RIZICULTURE INTENSIVE (SRI)
Famille : Graminées
Nom latin : Oryza Sativa
Nom malgache : Vary an-drano

1. BUTS DE LA CULTURE

Le riz est la céréale la plus cultivée et importante dans le monde. Il entre dans l'alimentation humaine et constitue une nourriture de base pour la grande partie de la population et surtout pour les Malgaches.
A part cet emploi, il sert à fabriquer de l'alcool, de l'amidon, du glucose, de l'acide acétique et du vinaigre, de l'acétone, de l'huile, des produits pharmaceutiques, des aliments vitaminés, etc.
Les déchets et sous-produits du riz servent :
" d'alimentation des animaux (paddy, brisures, farine et pailles)
" de litière et de matière première pour la fabrication de pâte à papier (les pailles)
" de combustible (balles de riz)
" d'engrais (cendres des combustibles).

2. BOTANIQUE
2.1. Origine et spécificité
Le SRI est le résultat d'une mise au point d'une nouvelle méthode de riziculture à Madagascar entre 1983 et 1988.
Ce système appelé aussi " voly vary maro anaka " ou " ketsa 8 andro " provenant de l'expérience du petit séminaire Saint Jean à Antsirabe voulant satisfaire à la surface de riziculture qui l' avait doublé. Le seul moyen était de faire deux semis dans le mois vu l'impossibilité d'agrandir la pépinière. Le repiquage des plants de quinze jours avait donné de surprise car il en résulte de bon rendement (des pieds de riz de plus de 20 épis). L'expérience fut exploité de plus en plus dont la règle a affirmé qu'en repiquant encore plus tôt (10 à 8 jours), les épis grossissent et les rendements en conséquence.
Si telle est l'origine de cette riziculture, les autres techniques ne sont pas entièrement originales à savoir : le repiquage de plants un par un, la lutte contre les mauvaises herbes et l'oxygénation de la terre et des racines par des assecs (pratique japonaise).
Les quatre techniques (plant jeune, grand espacement, lutte contre mauvaises herbes et l'oxygénation du sol) resteront les principes essentielles et systématiques à mettre en œuvre pour favoriser la multiplication et la croissance des tiges.
Les spécificités de ce système riziculture qui vont à l'encontre des habitudes des riziculteurs :
- repiquage des plants jeunes au lieu de les repiquer vieux
- pratique de la lutte précoce contre les herbes qui risqueraient de tout recouvrir
- contrôle de l'eau qui peut noyer les jeunes plants
- conduite au minimum d'eau de la rizière
C'est donc une culture sensible et dont les principes sont liés dans le seul but d'obtenir beaucoup de tiges
2.2. Origine et morphologie du riz
Le riz possède deux origines différentes : Asiatique et africaine.
Il appartient à la famille des graminées et au genre Oriza sativa. On distingue deux sous espèces :
" Oryza Japonica : grains ronds, paille courte
" Oryza Indica : grains longs et minces, tige de grande taille.
2.3. Description
2.3.1. Les organes végétatifs
Les racines ont un système fasciculé.
Au début de la germination, la première racine est la radicule. Pourvue tout d'abord d'un manchon de poils absorbants, elle se ramifie dès qu'elle atteint 2 à 3cm de longueur et constitue les racines primaires issues du grain. Ces racines ont une vie éphémère. C'est surtout dans les 15 premiers centimètres du sol qu'il y a plus de racines.
Des racines secondaires apparaissent au cours de la croissance de la plante. Elles prennent naissance sur les premiers bourgeons (nœuds) de la base de la tige qui peuvent se développer sur des nœuds supérieurs de la tige et formant de véritables racines adventives.
En tout, un pied de riz comprend plus de 2000 racines, dont chaque racine porte 10 à 30 radicelles et ces dernières portent elles-mêmes de très nombreux poils absorbants.
(Fig. 1 - 2)
La tige :
La première ébauche de la tige au moment de la germination est la tigelle. Elle est entourée à sa sortie de l'embryon par un fourreau de couleur pâle, le coléoptile
La première feuille apparaît après le coléoptile d'une forme cylindrique. A maturité, la hauteur de la tige se mesure à partir du niveau du sol, c'est à dire du collet, à l'extrémité des panicules.
