
forts reliefs. Cette caractéristique, combinée avec
l’abondance des pluies et l’état du couvert
végétal, affectent de façon très importante
l’équilibre de l’ensemble géomorphologique
du bassin versant. La dégradation des sols en amont se
traduit très souvent par des dégâts et ensablements
des infrastructures et parcelles irriguées situées
en aval. Ainsi, les périmètres irrigués et
les bassins versants dominants sont forcément liés
par le même destin de développement.
Madagascar est le deuxième pays d’Afrique sub-saharienne
en terme de superficie irriguée : un million d’hectares,
soit 30 % des terres agricoles. L’agriculture irriguée
représente 15 % du PIB, 70 % de la production agricole
et 88 % de la production de riz. Dans certaines zones comme sur
les Hautes Terres, 85 à 93% des agriculteurs ont recours
à l’irrigation. Le riz est de loin la principale
culture irriguée : près de 1 640 000 exploitants,
culture principale dans ¾ des communes totales et principale
source de revenus agricoles dans 45% des communes.
2. Une rentabilisation des investissements
Le rôle de l’Etat dans la réhabilitation/l’entretien
des infrastructures et la mise à disposition initiale des
mesures d’accompagnement telles que l’amélioration
de l’infrastructure routière, conditionne la rentabilité.
Pour pouvoir rentabiliser les investissements publics dans les
BVPI, il est estimé qu’un revenu additionnel de 12%
par an doit être dégagé. Ce supplément
de revenu est susceptible d’être procuré par
une intensification culturale, une diversification par des cultures
à forte plus value et par la protection de l’environnement.
Toutefois à cet égard, les investissements publics
doivent être associés à un investissement
propre des producteurs.
En plus du facteur eau, la rentabilité des investissements
dans les PI demande un changement important du mode de production,
qui se traduit en paquets technologiques adaptés, une amélioration
importante des capacités de gestion et d’entretien
du périmètre, ainsi que l’intégration
de la commercialisation et de la transformation des produits.
Le potentiel d’augmentation de la productivité existe
réellement : l’amélioration de la maîtrise
d’eau a engendré une augmentation des rendements
de 36% tandis qu’une adoption de techniques améliorées
a fait augmenter de 53% ceux des périmètres irrigués.
Les producteurs peuvent encore accroître leurs rendements
qui se situent à 25% seulement des rendements comparatifs
obtenus en expérimentation. Les techniques de cultures
agro écologiques font aussi leurs preuves et sont appelés
à une forte expansion.
Les producteurs sont assurés d’une demande constante
en riz qui garantit un débouché à la production
rizicole. Le régime alimentaire de la population malgache
et la préférence affichée pour le riz local,
même à un prix élevé, génère
une demande en riz constante et conséquente au niveau national.
Par ailleurs, la perspective de constituer le grenier à
riz du COMESA, de la SADC, de la COI voire même d’accéder
à certains marchés mondiaux de niche, met aussi
l’exportation de riz à la portée du pays à
court ou à moyen terme.
Enfin, la récente évolution des prix aux producteurs
s’avère très propice pour relancer l’offre
et par conséquent pour investir dans le secteur.
3. Une gestion pour la durabilité des périmètres
irrigués
La capitalisation des expériences passées a permis
de dégager les facteurs essentiels de gestion et d’entretien
des PI :
(i.) l’approche participative qui permet
d’aboutir à la capacité opérationnelle
des AUE pour la maîtrise technique, financière et
organisationnelle du processus de réhabilitation, de gestion
et d’entretien. Cette capacité devrait permettre
aux AUE de collaborer, soit en cofinancement soit en participation
physique, sur des bases contractuelles en conformité avec
leurs potentiels réels d’intervention et l’objectif
de production
(ii.) l’appropriation des textes réglementaires
et législatifs par toutes les parties prenantes qui permet
notamment le contrôle du paiement des redevances et l’application
des sanctions et des DINA
(iii.) la répartition optimale des rôles
entre l’Etat, les collectivités, et les usagers dans
le processus de transfert de gérance qui permet de parer
aux attentismes néfastes. La mise en place effective du
Fonds d’Entretien des Réseaux Hydro agricoles (FERHA)
est particulièrement déterminante pour l’entretien
et la réhabilitation des ouvrages non transférables
(iv.) un statut approprié des AUE face
à l’évolution de l’environnement socio-économique
de la production agricole, qui leur permet de s’adonner
à des activités rémunératrices et
lucratives pour renforcer leur structure, ainsi que de s’acquitter
convenablement de leurs tâches dans la gestion et l’entretien
des réseaux.
Par ailleurs, la nécessité d’un mécanisme
d’intervention en cas de dégâts cycloniques
est vitale, étant donné leur fréquence et
leur ampleur.
4. L’implication des Collectivités Territoriales
Décentralisées (CTD)
A travers les nouvelles orientations de la politique du Gouvernement
en matière de décentralisation/déconcentration,
la démarche consiste à ce que les CTD soient en
mesure (i) de concevoir et de mettre en œuvre un plan de
développement intégrant les programmes sectoriels
et l’aménagement du territoire, (ii) d’assumer
la maîtrise d’ouvrage du développement, et
(iii) de fournir des services de proximité satisfaisants.
Le processus de décentralisation effective en cours permet
d’appuyer l’amélioration de certains paramètres
en production agricole dont la sécurisation foncière,
le crédit rural, la fiscalité locale, le désenclavement
socio-économique et commercial.
La création de sources de financement des Communes par
les impôts locaux et les taxes, outre les dotations de l’Etat
et les emprunts, est essentielle. Des mesures sont déjà
envisagées pour le renforcement de capacités des
élus communaux, la viabilité économique des
projets communaux, l’émergence d’opérateurs
économiques locaux.
5. Une intensification et une diversification de la production
L’intensification et la diversification agricole, ainsi
qu’une meilleure rentabilité du travail, visent l’augmentation
des revenus des producteurs et contribuent directement à
la lutte contre la pauvreté. Ces actions seront suffisamment
intégrées dans des approches concertées,
simultanées et transversales, pour constituer des conditions
favorables à la productivité.
Les rendements agricoles doivent s’améliorer du fait
de plusieurs facteurs qui sont en voie de redressement : contexte
foncier permettant des modes de production conformes, maîtrise
d’eau, techniques culturales améliorées dont
meilleure utilisation d’intrants, organisation des filières
et développement des marchés, préservation
des bassin versants et des infrastructures d’irrigation.
De multiples innovations techniques sont disponibles, en cours
de diffusion ou d’expérimentation permettant une
modernisation rapide. Des nouvelles voies susceptibles d’améliorer
leur production font de plus en plus l’objet d’évaluation
participative avec les paysans.
La diversification des cultures et des activités est aussi
appelée à s’amplifier. Les potentiels à
travers les cultures de contre-saison, la rotation et les associations
culturales, ainsi que d’augmentation des revenus et de réduction
des risques ne sont pas mis en valeur. Pourtant, une seconde culture
rizicole ou une production de cultures de contre-saison et une
valorisation rationnelle des terroirs permettraient une amélioration
conséquente de la trésorerie des ménages
et réduiraient les pressions sur les ressources naturelles.
6. Des services d’appui plus rapprochés et
plus efficients
D’une manière générale, les services
d’appui agricole dont les carences sont fortement déplorées,
tant pour les périmètres irrigués que pour
les bassins versants, sont à renforcer à différents
égards : en recherche agricole appliquée, conseil
agricole, circuits d’approvisionnement en intrants, promotion
de la mécanisation, appui en matière de crédit
et de moyens de stockage, systèmes d’information
sur les marchés.
Conseil agricole
La réforme institutionnelle opérée par le
MAEP a d’abord porté sur la réorganisation
et la déconcentration au niveau national et régional.
Ce processus est prévu être complété
et relayé par la mise en place des Centres de Service Agricole
(CSA) au niveau des districts. Ainsi, les CSA assureront les services
d’appui de proximité tablés sur demande et
bien adaptés aux besoins des producteurs.
Crédit
Jusqu’à présent, la plupart des ruraux ont
peu accès aux crédits. Des efforts sont déjà
consentis et méritent d’être appuyés.
