RIZICULTURE PLUVIALE
Famille : Graminacées
Nom latin : Oryza sativa
Nom malgache : Vary an-tanety

1. BUTS DE LA CULTURE

Le riz est la nourriture de base des malgaches. Étant donné l'importance de la croissance démographique, l'amélioration du système de riziculture pluvial est préconisé en vulgarisation en vue d'augmenter la production.

2. BOTANIQUE
2.1. Origine
Il semble qu'il y ait 2 origines différentes : une asiatique (Inde) et l'autre Africaine.
2.2. Description :
Racines : Fasciculées qui se trouvent dans les 15 premières centimètres du sol avec des racines secondaires qui prennent naissance sur les nœuds de la base des tiges chaque racine porte 10 à 30 radicelles avec des poils absorbants.
Tiges : Le riz est caractérisé par un tallage abondant, des tiges creuses, glabres, divisées en entre-nœuds séparés par des nœuds. Les entre-nœuds de la base donnent des tiges secondaires, puis tertiaires etc. C'est le tallage du riz.
Feuilles : Elles sont sessiles et alternes comprenant une gaine, un limbe dont la séparation est marquée par une ligule bifide
Inflorescence : Une inflorescence en panicule portant des épillets uniflores. La fleur hermaphrodite renferme 6 étamines, 1 ovaire à 1 ovule, un style très court à 2 stigmates. La fleur est protégée par 2 glumes très petites et 2 glumelles
Fruits : après fécondation, il se forme un caryopse enveloppé de deux glumelles adhérentes = paddy .
2.3. Phase végétative
Le cycle de culture du riz se déroule en plusieurs étapes :
" Environ 5 jours après le semis survient la levée : c'est la sortie des panicules du sol
" Le tallage ou l'émission des tiges secondaires, tertiaires… débute en moyenne 20 jours après semis
" A un moment donné du cycle qui varie suivant les variétés et les dates de semis, les panicules se développent "initiation paniculaire " puis montent dans les tiges : c'est l'étape de la " montaison " qui est suivie par la sortie des panicules hors des graines foliaires ou phase " d'épiaison " . Entre l'initiation paniculaire et l'épiaison s'écoule en général une trentaine de jours.
" Immédiatement après l'épiaison s'effectue la floraison et la fécondation des fleurs de riz (dites épillets) par le pollen de ces mêmes fleurs. L'autofécondation est la règle.
" La phase qui suit est la phase de maturation des grains. Environ 30 à 35 jours après l'épiaison, les grains atteignent leur maturité et sont prêts à être récoltés.
" La durée du cycle est variable suivant les variétés. Elle est fonction de l'intervalle de temps qui sépare le semis et la phase d'épiaison-maturité :
- s'il est relativement court (inférieur à 80 jours), on parle de variétés précoces
- s'il est relativement long ( supérieur 105 jours), on parle de variétés tardives
- s'il est intermédiaire ( compris entre 80 et 105 jours), on parle de variétés de cycle moyen

3. ÉCOLOGIE
3.1. Besoin en chaleur
L e riz a de gros besoins en chaleur. Il faut des minima de :
" 13° pour la germination
" 22° pour la floraison et la pollinisation
" 19° pour la maturation
une moyenne de 22° à 30°c durant le cycle végétatif.
3.2. Besoins en eau
Les besoins en eau du riz pluvial dépendent du cycle de la variété cultivée et du climat local qui régit l'importance de la transpiration de la plante. Ils sont généralement compris entre 450 mm pour les variétés à cycle court et 6,50 mm pour les variétés à cycle long. Pendant la phase critique de l'épiaison jusqu'au stade grain laiteux, les besoins en eau sont élevés en général de l'ordre de 5 à 6 mm par jour. Cette phase critique doit donc se situer à une période où la pluviosité est suffisante pour couvrir ces besoins et régulière, surtout dans les sols à faible capacité de stockage de l'eau.
Compte tenu des pertes par ruissellement et par drainage, il est rare de pouvoir cultiver du riz pluvial sans l'assistance d'une nappe ou d'une irrigation d'appoint dans les zones où la pluviosité moyenne pendant la période de culture est inférieure à 800mm.
3.3. Besoin en lumière
Le riz demande beaucoup de lumière
3.4. Besoin en sols
Il convient de choisir un sol qui puisse tamponner les variations climatiques, c'est-à-dire :
" Un sol à bonne capacité de rétention pour l'eau
" Un sol léger et non tassé (perméable)
" Un sol contenant une proportion sensiblement égale d'argile de limon et de sable.
" Un sol profond à texture équilibré
Le pH de sol varie entre 4,5 à 8,7
3.5. Besoins en altitude
Le riz pousse aussi bien au niveau de la mer qu'en altitude pourvu que les conditions concernant la chaleur et l'eau soient satisfaites.