La tige est divisée en :
" Entre-nœud :
- court à la base
- plus grand vers le sommet
- l'entre-nœud donne des tiges secondaires, puis tertiaires, etc. formant le tallage du riz atteint son allongement maximal au moment de la floraison et porte la panicule (le dernier entre-nœud supérieur)
" Nœud qui sépare les entre-nœuds
Une touffe de riz a de 3 à 60 tiges qui peuvent atteindre de 50 cm à 1,5m de long selon les variétés.
La coloration de la tige varie suivant les variétés et aussi suivant le stade de végétation qui est définitive après la floraison. Le rôle essentiel de la tige est de pouvoir émettre en cours de végétation des tiges secondaires ou talles
(Fig. 3)
Les talles
A la partie inférieure de la tige primaire, et à la base de chaque feuille, se trouve un bourgeon qui normalement donne naissance à une tige secondaire ou talle. Les bourgeons de ce talle donnent naissance à des tiges tertiaires, quaternaires, etc. C'est l'ensemble de ces talles qui constitue, à partir d'un seul plant, la touffe de riz.
Le repiquage des plants jeunes fournit le maximum de tiges fertiles.
Les principes du SRI favorisent l'abondance du tallage, facteur primordial de haut rendement.
Les plants trop vieux limitent le nombre de talles donc moins productifs.
(Fig. 4)
La feuille
Une tige de riz fournit au cours de sa croissance 10 à 20 feuilles dont 5 à 10 seulement vivent et les autres se dessèchent au fur et à mesure du développement de la plante.
La dernière feuille avant la panicule s'appelle feuille paniculaire.
Les principaux organes de la feuille sont : le limbe, la gaine dont la séparation est marquée par une ligule et une auricule. Les feuilles ont 8 à 15 mm de large et de 30 cm à 1m de long suivant les variétés.
(Fig. 5 - 6)
2.3.2. Les organes de reproduction
La panicule
Elle a une longueur de 10 à 40 cm.
La description et la reconnaissance d'une variété reposent principalement sur la morphologie de la panicule.
Sa taille est limitée par le nœud de la feuille paniculaire à sa partie inférieure et par le dernier grain à la partie supérieure.
La pédoncule ou collet est la partie comprise entre le nœud paniculaire et la première ramification ; l'axe qui le prolonge et qui porte les ramifications s'appelle rachis. La limite entre le pédoncule et le rachis est marquée par le nœud paniculaire.
Sur le rachis se trouvent les ramifications primaires ou racènes, se subdivisant en ramifications secondaires ou racémules. Les racémules supportent les épillets ou grains, eux-mêmes rattachés au racémules par un pédicelle.
Le port de la panicule se définit à la maturité, fermé ou compact, lâche ou ouvert.
(Fig. 7 - 8 - 9 - 10)
L'épillet
Son nombre est variable et peut atteindre une centaine communément il est pelé grapain et rattaché aux racémules par un pédicelle.
La forme du pédicelle (droit ou oblique) détermine la plus ou moins grande facilité du grain de pouvoir se détacher de la panicule. Les variétés à pédicelle oblique et épais sont difficiles à battre.
L'épillet porte deux glumes à la partie inférieure. Le grain lui-même est enveloppé par deux glumelles qui donnent la balle de riz au moment du décorticage. A l'extrémité supérieure de l'épillet, la réunion des deux glumelles forme le bec ou apex.
La barbe ou aristation est le prolongement de la nervure centrale de la glumelle inférieure. Certaines variétés ont des épillets barbus. Elles sont appelées aristes et celles sans barbes sont dites mutiques. Les glumelles sont, suivant les variétés plus ou moins épaisses ce qui a pour effet d'agir sur la durée de la germination, le poids spécifique du paddy et son rendement à l'usinage (en moyenne 100 kg de paddy contiennent 20 kg de balles).
L'épaisseur des glumelles joue également un rôle de protection contre la pénétration des insectes du grain (charançon).
(Fig. 11 - 12)
la fleur
Chaque épillet possède une fleur. Elle est autogamie, c'est à dire présentant des organes mâles et femelles. Les organes mâles comprennent six étamines. Les organes femelles sont constitués par l'ovaire surmonté de deux stigmates plumeux.
La période de fécondation s'appelle anthèse. Le développement de l'ovaire, après fécondation, donne naissance au grain comportant le caryopse avec ses téguments et l'embryon.