Les institutions de micro finance (IMF) ont un taux de pénétration
assez faible (5%) et un taux de couverture insuffisant (20% des
communes). Les taux d’intérêts actuels des
crédits ne sont pas à la portée des petits
exploitants et se prêtent davantage à l’action
commerciale de collecte et revente qu’à la production
agricole.
Marchés
Les marchés sont peu développés dans les
zones rurales et les BVPI, et ceci même pour le riz en dehors
de la période de récolte. Le désenclavement
des zones productrices permet aux marchés de fonctionner
avec efficacité et de faire jouer la concurrence, ce qui
stimule les producteurs pour augmenter la rentabilité et
s’engager dans l’intensification.
7. Un concept rationnel de Bassins Versants Périmètres
Irrigués
L’approche bassins versants tient compte de la spécificité
biophysique et du fait que les processus hydrologiques qui affectent
les périmètres irrigués y prennent naissance.
Les crues, les inondations et les dépôts sédimentaires
subis en aval des BV dépendent de plusieurs facteurs, dont
la déforestation, le couvert végétal, les
pentes, le compactage du sol, les pratiques agricoles et la fréquence
de passage de pluies cycloniques. Les forêts naturelles,
qui constituent la meilleure protection des eaux et sols, ont
souvent été repoussées par les défrichements
aux limites extrêmes des BV et se trouvent éloignées
des plaines rizicoles adjacentes.
La préoccupation et la volonté de pérenniser
les investissements publics au niveau des périmètres
irrigués et des bassins versants environnants sont ainsi
réelles. D’une part, il s’agit d’atténuer
les impacts néfastes en aval en conciliant production intensive
et diversifiée avec gestion rationnelle et durable des
ressources naturelles. D’autre part, il faut chercher à
promouvoir un authentique développement local en amont.
Le développement rural situé en amont et celui situé
en aval des BVPI sont fortement liés, ce qui mène
au besoin d’actions simultanées et complémentaires.
Sur tanety, le système de production est encore souvent
extensif, faiblement diversifié et concentré sur
des cultures d’autoconsommation. L’utilisation du
feu pour l’élevage constitue la force la plus destructrice.
Or, la production en hauteur est en extension du fait de la réduction
de taille des parcelles irriguées par ménage par
forte croissance démographique. Des techniques agro écologiques
ont été mises au point permettant d’augmenter
la production agricole sur tanety, tout en améliorant la
conservation de l’eau et la fertilité du sol. Des
structures sont spécialisées dans la diffusion de
ces techniques qui commencent à être adoptées
par les producteurs au niveau des terroirs ou à plus grande
échelle.
De nouveaux mécanismes et dispositions de protection et
de gestion durable ont été créées.
Les aires protégées (COAP), le transfert de gestion
des ressources naturelles renouvelables (GELOSE, GCF) et les réserves
communales de reboisement rencontrent un vif intérêt
de la population concernée, souvent soucieuse de protéger
leurs ressources contres les exploitants externes. Le zonage forestier
en cours par l’administration forestière et d’autres
zonages (RAMSAR, Sites de conservation) contribuent à la
gestion durable des ressources naturelles.
8. Les conditions cadres pour un développement
intégré
Désenclavement et routes
L’enclavement actuel entrave la gestion durable et productive
des terres et des eaux au niveau de l’ensemble du pays.
Il n’incite pas les investissements productifs appropriés
tels que l’extension des terrasses à vocation rizicole,
la transition partielle vers un maraîchage plus rémunérateur,
la plantation salutaire d’arbres fruitiers et l’adoption
de techniques culturales adaptées sur les versants. L’absence
de réseaux de télécommunication prive aussi
les producteurs de renseignements actualisés sur les prix
pratiqués dans les marchés environnants et affecte
par conséquent leurs marges au profit des intermédiaires.
En revanche, le désenclavement des zones productrices a
pour effet immédiat (i) de renforcer la
compétitivité du riz malgache sur le marché
national et mondial, (ii) d’améliorer
la rémunération de la main-d’œuvre familiale
et (iii) de relever le niveau d’utilisation
des intrants chimiques, déterminant pour la production.
Il y a lieu d’éviter des marges commerciales indues
par prélèvement maximal des intermédiaires
et des coûts de transport excessifs causés par l’enclavement.
Le foncier
La sécurisation foncière constitue un élément
fondamental de la démarche BVPI. Au niveau des périmètres
irrigués, elle affecte les modes de production et l’entretien
du réseau : engagement à l’intensification,
sécurisation des occupants et droits secondaires tels que
métayage, fermage ou autres, le rôles des Communes
et de la gouvernance locale notamment à travers le développement
de la taxation foncière. Elle est davantage importante
dans les bassins versants, où les situations de libre accès
et d’occupation des zones de pente accentuent les phénomènes
d’érosion et d’ensablement des périmètres
irrigués. La mise en œuvre actuelle du Programme National
Foncier revêt beaucoup d’importance à cet égard.
Sécurité des biens et des personnes
L’insécurité rurale handicape la production,
pouvant frapper à la fois le capital bétail ou la
récolte. Les risques n’incitent pas à la production
de surplus, ni au stockage et la transformation des produits.
Les efforts consentis sur ce plan commencent à porter fruits
et seront poursuivis en priorité dans toutes les zones
concernées afin de rassurer les producteurs et d’inciter
à la production.
Fiscalité
La fiscalité est encore peu utilisée pour protéger
la riziculture malgache et une augmentation du prix de riz est
socialement peu faisable. La plateforme de concertation Riz est
mise en place depuis peu permettant aux professionnels de contribuer
à un meilleur pilotage de la filière. Un système
d’observatoire du Riz est aussi fonctionnel permettant de
disposer et d’analyser les informations pertinentes. Il
faudra chercher des mécanismes de stabilisation de prix
du riz par une taxation conjoncturelle sur le riz importé
et une augmentation de la rentabilité de l’intensification
par la détaxation ou des bonifications de taux d’intérêt
pour les crédits intrants.
Financement et crédit rural
Les besoins en financement du secteur agricole malgache sont importants.
Ils sont avant tout destinés à améliorer
la productivité de la terre et de la main d’œuvre,
les revenus agricoles et la sécurité alimentaire
des ménages. Les multiples besoins en investissements sont
à apporter à la fois par le secteur bancaire, les
institutions financières mutualistes ou non (IMF), et les
ressources publiques. Il s’agit d’élargir la
couverture des services financiers de proximité en facilitant
(i) l’amélioration du taux de pénétration
(ii) l’accessibilité des services financiers aux
agriculteurs (iii) le renforcement des complémentarités
entre les secteur bancaire, les micro finances, et les acteurs
liés aux investissements publics et (iv) l’amélioration
de la réglementation du secteur et l’impulsion des
mesures d’incitation.
La problématique
9. Le principal constat
Les investissements importants jusqu’ici consentis, soit
en amont dans les bassins versants, soit en aval dans les périmètres
irrigués, n’ont pas suffisamment permis de faire
émerger un système de production intensive, professionnel
et rentable pour les parties prenantes, ni amené à
une gestion durable des ressources naturelles et des infrastructures
de production.
Ce constat résulte de trois principaux problèmes
sous-jacents, qui nécessitent d’être résolus
: les producteurs sont confrontés à une faible productivité,
les rôles et fonctions des parties prenantes sont restées
vagues, la pérennisation des investissements n’a
pas pu être atteinte.
Les défis et enjeux
10. Défi de concevoir et mettre en œuvre une
politique orientée vers la durabilité des investissements
et la pérennité des capitaux de production
La concentration des investissements au niveau des infrastructures
ne saurait pas engendrer une production suffisamment rentable
pour l’entretien de ces infrastructures, d’autant
plus que la dégradation des bassins versants et des crues
cycloniques s’ajoutent à une détérioration
rapide des infrastructures.
La nouvelle politique BVPI adoptera par conséquent une
approche holistique et intégrée, qui est orientée
vers la durabilité et la pérennisation des investissements.
Ceci inclut la durabilité environnementale, la durabilité
sociale et la pérennisation des infrastructures.