4. VARIÉTÉS

Zone
N° Collection
Type
Nom
Cycle
Hauts- plateaux
4128
4126
Botry
Lava

FOFIFA 151
FOFIFA134

150 jours
150 jours
Centre et
Moyen Ouest
3290
3747
Lava
Botry
IRAT 112
MAROHAVANA
105 à 110 jours
110 jours
Moyen Est B.22
3290
Lava
Lava

Fotsiambo
IRAT 112
120jours
110jours à 120 jours


5. TECHNIQUES CULTURALES
5.1. Préparation du sol
La préparation du sol a des objectifs multiples dont les plus importants sont :
" La maîtrise des mauvaises herbes
" l'amélioration des caractéristiques chimiques du sol par incorporation de divers types d'engrais d'amendements, de matières organiques
" l'amélioration des caractéristiques physiques dans le but de favoriser la germination des semences et le développement de leurs racines
La germination des semences et le développement de leurs racines. Plusieurs étapes peuvent être nécessaires pour parvenir à l'état du sol souhaité :
5.1.1. Défrichement
Sur le sol en friche , non cultivé, il est nécessaire de faire l'abattage des arbres, le d'essouchement, le débroussaillage. Le sol aussi peut être couvert soit par débris végétaux de la précédente culture s'il a déjà exploité, soit par la végétation naturelle s'il est vierge, il est donc préférable d'exécuter un défrichement. S'il s'agit d'un précédent cultural effectué en saison sèche sur alluvions tabac, coton, tomate, il est indispensable que toutes les tiges soient arrachées, réunies en tas et brûlées, d'une part pour des raisons phytosanitaires et d'autre part, pour pouvoir effectuer un labour correct.
5.1.2. Labour
Le riz pluvial est souvent cultivé sur des terrains accidentés où le risque d'érosion est élevé. Aussi, le sens du labour doit il être impérativement perpendiculaire au sens de la plus grande pente et parallèle aux courbes de niveau.
- Le labour doit être entrepris aussitôt que l'état du sol le permet, c'est-à-dire dès les premières pluies
- Le labour paraît souhaitable du point de vue agronomique :
¢ L'ameublissement procuré par un labour même, de profondeur artificielle limitée, est plus intense que celui assuré par le travail d'instruments à griffes on à dents qui ne retournent pas le sol
¢ L'enfouissement des pailles, fumier et autres composts sont possible avec un labour.
¢ Le contrôle des mauvaises herbes est également beaucoup plus aisé et complet à la suite d'un travail profond du sol avec retournement.
- La profondeur des labours joue un rôle important au point de vue des rendements en raison :
¢ De l'augmentation des réserves en eau du sol
¢ d'un meilleur développement du profil racinaire
- En règle générale, la profondeur des labours est comprise entre 20 et 30 cm.
- Si l'on veut rentabiliser au mieux, le labour doit-être associé aux autres techniques d'intensification : rotation, fertilisation.
5.1.3. Affinage du sol
Cette opération culturale revêt une importance particulière en riziculture pluviale. L'affinage se fait avec des herses ou des pulvérisateurs, il correspond à 2 buts essentiels :
- La réduction des mottes du labour (emottage) en éléments plus ou moins fins facilitant la levée de la semence : c'est la préparation du lit de semis.
- La destruction du maximum des mauvaises herbes pouvant croître après labour et avant le semis.
La technique de l'affinage se réalise de la façon suivante :
- Une partie des mauvaises herbes issues des graines de surface a été détruite par le labour. Les graines enfouies plus profondément germent quelque temps après si l'humidité du sol est suffisante : l'action du hersage ou pulvérisage doit donc détruire une seconde génération de mauvaises herbes. En général, cet affinage a eu dès l'apparition des mauvaises herbes 6 à 8 jours après le labour le semis a lieu immédiatement après
- Si pour des raisons climatiques ou autres le semis ne peut suivre le pulvérisage, une seconde opération de nettoyage est nécessaire immédiatement avant les semailles.
5.2. Fertilisation
5.2.1. Fumure organique
Cette fumure est apportée au moment du labour à raison de 7,5 à 10 T à l'ha (15 à 20 charrettes)
5.2.2. Fumure minérale
Il est préférable d'apporter cette fumure avant l'émottage :