(Fig. 11 -13)
Le grain ou paddy
C'est le fruit obtenu après la fécondation de l'ovaire. Le grain de riz est constitué par :
" les enveloppes : glumes et glumelles
" les téguments
" le caryopse ou albumen contenant de l'amidon
" l'embryon.
Le riz cargo est le grain débarrassé de ses enveloppes externes, après décorticage. Le riz blanchi est le grain débarrassé de ses téguments après blanchissage. Les téguments donnent le son et la farine.
Sur la partie externe du caryopse, on trouve le tégument ou péricarpe.
Ce tégument coloré en rouge donne les variétés dites "riz rouge ". Et cette couleur disparaît plus ou moins pendant l'opération de blanchissement.
(Fig. 14 - 15)
L'albumen
C'est la partie comestible du riz constituée par des cellules amidonneuses opaques ou translucides suivant les variétés. Ce caractère de translucidité est extrêmement important pour le commerce des riz de luxe.
Les grains à stade de développement non complet donnent les grains verts qui sont réduits en farine lors du blanchiment. Ces grains verts se trouvent à la base de la panicule et sur les talles les plus tardifs.
L'embryon
Il est situé sous la glumelle inférieure, à la base de l'albumen et contient déjà tous les organes différenciés de la future plante. Il disparaît au moment du blanchiment donnant alors sur l'amande une petite cavité concave dite alvéole embryonnaire. Suivant la brutalité du blanchiment, cette concavité peut disparaître donnant des grains blanchis "écorné " ou "étêté "
Le format d'un riz blanchi est défini par sa longueur, sa largeur et le rapport Longueur/Largeur.
Dimension minimale du riz d'exportation :
" longueur : 8,5mm
" rapport Longueur/Largeur : supérieur à 3mm.
2.3.3. Le développement du riz
La durée du développement du riz, de la germination à la maturité varie suivant les variétés utilisées et le climat. Les différentes phases végétatives du riz sont :
" La croissance
" La reproduction
" La maturation
2.3.3.1- La croissance
C'est la phase de la jeunesse du riz. Elle comprend deux périodes :
- La germination de la graine et la pousse d'une première tige ou brin - maître avec trois premières feuilles
- Le développement des ramifications ou tallage
(Fig. tableau des 14 phyllochrones)
La germination
L'embryon, à l'état de vie latente pendant toute la durée de stockage du grain, germe dès qu'il rencontre une humidité suffisante
Pour que les grains germent s'il faut une température optimum de 30 à 35°C et qu'ils renferment au moins 50% de leur poids en eau. Les grains de riz peuvent germer sous l'eau.
On estime également qu'il n'y a pas de possibilité de germination à des températures moyennes inférieures à 13°C.
La rapidité de développement de la tigelle dépend essentiellement de la température.
La qualité de germination d'une bonne semence est caractérisée par sa faculté et son énergie germinative.
Le développement d'un plant de riz, entre le début de la germination et la phase de tallage, suit, pour des mêmes conditions de milieu, une croissance très régulière en poids et en taille.
Quand les conditions sont satisfaites, la radicule apparaît en 24 h., puis, lors du 2ème jour, la tigelle commence à joindre. Vers le 5ème jour, la première feuille apparaît. Vers le 10è jour le collet émet deux racines nouvelles. Puis la tige et les racines croisent en longueur.
C'est la taille et le diamètre au collet qui déterminent, au stade pépinière, le moment de la date de transplantation.
(Fig. 16 - 17 - 18 - 19 - 20)
Le tallage
C'est la période de croissance où le riz a la possibilité d'émettre des tiges secondaires et tertiaires donnant naissance à autant de panicules. Le tallage commence une quinzaine de jours après le semis et se poursuit jusqu'à la floraison.
C'est pendant cette phase que le riz est le plus sensible aux soins culturaux, notamment aux sarclages et aux apports d'engrais azotés en couverture
Au moment du repiquage, la tige primaire, issue de l'embryon, disparaît presque totalement, seuls survivent les nœuds de la base d'où partiront de nouveaux talles. L'émission de ces nouveaux talles, lente au début devient de plus en plus rapides, chaque tige nouvelle produisant de nouveaux talles. Environ 50 à 60 jours après le repiquage, les touffes couvrent totalement les espaces entre plants si les écartements sont normaux.