L’enjeu réside dans la perspective qu’une durabilité
environnementale et sociale mènera à des coûts
de production et d’entretien de moins en moins élevés
en mesure d’être pris en charge par les producteurs.
Il en résultera la durabilité des infrastructures
et la maîtrise d’eau, facteur essentiel de la production.
La hausse de production qui s’ensuit influera favorablement
sur la sécurité alimentaire et la lutte contre la
pauvreté.
11. Défi de concevoir et mettre en œuvre une
politique qui clarifie les rôles et responsabilités
des parties prenantes et qui renforce les capacités nécessaires
pour assumer ces rôles
La faiblesse du développement institutionnel a été
l’un des principaux constats des dernières années.
Dans le passé, le désengagement rapide de l’Etat,
aggravé par un manque de clarification des rôles
et fonctions des parties prenantes, a laissé un vide institutionnel
qui ne favorise pas la gestion le développement des BVPI.
La nouvelle politique BVPI définira les rôles et
fonctions des parties prenantes, qui sont principalement l’Etat
et ses démembrements, les collectivités territoriales
décentralisées et les associations/fédérations
des usagers de l’eau. Le secteur privé, les programmes/projets
et ONG sont également appelés à jouer un
rôle important. Le développement des capacités
nécessaires pour les parties prenantes ira de pair avec
les clarifications.
L’enjeu du développement institutionnel est de taille.
La responsabilité des AUE, les rôles des CTD et des
services de l’Etat sont déterminants dans les processus
de réhabilitation initiale, d’entretien régulier,
de réparation des dégâts cycloniques. Il en
résultera une maîtrise d’eau continuelle et
une productivité soutenue.
12. Défi de concevoir et mettre en œuvre une
politique cohérente, qui crée un cadre incitatif
et rentable aux producteurs pour investir et moderniser leur mode
de production
L’environnement de la production peu incitatif dans le passé
n’avait pas permis d’atteindre une bonne productivité
: répartition de l’eau perçue comme inéquitable
en bout de réseau, accès aux services d’appui
non satisfaisant, approvisionnement en intrants limité
avec un rapport valeur/coût souvent défavorable,
fonctionnement des marchés désavantageux pour les
producteurs dans les zones enclavées.
La nouvelle politique BVPI assurera un cadre incitatif à
l’investissement, à la modernisation et à
l’intensification de la production, ce qui passera en premier
lieu par une meilleure rentabilité pour les producteurs
et un prolongement de la chaîne des valeurs. Les interventions
porteront sur l’amélioration de l’accès
à l’eau, les services d’appui conseils, l’utilisation
d’intrants, la transformation et la commercialisation des
récoltes. La rentabilité de l’exploitation
par une politique de prix et de fiscalité favorable aux
producteurs se trouvera améliorée.
L’enjeu de la rentabilité pour les producteurs est
primordial pour la réussite de la politique BVPI. Les marges
de rentabilité conséquentes et la diminution des
risques financiers amènent à adopter de nouveaux
modes de production performants avec beaucoup d’effets multiplicateurs
: augmentation des revenus, entretien régulier et convenable
des infrastructures, couverture des recettes fiscales au niveau
des CTD, adoption d’autres techniques d’intensification.
2°) Le nouveau concept de développement
des BVPI
Cadrage général : cohérence et synergie
avec les orientations nationales et sectorielles
13. Au niveau global du pays
La vision « Madagascar naturellement ! – Une vision
pour Madagascar et ses régions », formulée
au plus haut niveau par SEM le Président de la République,
constitue le point de départ de toute politique de développement.
Il y est signalé plusieurs atouts dont d’importantes
richesses naturelles et des paysans travailleurs. Il y est confirmé
que le pays est à vocation agricole. La vision 2020 décrit
un épanouissement à tous égards.
Le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
(DSRP) élaboré à partir d’un processus
participatif et récemment mis à jour indique notamment
des objectifs de base de réduction de la pauvreté
et de protection de l’environnement. Il précise les
axes stratégiques d’intervention, dont la promotion
d’une croissance économique à base sociale
très élargie.
La Politique Générale de l’Etat (PGE), arrêtée
annuellement en Conseil des Ministres, fournit les indications
complémentaires opérationnelles. Cette politique
inclut le monde rural et l’environnement dans les priorités
et qualifie le développement rural comme moteur du développement
économique. Augmenter la production de riz, l’exportation
de produits agricoles, la superficie d’aires protégées,
et réduire les feux de brousse sont estimés essentiels.
La Politique Nationale de Décentralisation/Déconcentration
(PN2D) prévaut aussi dans ses principes pour tout autre
politique nationale conçue.
14. Au niveau du secteur de développement rural
Le Plan d’Action pour le Développement Rural (PADR)
constitue une déclinaison du DSRP et présente le
processus référentiel du Gouvernement dans le secteur
du développement rural. Il oriente les projets et programmes
de développement rural notamment sous les orientations
2 et 3 qui sont « d’inciter l’émergence
d’acteurs économiques partenaires du développement
rural » et « d’accroître et promouvoir
la production agricole avec une utilisation optimale ainsi qu’une
gestion durable des ressources et des infrastructures ».
Le Programme National pour le Développement Rural (PNDR),
récemment élaboré, répond dans toutes
ses cinq orientations aux préoccupations de la nouvelle
politique BVPI, particulièrement au niveau de l’axe
stratégique « Amélioration de la productivité
Agricole » et pour « valoriser les ressources naturelles
et préserver les facteurs naturels de production ».
Le Plan d'Action Environnemental (PAE), inclut dans ses stratégies
sectorielles la gestion des bassins versants du fait qu’elle
« revêt une importance fondamentale sur le plan économique
». L’érosion est reconnue néfaste pour
la production rizicole et les ressources halieutiques dans les
estuaires. Elle oblige le surdimensionnement des infrastructures,
faisant augmenter d’autant les investissements requis, sans
compter les entretiens périodiques et rapprochés
à entreprendre.
La troisième et dernière phase actuelle du Projet
Environnement ou PE-3 prévoit que les parties prenantes
aient le réflexe et s’approprient les actions environnementales
désormais « automatiques » et systématiquement
intégrées.
Les nouvelles perspectives BVPI
15. La nouvelle vision BVPI
La stratégie de lutte contre la pauvreté préconise
la réduction de la pauvreté à 1/3 de la population
d’ici 2015. Or, la pauvreté à Madagascar est
principalement un phénomène rural, par conséquent
sa réduction passe nécessairement par l’amélioration
de la production agricole : productivité, diversification,
valeur ajoutée et accès au marché, tout en
préservant les ressources naturelles. A cet égard,
les BVPI sont appelés à devenir des moteurs de croissance
économique partagés.
La stratégie recherche également l’équité
dans la répartition des fruits de la croissance économique,
en particulier celle du secteur agricole. La population rurale
doit ainsi avoir accès aux infrastructures hydro agricoles
et y trouver son intérêt de manière à
en assurer la pérennité. La politique BVPI cherchera
en matière d’infrastructures un système d’allocation
de ressources plus orienté vers le développement
rural.
16. Les objectifs globaux
Les objectifs globaux de la politique de développement
des BVPI visent l’amélioration durable des conditions
de vie et des revenus des populations rurales dans les bassins
versants intégrant les périmètres irrigués,
ainsi qu’une meilleure valorisation et préservation
des ressources naturelles au profit de tout le pays.
17. Les objectifs spécifiques
– Accroître la productivité sur les périmètres
irrigués et dans les bassins versants environnants,
– Améliorer la rémunération du travail
des producteurs et développer des sources alternatives
de revenus,
– Exploiter d’une manière durable les infrastructures
et les ressources en sols et en eau.
18. Les résultats attendus
Au moyen de cette nouvelle politique BVPI,
– La productivité agricole et notamment rizicole
se trouvera fortement accrue par action d’intensification
et maîtrise de nouvelles superficies,
– Les revenus des producteurs seront améliorés
soit directement par valorisation des récoltes obtenues
soit au moyen des sources complémentaires ou alternatives
de revenus,
– Les parties prenantes seront mieux responsabilisées
sur les rôles qui leur incombent, mieux mobilisées
pour des actions complémentaires et fortement interdépendantes,
et mieux conscientisées sur l’essor attendu de ces
zones à haut potentiel,
– Les investissements réalisés soit en amont
soit en aval, tant individuels que collectifs, seront pleinement
rentabilisés,
– L’utilisation des ressources en eau et en sols sera
optimisée à la satisfaction générale..