- L'azote : joue un rôle déterminant dans l'obtention d'un rendement élevé. Apporte en début de végétation, il favorise le tallage. Il est important qui la plante trouve l'azote à sa disposition pour la phase de maturation des grains.
- Le phosphore favorise la croissance du riz notamment celle du système radiculaire. Il exerce une influence favorable sur la précocité.
- Le potassium : permet une bonne économie de l'eau dans les tissus, confère à la plante une certaine résistance à la verse et accroît sa résistance aux maladies. Il augmente la taille et le poids du grain.
Doses :
¢ 200 à 300 kg à l'ha de N.PK. 11-22-16
¢ 35kg à l'ha d'urée au premier sarclage
¢ 30 kg à l'ha d'urée au 2° sarclage
¢ 150 à 300 kg à l'ha de dolomie
5.3. Semis
5.3.1. Préparation des semences
Il est conseillé d'utiliser des semences certifiées fournies par les organismes de développement. Si ce n'est pas possible, on peut choisir les semences les plus belles de la récolte précédente en faisant bien le triage. Les semences doivent avoir un taux de germination élevé, être saines.
Pour éviter que les grains ne pourrissent dans le sol on ne soient dévorés par les prédateurs, il est préférable de les traiter au préalable avec un mélange de produits fongicides et insecticides.
5.3.2. Modes de semis
La date de semis doit être raisonnée en fonction des besoins en eau du riz. La période où les besoins en eau sont les plus forts ( 20 jours avant la floraison et 20 jours après) doit correspondre à l'époque où l'on prévoit le maximum de pluies. En général, le semis doit se situer après le début de la saison des pluies afin d'assurer au sol l'humidité minimum indispensable pour la germination des grains, mais pas trop longtemps après. Il y a différentes sortes de semis.
¢ Le semis en ligne : qui est plus facile à réaliser et qui donne les meilleurs résultats ! On peut le faire manuellement à l'aide d'un rayonneur qui ouvre un léger sillon recouvert ensuite au râteau on avec des semoirs à traction humaine ou animale ou mécanique L'écartement entre les lignes varie entre 20 et 40 cm et la dose des semences est de l'ordre de 55 à 75 kg à l'ha.
¢ Le semis en poquet : couramment employé en culture manuelle. Les écartements entre poquets varient de 10 à 20cm. Les graines distribuées à raison de 5 à 6 par trou sont placées à environ, 3 ou 4 cm de profondeur, la terre qui recouvre le poquet est tassée au pied. La quantité de semences nécessaire varie de 40 à 60kg par ha. Pour éviter le risque d'érosion, il est conseillé de pratiquer le semis ( en ligne ou en poquet) suivant les courbes de niveau.
5.3.3. Entretiens
La rapidité de croissance de la flore adventice en saison chaude et la faible taille des plantules de riz pendant les premières semaines qui suivent le semis font que ces dernières sont très rapidement dominées et étouffées par les mauvaises herbes. Il faut donc lutter contre ce fléau en sarclant la culture du riz dès l'apparition des mauvaises herbes. On peut faire le sarclage soit à la main soit avec des matériels : houe angady…Le premier sarclage se fait 15 jours après levée et le deuxième 30 jours après levée. Les sarclages liés à de bonnes façons culturales préparations donnent des meilleurs résultats : 1 labour + 1 hersage + 2 sarclages.
5.3.4. Récolte
La date de récolte du riz dépend en partie de son devenir, selon qu'il est destiné à être consommé ou à servir de semences. Dans le premier cas , il faut prendre en considération la " maturité technologique " qui correspond au meilleur rendement à l'usinage. La maturité technologique peut être appréciée d'après l'aspect de la panicule : 80 à 90% du champ vire au jaune. Une méthode plus précise consiste à mesurer l'humidité des grains. La maturité est atteinte quand les grains ont une teneur en eau voisine de 22%. Quand les grains doivent servir de semences, il faut attendre la "maturité physiologique " qui correspond au maximum de faculté et d'énergie germinatives. Elle est décalée d'environ 7 à 10 jours supplémentaires par rapport à la maturité technologique. La teneur en eau est alors d'environ 19% Le rendement moyen est l'ordre de 2,5 à 4,5 T à l'ha.