L'importance du tallage est fonction de la variété de la richesse du sol, de la température, de l'éclaircissement et du nombre de brin par touffe
(Fig. 21)
La croissance du riz ou le système de développement des ramifications (talles) est démontré par l'ordre et la régularité de l'apparition des tiges (voir tableau des 14 phyllochrones) :
- D'abord sur le brin maître : talles de 1e rang
- Ensuite sur les talles qui ont déjà poussé : talles de 2ème, 3ème , …rang
On note qu'il y a deux cycles à vide avant la pousse des talles de 1er rang, puis un cycle à vide avant les pousses suivantes.
" Durée : Les talles apparaissent après l'absorption d'une quantité de chaleur. Leur cycle appelé phyllochrone correspond à une quantité d'énergie multipliée par une durée (degrés x jours ou quantité l'action). Il sépare l'apparition de deux feuilles successives, autrement dit c'est l'intervalle de temps séparant la sortie de deux feuilles successives sur la même tige.
Ce cycle équivaut à environ (selon l'altitude et la température) :
- 5 jours au niveau de la mer (région côtière) en saison chaude
- 6 jours à 750 m d'altitude
- 7 jours à 1.500 m d'altitude
Cependant le 1er cycle : depuis l'activation de la graine ou naissance jusqu'à l'apparition du brin-mâitre avec la première feuille, est moins fixe : on l'évalue à 5 jours.
L'utilisation des plants très jeunes repose surtout sur une question de ce cycle d'absorption d'énergie ou chaleur : c'est à dire du phyllochrone
- Début du tallage : La première talle apparaît après la troisième feuille. D'où l'intérêt de repiquer très jeune. Le repiquage après 20 jours a toute chance de faire perdre cette première tige secondaire. Cette première talle de premier rang dont dépend le tiers du tallage final sortira après 3 phyllochrones, à peu près de 19 à 28 jours après la mise en germination. Il est essentiel que la sortie de cette première talle ne coïncide pas avec un traumatisme du plant de riz comme le repiquage ou le sarclage. La date limite du repiquage est donc marqué par la fin du second phyllochrone, ce qui fait 14 à 21 jours (suivant la durée du phyllochrone) après la mise en germination et de 12 à 18 jours après le semis en pépinière. Plus le plant est jeune, plus il récupère vite après le repiquage.
- Fin du tallage : Elle est variable, entre les 10ème et 14ème cycles. Le défaut de luminosité principalement (l'ombre que se font les pieds entre eux) et d'autres mauvaises conditions provoquent régression (des tiges meurent) puis arrêt précoce du tallage. La lumière engendrant la chaleur, l'espacement large entre les pieds causent une prolongation de la durée du tallage, dans sa phase explosive finale (la plante émet jusqu'à 30 tiges et plus par semaine).
Ce phénomène du tallage (multiplication des tiges) dépendant de ces facteurs et aboutissant ainsi à la constitution d'une touffe marque la phase de la croissance sérielle (en série) des tiges.
" Tiges : Chaque tige peut émettre 6 talles (à chaque nœud de sa base). Point essentiel, chacune n'apparaît qu'au cycle qui lui correspond et selon son rang. S'il y a une râté (par défaut d'énergie ou d'autres facteurs), une ou plusieurs tiges, ou toute la série de tiges du cycle, seront absentes, ainsi que leur descendance.

On remarque que la progression des talles de 3ème et 4ème rang est extrêmement rapide. D'où l'intérêt de prolonger la durée de la croissance : par de grand écartement des pieds pour diminuer l'ombrage, et par oxygénation du sol. Ainsi, la démultiplication des tiges s'opère cycliquement et de façon exponentielle. En guère plus de 60 jours, plus de 100 tiges peuvent se développer. La croissance géométrique des tige est rythmée par le cycle d'absorption de chaleur. Chaque bourgeon développe une tige qui, aux cycles suivants bourgeonnera à son tour pour donner ses propres tiges (talles de 2ème rang). Lesquelles ensuite en produiront d'autres - et ainsi de suite en ramification (talles de 3ème, 4ème, ,… rang). Tant de jours à telle température font une quantité d'Action qui déclenche une série de pousses sur l'ensemble des tiges déjà apparues - et le cycle recommence. Si bien qu'à chaque fois le nombre des tiges croît exponentiellement. Cette croissance sérielle des tiges fait comprendre que, si l'on parvient à libérer sa dynamique, il s'ensuit des résultats étonnants.