3°) Cadre stratégique
de la politique BVPI
19. Les conditions préalables
Les conditions de réussite de la politique nationale BVPI
sont nombreuses sans toutes constituer des conditions préalables.
Certaines sont indispensables avant le démarrage de la
stratégie BVPI, d’autres pourront être atteintes
au cours de la mise en œuvre et figurent pour cela dans les
mesures d’accompagnement requises. Ces conditions sont :
– L’appropriation de la Lettre de Politique BVPI par
les parties prenantes, pour assurer une large adhésion
à sa réussite.
– La stratégie de réforme institutionnelle,
incluant la définition concertée des rôles
et responsabilités des parties prenantes, pour assurer
une bonne mise en œuvre du programme.
– L’étude et l’adoption de mesures incitatives
pour les producteurs et pour le secteur privé pour permettre
aux parties prenantes d’assumer leurs rôles.
– L’identification d’un concept de pérennisation
des ouvrages non transférables à travers le FERHA,
ainsi que des critères précis concernant le transfert
de gérance.
Les axes stratégiques d’intervention
20. Premier axe stratégique : Intensification rapide
et durable de la production
La stratégie d’augmentation rapide et durable de
la production vise à offrir aux producteurs, tant sur les
PI que dans les BV, les conditions de pouvoir augmenter leur production
de façon rentable et durable. Cette augmentation de production
se fera surtout en augmentant les rendements des cultures et en
mettant de nouvelles terres en exploitation lorsque c’est
approprié. Elle se base sur une gestion conservatoire des
terres de collines, sur un service de l’eau performant et
sur l’intensification agricole. Elle privilégie surtout
les actions de sécurisation foncière, de recherche
adaptée, d’appui conseil, de financement rural, d’accès
aux intrants, de renforcement des organisations de producteurs
21. Deuxième axe stratégique d’intervention
: Amélioration de la rémunération du travail
des producteurs et Diversification des revenus des populations
rurales
La stratégie d’amélioration de la rémunération
du travail a pour objectif de permettre aux populations rurales
d’augmenter les revenus issus de leur production. Elle est
axée sur une amélioration des conditions de commercialisation,
une réduction des coûts des services aux producteurs,
et un renforcement du rôle des privés dans les circuits
de commercialisation. Elle est basée principalement sur
l’accroissement de la productivité, l’amélioration
des pistes et des conditions de transport des produits, la création
de valeur ajoutée et le prolongement des chaînes
de valeurs, un accès plus aisé aux marchés,
le redressement des pratiques défavorables au niveau de
la commercialisation et l’amélioration des circuits
d’information.
La stratégie de diversification des revenus vise à
offrir aux populations rurales l’opportunité de diversifier
leurs sources de revenus et de participer plus activement aux
activités économiques. Elle prévoit un renforcement
des actions d’incitation à la monétarisation,
pour les populations les plus enclavées, la promotion de
productions orientées vers le marché, et la recherche
et la promotion d’activités connexes. La diversification
par des cultures de contre saison et par des associations culturales
cumule les avantages d’une meilleure gestion des nutriments,
d’une réduction des risques de maladies et ainsi
d’une augmentation des revenus.
22. Troisième axe stratégique d’intervention
: Pérennisation des infrastructures et valorisation
des ressources naturelles
La stratégie de pérennisation des infrastructures
cherche à ne plus retomber dans les défaillances
connues dans le passé et éviter les gaspillages
survenus aux investissements tant publics que privés. Elle
vise à mieux rentabiliser les ressources allouées
à travers les aménagements de sorte à ce
que ceux-ci puissent servir d’une manière durable
sans nécessiter des réhabilitations continuelles
et onéreuses.
La stratégie de valorisation des ressources naturelles
qui lui est fortement complémentaire a pour objectif de
promouvoir le développement en tenant compte des actions
ou mesures de conservation nécessaires. La nature constitue
en effet une ressource riche mais non inépuisable. L’équilibre
biologique exige que les intensifications ne soient pas au détriment
du patrimoine à léguer aux générations
futures.
Les approches méthodologiques et transversales
23. Approche holistique pour le choix d’investissements
à grands effets
Comme il s’agit de répondre simultanément
à un triple défi : (i) assurer la pérennisation
des investissements, (ii) mettre en place les capacités
institutionnelles nécessaires et (iii) créer des
conditions favorables pour les investissements tant publics que
ceux des producteurs et du secteur privé, l’approche
holistique englobe ainsi une série d’approches transversales
importantes. La complexité d’une telle approche rend
nécessaire une analyse systémique, afin de déterminer
les leviers de développements les plus efficaces.
24. Approche intégrée pour l’harmonisation
des investissements
L’augmentation de la productivité et des revenus
des producteurs passe obligatoirement par une approche intégrée,
car de nombreux aspects techniques doivent être harmonisés
et mis en place simultanément pour obtenir des résultats
: l’accès à l’eau, l’accès
au service d’appui, l’approvisionnement en intrants,
l’accès au crédit, l’accès à
la commercialisation
25. Approche Bassin versant pour la préservation
environnementale
L’avenir du développement des périmètres
irrigués est directement lié au développement
du bassin versant dominant. Les nombreux processus environnementaux
en amont tels que déforestation, feux de brousse, dégradation
de sols, appauvrissement et érosion des sols, compactage
des sols, ont des répercussions directs sur le régime
hydrologique et la charge sédimentaire en aval. Le BV et
le PI sont également liés par des relations sociales,
économiques et agricoles. En dehors des relations géographiques,
il existe souvent des liens et échanges commerciaux et
sociaux. Par conséquent, l’approche devrait répondre
à la fois à des mesures de protection et à
des besoins de production durable.
26. Approche participative pour la pérennisation
sociale
L’approche participative a pour but d’assurer la durabilité
du développement agricole et rural et ainsi la rentabilité
des investissements. Cette approche englobe la participation des
parties prenantes et préconise des appuis à la demande
et adaptés aux capacités de gestion des bénéficiaires.
Les interventions sont différenciées selon les catégories
socio organisationnelles et le contexte culturel. Les parties
prenantes doivent être associées à toutes
les étapes des interventions, de la planification à
la mise en œuvre et jusqu’au suivi et évaluation.
La politique BVPI priorise une approche à la demande, qui
renforce l’adaptation des interventions aux besoins des
bénéficiaires et ainsi leur appropriation. Les interventions
et fonctions déléguées doivent être
adaptées aux capacités réelles des organisations
paysannes. Ces capacités doivent être en même
temps renforcées, car elles sont trop souvent encore élémentaires.
La politique BVPI vise ainsi le renforcement des capacités
de gestion organisationnelles et financières des parties
prenantes et ceci suivant des étapes et objectifs clairs.
L’approche participative et les interventions tiennent compte
de la diversité des groupes socioprofessionnels. La politique
BVPI, suivant l’approche genre, distingue les rôles
des différents groupes sociaux (hommes, femmes, jeunes,
aînés …) dans les activités productives
et fera en sorte que les inégalités soient réduites
lors de l’introduction de nouvelles technologies ou lors
des activités visant la diversification des revenus et
l’amélioration des conditions de commercialisation
des produits
La politique BVPI tient compte de la diversité des situations
socioculturelles existantes et adapte les actions aux réalités
de terrain. Ceci sera possible grâce à une décentralisation
importante des activités du programme et une adaptation
aux conditions locales.