6. MALADIES & ENNEMIS
6.1. Maladies



Malaldies
Synptômes
Traitement
¢ " Menalavitra " causé par " Pyricularia oryzae " (Pyricularivae)

¢ Pourriture de la graine dûe à la sarocladium onyzea (champignon)

¢ Tâches brunâtres apparaîssent sur les feuilles, derniers nœuds supérieurs deviennent noirâtres et pourrissent rapidement
¢ Début montaison, sur les graines foliaires, taches oblongues dont le centre est de couleur grisâtre et le bord brunâtre.
¢ Anachage et brûlage des plants attaqués.


¢ Lutte préventive : traitement de semences aux fongicides


¢ Arrachage et brûlage des plants malades

 

Ennemis
Dégâts
Traitement
¢ Rats ¢ Tiges et épis coupées et rongés ¢ Appât, pièges, masses, raticides
¢ Nettoyage des environbs
¢ Hétéronychus
( Fano)
¢ Collet coupée entraîne la mortalité de la plante ¢ Décis EC 25 à la dose de 2,5l/ha
¢ Poudre de graines de mures

7. UTILISATION DES PRODUITS ET SOUS PRODUITS
¢ A part l'alimentation humaine, le riz sert à préparer de l'alcool, de l'amidon, du glucose, de l'acide acétique et du vinaigre, de l'acétone, de l'huile, des produits pharmaceutiques, des aliments vitamines. .etc..
¢ Les balles de riz servent de combustibles et leurs cendres d'engrais
¢ La paille sert d'aliments de bétail, de litière et pour la fabrication de pâte à papier
¢ Les animaux peuvent consommer du paddy, des brisures, de la farine et de la paille.

8. BIBLIOGRAPHIE
¢ Riziculture Pratique 2 = Riz pluvial Jean Paul DOBELMAN
" Techniques vivantes " section agronome tropical (1980)
¢ Le Riz Pluvial par Michel JACQUOT et Brigitte COURTOIS dans la collection dirigée par René COSTE Ingénieur d'agronomie tropicale Président de l ' I R C C . " Le Technicien de l'Agriculture Tropicale (1986)
¢ Recueil des fiches techniques d'agricultures spéciale par Paul HUBERT Ingénieur d'Agronomie
¢ Memento de l'Agronome 1984.