27. Approche Transfert de gérance pour la pérennisation
des infrastructures
La pérennisation des investissements impose un entretien
strict et contrôlé des infrastructures, ainsi que
des mécanismes de réparation en cas de dégâts
cycloniques et exceptionnels. En concordance avec la nouvelle
typologie des périmètres irrigués, périmètre
autonome et périmètre partenaire, la politique de
transfert de gérance sera renforcée, mettant plus
de poids sur la capacité de gestion des associations des
usagers, notamment en ce qui concerne le recouvrement des redevances
et l’entretien des ouvrages. Après transfert, l’Etat
restera engagé par (i) le contrôle et l’audit
de l’entretien et par un appui conseil aux AUE, et (ii)
l’entretien et l’amortissement des infrastructures
non transférables à travers le FERHA. Il est également
chargé de la mise en place d’un mécanisme
de réparation rapide des dégâts cycloniques
à travers le FERHA et à travers d’autres fonds
nationaux ou régionaux.
Les besoins en réhabilitation des infrastructures d’irrigation
des BVPI sont importants. Le financement de la réhabilitation
incombe à l’Etat avec l’appui des partenaires
techniques et financiers. Pour améliorer la rentabilité
des investissements, les travaux de réhabilitation se concentreront
sur les contraintes principales et tiendront compte des capacités
de contribution des AUE.
La nouvelle politique BVPI identifiera les niveaux de contribution
propres des usagers selon que l’ouvrage soit transférable
ou non, de la taille des infrastructures et périmètres,
des capacités des AUE et de la rentabilité de la
production dans le site. Des garanties ou la mise à disposition
préalable des contributions seront exigées.
28. Approche réforme institutionnelle et renforcement
des capacités pour la mobilisation des structures décentralisées
La réforme institutionnelle et le renforcement des capacités
des institutions sont des priorités pour la nouvelle politique
BVPI.
De par sa nature, la politique BVPI a une incidence pour un grand
nombre de parties prenantes, dont il s’agit de définir
les rôles et fonctions en cohérence avec l’objectif
d’efficacité et de décentralisation/déconcentration.
Les principes de base prévoient que l’Etat mette
en place des conditions favorables et des dispositifs de contrôle
et suivi. Les collectivités territoriales décentralisées
gèrent leur patrimoine en convergeant progressivement vers
la maîtrise d’ouvrage. Les producteurs saisissent
l’opportunité pour rendre rentable leur mode de production,
ce qui leur permettra d’entretenir les capitaux de production.
Les opérateurs du secteur privé s’insèrent
dans le système en injectant des capitaux et des services
qui génèrent les effets multiplicateurs, piliers
de la croissance.
29. Approche juridique et réglementaire pour la
bonne gouvernance
L’approche juridique et réglementaire consiste à
évaluer et améliorer les textes législatifs
et réglementaires, afin de faciliter la mise en œuvre
de la politique BVPI. Les domaines prioritaires sont les suivants
:
Statut des AUE : Clarification concernant l’adhésion
obligatoire, les sanctions en cas de refus de payement des redevances
par les usagers et concernant la typologie des membres
Statut des AUE : Maintien ou non du statut à but non lucratif,
face à la nécessité de mener des actions
commerciales pour renforcer les structures
Transfert de gérance : Précision des critères
d’ouvrages non transférables et inventaire national
de ces ouvrages
Métayage : Autorisation du métayage ou remplacement
du métayage par contrats-types de location des terres
DINA : Clarification du rôle légal et renforcement
d’application
Foncier : Procédures simplifiées de sécurisation
foncière en concertation avec PNF
FERHA : Textes d’application concernant les cotisations,
le recouvrement et la gestion du FERHA.
Réparation des dégâts cycloniques : réglementation
sur les fonds mutuels de réparation des dégâts
cycloniques et leur intégration au FERHA ou dans les fonds
de protection sociale.
ANDEA : Précisions concernant le rôle et les ressources
de l’ANDEA
Mesures d’accompagnement de la politique BVPI
30. Mesures d’accompagnement de la politique BVPI
La réussite de la politique BVPI dépendra également
d’un certain nombre de mesures d’accompagnement. L’approche
BVPI n’interviendra pas directement dans ces domaines, mais
aura la tâche de se concerter avec le Gouvernement et avec
les autres politiques sectorielles et Programmes Nationaux, afin
d’agir en synergie dans les sites BVPI. Les mesures d’accompagnement
concernent les aspects suivants :
Désenclavement des zones de production : construction et
remise en état de pistes, sentiers et ouvrages de franchissement
et renforcement du transport rural
Législation : actualisation et renforcement du respect
des textes en vigueur, notamment en gestion rationnelle des bassins
versants
Réforme institutionnelle : mise en œuvre de la politique
de décentralisation/déconcentration et renforcement
des capacités de l’administration et des CTD à
tous les niveaux
Sécurisation foncière : poursuite de la mise en
œuvre du Programme National Foncier notamment des opérations
foncières pilotes au niveau des communes, qui établissent
un lien incitatif pour les paysans et les communes entre propriété
foncière, appui pour l’entretien des infrastructures
et fiscalité locale
Politique rurale incitative : incitation aux investissements dans
l’économie rurale et agricole et promotion du partenariat
public privé
Communication : extension de la couverture téléphonique
aux BV intégrant des PI
Lutte contre l’insécurité rurale
4°) Mise en oeuvre à
travers le Programme National BVPI
31. Rôle du Programme National BVPI
Le Programme National BVPI (PN BVPI) a pour but de rendre opérationnel
la politique BVPI et d’indiquer aux parties prenantes des
objectifs et un cadre stratégique cohérents pour
leurs interventions. Selon l’orientation des partenaires,
les sites d’intervention et les situations prioritaires
sur place, les intervenants pourront ainsi inscrire leurs appuis,
soit en matière d’aménagement de bassin versants,
de gestion de ressources naturelles, d’infrastructures,
de production agricole, de renforcement d’organisations
paysannes ou soit de services, dans un cadre global.
Le PN BVPI permettra ainsi de :
- Rassembler les partenaires intervenant dans la mise en œuvre
de la politique nationale BVPI, dans la mesure qu’ils pourront
inscrire leurs interventions dans les objectifs de la politique
- Favoriser l’échange d’expériences,
la concertation et la collaboration des partenaires BVPI
- Identifier plus facilement les lacunes et manques d’appui
ressentis au niveau des sites et faire jouer la complémentarité
- Coordonner l’intervention des partenaires dans des domaines
ou sites non encore couverts
- Suivre l’avancement des appuis globaux ou thématiques
dans les sites BVPI par les intervenants
- Apprécier l’évolution de la politique BVPI
à travers un jeu minimal de indicateurs partagés
par les partenaires
Le PN BVPI sera élaboré suivant un processus concerté
et participatif afin de préserver, d’une part la
cohérence et les orientations de la politique BVPI, et
d’autre part les principes spécifiques à chaque
intervenant.
Les grandes lignes du PN BVPI sont les suivantes :
1. La justification, le rôle et la fonction
du programme national BVPI
2. L’inventaire des projets et programmes
des différents partenaires du développement (Etat,
Banque mondiale, AFD, FIDA, UE, USAID, FIDA, BAD…) en cours
ou en préparation pour la mise en œuvre du Programme
National
3. L’identification des principes communs,
des axes stratégiques et des résultats attendus,
sous forme d’un cadre logique actualisé du programme
national BVPI
4. Le statut et le cadre institutionnel du programme
national BVPI : texte réglementaire, tutelle, comité
d’orientation, cellule de coordination, parties prenantes,
organigramme
5. Le mode fonctionnement : les domaines d’intervention,
les procédures et le mode de collaboration dans le cadre
du PN BVPI, notamment en ce qui concerne l’intégration
et la concertation avec les divers partenaires et parties prenantes,
le mode de financement, les comptes-rendus et rapports
6. L’estimation chiffrée du Programme
BVPI, en particulier :
a. Nombre de sites
b. Nombre de périmètres
et superficies concernées
c. Coût total des investissements
dans le cadre du Programme
7. Les résultats attendus à différentes
échéances (3 ans, 5 ans, 10ans…..), dans lequel
les partenaires pourront s’inscrire, concernant leurs contributions.
8. Le mécanisme de suivi évaluation,
notamment les indicateurs communs et applicables par tous les
partenaires du PN BVPI
Maîtrise d’oeuvre — Le Programme National BVPI
est chargé de la mise en œuvre des trois axes stratégiques
de la Politique Nationale BVPI dont il est le maître d’oeuvre
.
Cohérence politique et cohérence des appuis —
Le Programme National BVPI fédère les différents
soutiens accordés par les agences d’aide publique
et privée au développement afin de préserver
la cohérence et les orientations de la Politique BVPI.
Statut — Au cours de la phase de démarrage, le Programme
National BVPI est intégré à la Direction
Générale du Développement des Régions.
Il est animé par une Cellule Exécutive, constituée
de consultants privés, d’assistants techniques et
d’agents de la fonction publique. Afin de renforcer son
efficacité dans la phase d’extension, le Programme
National BVPI disposera à terme d’un statut favorable
à la création d’un établissement public,
sous tutelle du ministère chargé de l’Agriculture.
Il disposera d’une capacité de gestion autonome et
fonctionnera essentiellement sur contrats de délégation
de la gestion des financements et des interventions. La phase
de démarrage sera mise à profit pour la conception
de ce statut, correspondant à l’ampleur des interventions.
Organigramme — Le Programme National BVPI est dirigé
par un Coordonnateur National, appuyé par un ou plusieurs
assistants techniques nationaux et internationaux, dont les compétences
sont spécifiées selon un organigramme fonctionnel.
Les phases
La mise en œuvre de la Politique Nationale de développement
des BVPI par le Programme National BVPI se déroulera en
quatre phases :
0 – Phase pilote —Projet pilote financé
par la FAO à Ampary et Mangamila
1 - Phase préparatoire — La phase
préparatoire, en cours, a pour objet de déterminer
les orientations stratégiques de la Politique Nationale
BVPI et de consulter les représentants des différents
secteurs économiques et sociaux sur les innovations institutionnelles
proposées. Cette phase s’achève au jour de
la validation de la présente Lettre de Politique BVPI
2 - Phase de démarrage — La phase
de démarrage, d’une durée de deux ans, aura
pour objet d’élaborer une nouvelle loi et ses textes
d’application. Elle permettra de concevoir les statuts,
de déterminer les budgets et la mise en place des institutions
chargées de la mise en œuvre de la Politique Nationale
BVPI. Elle sera également mise à profit pour tester
les innovations proposées en gestion intégrée
des BVPI. Cette phase de démarrage permettra de formaliser
les différentes méthodes et approches, de sélectionner
les techniques les plus adaptées et de former les agents
chargés de la mise en œuvre aux niveaux central et
régional.
3 - Phase de consolidation — Pour les projets
qui auront démarré plus tôt avec certains
partenaires techniques et financiers tels que l’AFD dans
l’Alaotra, il s’agira de capitaliser les acquis en
vue d’étendre les actions positives réalisées.
4 - Phase d’extension — La phase
d’extension utilisera les méthodes et les outils
mis au point au cours de la phase de démarrage pour mettre
en œuvre à l’échelle nationale les axes
stratégiques de la Politique Nationale de développement
des BVPI, en fonction des besoins et de la demande des collectivités
et des communautés.
Evaluation du Programme National BVPI
Modes d’évaluation — Le Programme
National BVPI fera l’objet d’audits internes réguliers
et sera soumis à des évaluations externes, selon
les normes habituelles de l’administration et de ses partenaires
techniques et financiers.
Indicateurs — Des indicateurs de performance
et d’impact seront conçus au démarrage du
Programme National BVPI, afin de disposer d’éléments
statistiques de suivi et d’orientation de la Politique de
développement des BVPI.
Annexes
Annexe 1 : Terminologie et Glossaire en BVPI
Analyse de genre Ce type
d’analyse consiste en un examen du rôle des hommes
et des femmes dans tous les aspects d’organisation sociale
y compris dans les activités économiques.
Au niveau de l’économie communautaire, une analyse
de genre requiert une description de la division de travail par
sexe, une analyse des relations sociales de production qui tiendra
compte des bases de stratification sociale et économique
et de la place de la femme et de l’homme dans le schéma
socio-économique communautaire.
Il est entendu dans cette analyse que ni les femmes ni les hommes
ne constituent des groupes homogènes et qu’il faudra
faire la distinction intra-groupes (au même titre que la
distinction inter-groupes) des relations spécifiques vis
à vis de l’accès aux ressources et au contrôle
de ces ressources
Analyse de Viabilité sociale
Ce type d’analyse est destiné à s’adresser
aux questions spécifiques liées à la mise
en œuvre des projets et à la participation communautaire.
A cet égard, l’AVS répond aux questions telles
que :
Est-ce que la définition du projet prend en compte les
besoins de la population (comme ces besoins sont identifiés
et perçus par la population elle même) ?
Qui sont les bénéficiaires indirects ?
Est-ce que la participation à long terme de la population
est probable et viable ?
Quel est le minimum de moyens qu’il faudra mettre en œuvre
pour faciliter la participation à long terme de la population
bénéficiaire ?
APD Avant Projet détaillé.
Définition détaillée des travaux d’aménagement
éventuellement prévus dans l’APS.
APS Avant Projet sommaire
Etude de base nécessaire pour définir les travaux
qui tiennent compte des aspects agronomiques et agrobiologiques
et constituent la base technique pour la définition des
composantes d’interventions.
Le contenu général des études d’APS
est défini en discussion avec les organisations paysannes
lors de l’atelier paritaire. Ces études sont considérés
comme nécessaires lorsque les interventions sont multiples
et/ou impliquent des coûts élevés (supérieurs
à 500 US $ à l’ha périmètre
irrigué réhabilité).
Atelier Paritaire Forum de concertation
et de discussion réunissant toutes les parties prenantes
ou acteurs dans la chronologie d’intervention du programme.
AUE Association des usagers de l’eau
Structure d’opération regroupant les usagers organisés
pour assurer l’entretien, la gestion et la police des réseaux
hydro agricoles.
Bassin versant Surface topographiquement
délimitée par la ligne de crête et hydrographiquement
définie par un réseau plus ou moins hiérarchisé
qui draine toute la surface depuis le bassin récepteur
vers les bas-fonds suivant le talweg.
L’approche spatiale des bassins versants prend en considération
uniquement les BV qui influencent les PI. Une nette priorité
sera attribuée aux BV de petite taille (<150ha) qui
déversent directement dans le PI.
Les moyens bassins versants (150-1000ha) sont secondaires et les
grands BV (>1000ha) sont de priorité tertiaire.
La priorisation s’oriente au potentiel d’impact des
interventions d’aménagement.
Deux géométries, les bassins versants et les terroirs
élargis, sont ainsi superposées dans l’approche
spatiale. L’offre d’appui en aménagement est
valable pour tous les TE qui bénéficient de la SFR
et les bassins versants qu’ils incluent. La priorisation
de l’appui en aménagement dans les BV prioritaires
se fera par un zonage et par une offre d’appui différenciée
(thèmes subventions), qui sera particulièrement
favorable dans les BV prioritaires. Ceci se justifie par les services
publics (externalités positives) que l’aménagement
des ces BV produit pour les PI.
Consolidation Intervention visant
à compléter une maîtrise d’eau déjà
réelle sur une partie significative du périmètre
en année normale (fréquence ½).
Pertinente en complément d’une réhabilitation
passée ou en réponse à une demande d’extension
du périmètre et d’une intervention sur le
bassin versant du périmètre.
Coût social Le coût social
de la participation se réfère à ce qui doit
être sacrifié (coût d’opportunité)
pour participer au programme. Si les participants doivent délaisser
certains aspects de leurs activités de subsistance (production
vivrière, protection maladie, logement et éducation,
etc) pour participer au programme, la probabilité que leur
participation soit durable sera faible même si leur motivation
est forte.
Covi Comité villageois.
Ensemble d’habitants dans un village qui sont intéressés
par la sécurisation foncière et l’aménagement
de bassins versants et s’unissent pour créer le comité
villageois.
Demande Lettre formulée par
le groupe d’usagers indiquant : les renseignements sur le
groupe et ses performances en matière d’entretien
du périmètre, les modalités de validation
de la demande, les renseignements techniques, agronomiques et
agro écologiques sur le périmètre et le bassin
versant, la description des travaux demandés, et des appuis
sollicités ainsi que leurs coûts, l’engagement
à respecter les règles d’accès au financement
du projet.
Dina Sanctions appliquées
à ceux qui ne suivent pas les règlements. Ce sont
.les sanctions définies consensuelle ment à être
appliquées en cas de dérapage ou de non-suivi des
règlements
Externalités
Environementales Valorisation économique
des avantages ou des coûts directs et récurrents,
favorables (+) ou défavorables (-) à l’environnement.
Faritany Province
Fokontany Unité sociale de
base dans les communes rurales
Fokonolona Communauté villageoise
Lavaka Ravine caractérisée
par une dynamique d’érosion régressive.
Ouvrages stratégiques
Non transférables Tout ouvrage
dont la ruine ou la mauvaise gestion implique la sécurité
publique et/ou une modification des conditions de vie de population
dépassant celle des usagers.
Tout ouvrage dont la gestion et l’entretien dépasse
les capacités des usagers selon les critères à
définir par le décret 90-642 modifié.
Périmètre
Autonome qui ne comportent aucun
ouvrage non transférable au sens de l’article 8 de
la loi n°90-016.La gestion et l’entretien de la totalité
des ouvrages du périmètre sont sous la responsabilité
des usagers.
Périmètres
Elargis périmètres
irrigués et leurs terrains environnants déterminés
par les liens de causalité directe entre le Bassin Versant
et le(s) périmètre(s) irrigué(s) concerné(s)
pouvant affecter la rentabilité et la durabilité
des périmètres irrigués à l’échelle
temporelle de l’analyse financière et économique
(10 années).
Périmètres
Partenaires périmètres
irrigués qui comportent un ou des ouvrages dont le bon
état est nécessaire à l’intérêt
général tel que défini dans l’article
8 de la loi n°90-016 (ouvrages non-transférables).
La gestion et l’entretien des autres ouvrages du même
périmètre sont sous la responsabilité des
usagers après le transfert de gérance.
PIHP-PIAS Les critères distinguent
les périmètres irrigués à haut potentiel
(PIHP) susceptibles de dégager des surplus de production
commercialisables et les périmètres d’autosuffisance
alimentaire (PIAS) dont la vocation est de contribuer à
l’autosubsistance alimentaire.
Pour un périmètre donné, les critères
PIPH sont utilisées en premier lieu et si le périmètre
ne rencontre pas ces critères, les critères «
PIAS » sont ensuite utilisés pour le même périmètre.
Réhabilitation opération
visant à une amélioration d’ensemble et durable
de la maîtrise de l’eau donc intervenant sur l’ensemble
des conditions d’utilisation du périmètre,
de la mobilisation de la ressource en eau à sa mise à
la disposition au niveau des parcelles.
Réseau
Hydrographique ensemble de plans
d’eau et de zones humides jouant le rôle de réservoir
d’eau ou drainant une région ou un site.
Ray'amandreny Vieux décideurs
dans les villages
Sakasaka Bandes de dépôts sédimentaires (sables)
dans les bas-fonds
SFO Sécurisation financière
optimale.
Opération de sécurisation foncière groupée,
alternative à la sécurisation foncière individuelle,
conduisant à la remise d’un titre foncier
SFR Sécurisation foncière
relative.
Opération de clarification foncière groupée
par apurement consensuel ne conduisant pas à la délivrance
d’un titre de propriété.
SFI Sécurisation foncière
intermédiaire
Opération de sécurisation foncière groupée
consacrée par un tribunal mais ne permettant pas la gestion
des mutations foncières
Talweg (thalweg) ligne joignant les
points les plus bas d’une vallée
Tanety unité topographique
de versant utilisée généralement pour les
cultures pluviales ou les pâturages.
Tanindrazana Concept des terres des
ancêtres (et donc non vendables aux étrangers et
appartenant à un lignage)
Tavy système de production
agricole basé sur le défrichement suivi de brûlis
de la forêt ou d’autres formations végétales.
Par extension, le site de production.
Terroirs élargis sont des
unités socio économiques existantes. Le périmètre
irrigué fait entièrement ou partiellement partie
du paysage productif et économique du terroir élargi
(mêmes cultivateurs, mêmes familles, liens de parenté)
et les activités en amont du TE ont une incidence sur le
PI (Sédimentation, Fertilisation). La sécurité
foncière doit impérativement se faire selon ces
unités sociales et administratives existantes. Dans la
plupart des cas ces unités sont soit des fokontany soit
des terroirs villageois.
Annexe 2 : Le classement des périmètres
irrigués
Conformément au « Guide d’intervention pour
la mise en œuvre des projets de développement des
périmètres irrigués et d’aménagement
de bassins versants », la nouvelle typologie des périmètres
irrigués est basée sur la responsabilité
de l’entretien et de la gestion du périmètre
à terme.
Les périmètres irrigués sont ainsi classés
en deux catégories :
(i) Les périmètres partenaires
qui comportent un des ouvrages dont le bon état est nécessaire
à l’intérêt général tel
que défini dans l’article 8 de la loi 90 016 (ouvrages
non transférable). La gestion et l’entretien des
autres ouvrages du même périmètre sont sous
la responsabilité des usagers après le transfert
de gérance.
(ii) Les périmètres autonomes
qui ne comportent aucun ouvrage non transférable au sens
de l’article 8 de la loi 90 016. La gestion et l’entretien
de la totalité des ouvrages du périmètre
sont sous la responsabilité des usagers
Cette typologie classerait la plupart des périmètres
comme autonomes avec comme rôle résiduel de l’Etat
celui d’appui/suivi aux usagers. Les périmètres
classés partenaires seraient les grands périmètres
et les petits périmètres avec des problèmes
techniques spécifiques.
Peuvent être considérés comme ouvrages stratégiques
non transférables :
– tout ouvrage dont la ruine ou la mauvaise gestion implique
la sécurité publique et/ou une modification des
conditions de vie des populations dépassant celle des usagers
– tout ouvrage dont la gestion et l’entretien dépasse
les capacités des usagers
Il s’agit principalement des ouvrages dont l’appréciation
de l’importance sera basée sur les caractéristiques
suivantes :
– barrage de retenue : volume d’eau stocké,
hauteur, longueur en crête, effet sur le laminage des crues
– barrage de dérivation : influence sur le niveau
de base de l’écoulement, influence sur les crues
en amont, couplage avec une autre infrastructure publique (pont)
– digues de protection : protection d’établissements
humains, influence sur les crues
– canaux d’amenée (tête morte) impliquant
un usage autre que l’irrigation : débit d’équipement,
longueur, nombre et types d’ouvrages spéciaux
– drains principaux et chenaux d’évacuateur
de crues : débit, longueur, hauteur et longueur des digues
|
Annexe 3 : Tableau synthétique des activités
par axe stratégique
Axes stratégiques |
Groupe d’actions |
| 1. Intensification rapide et durable de la
production |
(i) Appui conseil
- Promouvoir l’application des paquets technologiques
adaptés au potentiel agro-écologique et notamment
à la ressource en eau
- Promouvoir l’utilisation de semences améliorées
et des variétés requises
- Elargir et multiplier les offres de service en appui-conseil
dont la mise en place des CSA
- Appuyer les activités de recherche agricole et
associer les producteurs aux programmes de recherche
(ii) Service d’appui
- Développer les systèmes d’approvisionnement
de proximité (intrants, matériels,…)
- Appuyer la mise en place de CMS
- Promouvoir et renforcer les organisations de producteurs
(iii) Investissements agricoles
- Améliorer l’accès aux IMF
- Appuyer la mise en place du FDA
- Promouvoir le partenariat public/privé
(iv) Sécurisation foncière
- Appuyer la sécurisation foncière : mise
en place de guichet foncier, sécurisation des modes
de faire valoir indirects, sécurisation des accords
pour la gestion des ressources naturelles …
- Faciliter l’accès à la propriété
foncière pour favoriser la migration rurale
|
2. Amélioration
de la rémunération du travail des producteurs
et diversification des revenus des populations rurales |
(i) Appui à
la Commercialisation
- Améliorer les conditions et l’accès
à la commercialisation
- Mettre en relation les producteurs avec les agro-industries
et professionnels du secteur
- Renforcer les organisations paysannes pour la commercialisation
- Désenclaver les zones de production
(ii) Amélioration du rendement
du système de production
- Améliorer l’accès
aux matériels agricoles et à la mécanisation
- Promouvoir le stockage et la transformation des produits
- Soutenir le respect des normes et des qualités
des produits, développer les labels
- Appuyer l’accès au système d’information,
et promouvoir des formations techniques et professionnelles
(iii) Diversification
des revenus
- Promouvoir la culture de contre-saison
- Prospecter et promouvoir des spéculations adaptées
aux marchés
- Développer les métiers ruraux
- Appuyer les producteurs pour les marchés d’exportation
- Promouvoir l’intégration agriculture-élevage
- Renforcer les actions d’incitation à la monétarisation
|
3. Pérennisation
des infrastructures et valorisation des ressources naturelles |
(i) Développement
de l’irrigation
- Améliorer le service de l’eau par la réhabilitation
des infrastructures suivant une approche participative à
la demande
- Définir les responsabilités des parties
prenantes et renforcer leur capacité sur la pérennité
des infrastructures et sur la gestion des ressources naturelles
(MAEP, CTD, AUE, Privée)
- Revoir les modalités de transfert de gérance
et procéder au TDG des PI selon la typologie des
PI
- Améliorer le cadre juridique et institutionnel
(gestion des ouvrages, recouvrement des redevances…)
- Mettre en place le FERHA
- Appuyer la mise en place de mécanismes pour la
réparation de dégâts cycloniques
- Revoir les textes sur les AUE pour leur permettre de procéder
à des activités commerciales et lucratives
(ii) Exploitation durable des ressources
naturelles
- Renforcer la capacité des CTD dans la mise en œuvre
des activités en faveur de la gestion des ressources
naturelles dans leur PRD/PCD
- Promouvoir les techniques de gestion agroécologique
des sols
- Promouvoir la gestion communautaire des forêts et
l’agroforesterie
- Développer l’éducation environnementale
- Augmenter la couverture végétale sur les
versants
- Protéger la ressource en eau dans les BV - Promouvoir
le contrôle de l’érosion sur les BV impactant
les PI
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Résumé
Contexte
Le développement rural dynamique et l’effective réduction
de la pauvreté sont des domaines où le gouvernement
consacre d’importants efforts, tel que décrit dans
le « Madagascar Action Plan » (MAP). La pauvreté
à Madagascar étant principalement un phénomène
rural, sa réduction passe nécessairement par l’amélioration
de la production agricole : amélioration de la productivité,
diversification, valeur ajoutée et accès au marché,
tout en préservant les ressources naturelles. A cet égard,
les périmètres irrigués et les bassins versants
qui les entourent sont appelés à devenir des moteurs
de la croissance économique.
Objectif global
La politique de développement des BVPI vise l’amélioration
durable des conditions de vie et des revenus des populations rurales
dans les bassins versants intégrant les périmètres
irrigués, ainsi qu’une meilleure valorisation et
préservation des ressources naturelles au profit de tout
le pays.
Objectifs spécifiques
• Accroître la productivité sur les périmètres
irrigués et dans les bassins versants environnants,
• Améliorer la rémunération du travail
des producteurs et développer des sources alternatives
de revenus,
• Exploiter d’une manière durable les infrastructures
et les ressources en sols et en eau.
Les trois axes stratégiques
• Intensification rapide et durable de la production
• Amélioration de la rémunération du
travail des producteurs et développement des sources alternatives
de revenus,
• Pérennisation des infrastructures et valorisation
des ressources naturelles.
Mise en œuvre
La mise en œuvre de la politique BVPI se fait à travers
le Programme National BVPI (PNBVPI) en cours d’élaboration.
En particulier, dans sa phase de démarrage en 2007, les
interventions se feront essentiellement sur 35.000 ha de périmètres
irrigués dans les zones du Lac Alaotra, Marovoay, Andapa,
Itasy, Haut-plateaux (Antsirabe-Ambositra) et Sud est (Vatovavy
Fitovinany – Atsimo Atsinanana) avec le concours des 2 principaux
partenaires du Programme BVPI, l’Agence Française
de Développement (AFD) et la Banque Mondiale.
Axe stratégique 1 : Intensification rapide et durable
de la production
(i) Appui conseil
Promouvoir l’application des paquets technologiques adaptés
au potentiel agro écologique et notamment à la ressource
en eau
Promouvoir l’utilisation de semences améliorées
et des variétés requises
Elargir et multiplier les offres de service en appui-conseil dont
la mise en place des Centre de Service Agricole (CSA)
Appuyer les activités de recherche agricole et associer
les producteurs aux programmes de recherche
(ii) Service d’appui
Développer les systèmes d’approvisionnement
de proximité (intrants, matériels,…)
Appuyer la mise en place de Centre Multiplicateur de Semences
Promouvoir et renforcer les organisations de producteurs
(iii) Investissements agricoles
Améliorer l’accès aux Institution Mutualiste
Financière (IMF)
Appuyer la mise en place du Fonds de Développement Agricole
(FDA)
Promouvoir le partenariat public/privé
(iv) Sécurisation foncière
Appuyer la sécurisation foncière : mise en place
de guichet foncier, sécurisation des modes de faire valoir
indirects, sécurisation des accords pour la gestion des
ressources naturelles …
Faciliter l’accès à la propriété
foncière pour favoriser la migration rurale
Axe stratégique 2 : Amélioration de la rémunération
du travail des producteurs et diversification des revenus des
populations rurales
(i) Appui à la Commercialisation
Améliorer les conditions et l’accès à
la commercialisation
Mettre en relation les producteurs avec les agro-industries et
professionnels du secteur
Renforcer les organisations paysannes pour la commercialisation
Désenclaver les zones de production
(ii) Amélioration du rendement du système
de production
Améliorer l’accès aux matériels agricoles
et à la mécanisation
Promouvoir le stockage et la transformation des produits
Soutenir le respect des normes et des qualités des produits,
développer les labels
Appuyer l’accès au système d’information,
et promouvoir des formations techniques et professionnelles
(iii) Diversification des revenus
Promouvoir la culture de contre-saison
Prospecter et promouvoir des spéculations adaptées
aux marchés
Développer les métiers ruraux
Appuyer les producteurs pour les marchés d’exportation
Promouvoir l’intégration agriculture-élevage
Renforcer les actions d’incitation à la monétarisation
Axe stratégique 3 : Pérennisation
des infrastructures et valorisation des ressources naturelles
(i) Développement de l’irrigation
Améliorer le service de l’eau par la réhabilitation
des infrastructures suivant une approche participative à
la demande
Définir les responsabilités des parties prenantes
et renforcer leur capacité sur la pérennité
des infrastructures et sur la gestion des ressources naturelles
(MAEP, CTD, AUE, Privée)
Revoir les modalités de transfert de gérance et
procéder au transfert de gérance des périmètres
irrigués selon la typologie des PI
Améliorer le cadre juridique et institutionnel (gestion
des ouvrages, recouvrement des redevances…)
Mettre en place le FERHA (Fonds d’Entretien des Réseaux
Hydroagricoles)
Appuyer la mise en place de mécanismes pour la réparation
de dégâts cycloniques
Revoir les textes sur les AUE pour leur permettre de procéder
à des activités commerciales et lucratives
(ii) Valorisation des ressources naturelles
Renforcer la capacité des CTD dans la mise en œuvre
des activités en faveur de la gestion des ressources naturelles
dans leur PRD/PCD
Promouvoir les techniques de gestion agroécologique des
sols
Promouvoir la gestion communautaire des forêts et l’agroforesterie
Développer l’éducation environnementale
Augmenter la couverture végétale sur les versants
Protéger la ressource en eau dans les BV - Promouvoir le
contrôle de l’érosion sur les BV impactant
les PI
Mesures d’accompagnement de la politique BVPI
Désenclavement et communication
Réforme institutionnelle
Sécurisation foncière
Sécurité en milieu rural
Mesures incitatives sur le plan taxation, fiscalité
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