" Sommes : En repiquant plus tôt, le plant a eu le temps de récupérer, de s'installer, et il a tout l'espace vital nécessaire. Le brin-maître pourra donner toutes ses talles, et celle-ci pourra pousser les leurs. Les tiges se développeront pleinement et porteront un maximum de sous-tiges. Ces pieds de riz auront couramment 30 talles, soit 8 fois plus qu'avec des repiquages tardifs. En conditions optimales, ce sera 50, 80, parfois plus 120 tiges - et chacune pourra donner un épi. En arrachant très tôt le plant de la pépinière qui interdit son développement, on lui donne toute chance de réussir l'œuvre de démultiplication des tiges, dans l'ordre et au moment voulu par son programme de croissance. C'est l'exponentiation des tiges du SRI qui rend les doublements, mais aussi les quadruplements de rendements d'autant que les épis sont nettement plus gros.
Le cumul du nombre des tiges apparues montre une progression exponentielle de la forme a.bx (nombre de tiges apparues au phyllochrome X) Les sommes partielles par regroupement de 3 cycles mettent en évidence une progression sérielle 4 0 + 4 1 + 4 2 + 4 3 +…, qui est très remarquable par sa base 4, binaire au carré. Elle s'exprime aussi par 2 0 + 2 2 + 2 4 + 2 6 + …
Le regroupement par 4 cycles met en évidence l'observation :
" 1er mois : la rizière est presque vide
" 2ème mois : elle se garnit et ressemble aux autres rizières
" 3ème mois : le tallage explose 2 à 3 tiges par jour et 4 à 10 dans les derniers jours
(Fig. 22 tableau des 14 phyllochrones)
* Ramification : Ainsi chacune des 6 talles brin - maître émet des sous-tiges, qui tallent à leur tour, etc… Le tableau des 14 phyllochrones montre l'évolution des ramifications (tiges + descendance). Point important, elle signale que les 2 premières talles peuvent générer 64% de toutes les tiges, et donc des grains. Pour le repiquage très précoce, on garantit un développement maximum du tallage de la plante en repiquant à deux feuilles, soit plus d'un cycle avant l'apparition de la première talle.
2.3.3.2 La reproduction
Cette phase des chaleurs du riz débute 2 à 5 semaines après le tallage et dure 25 à 35 jours tandis que se développent les trois feuilles du haut. Elle comporte deux périodes :
" Formation des jeunes épis ou l'épiaison
" Floraison et fécondation
Les jeunes épis se forment d'abord dans la gaine de la feuille supérieure. C'est l'initiation paniculaire. Elle consiste au renflement de la partie supérieure de la tige formant un "ventre " Puis la tige grandit et la jeune épi sort : c'est la montaison ou épiaison. Alors, une tige fine ( le rachis) sort du pied de la feuille supérieure, et ramifiée sur deux niveaux (racèmes puis axilles). Les petites branches se sont chargées des boutons de fleur de riz c'est l'inflorescence ou la floraison. L'ouverture des glumelles (fleurs) dure 2 heures au maximum et les étamines sont apparues à l'extérieur. L'ensemble des branches chargées de boutons de fleur forme un épi peu serré qu'on appelle une panicule. La montaison dure moins de 10 jours. Cependant toutes les tiges n'ont pas nécessairement un épi. La plante ne produit de tiges fertiles, avec épi, qu'à proportion de ses réserves et capacités (entre 60 et 100% des tiges)
La fécondation ou la pollinisation ne se fait que par beau temps, sans vent. L'activité de reproduction se déroule dans les boutons de fleur du riz ou épillets. Ils sont formés d'une enveloppe (glume) faite de deux feuilles (glumelles), de couleurs diverses, demi-sphériques et emboîtées, qui vont s'ouvrir puis se referment
¢ Les organes reproducteurs se forment d'abord : ovaire de pistil renfermant un ovule et 6 étamines avec leur sommet les anthères qui contiennent le pollen.
¢ Puis l'enveloppe s'ouvre, les étamines se dressent, leur anthères libèrent les grains de pollen qui fécondent l'ovule.
¢ Ensuite, l'enveloppe se referme et la gestation du grain commence.
La formation des grains se fait 10 jours après la fécondation. Toute cette phase reproductrice commence sur les plus anciennes tiges (d'où encore l'importance du tallage précoce). Plus l'axe de l'épi ou rachis est épais, plus il a de grains
La formation des organes reproducteurs est très sensible au froid, au vent, aux fortes chaleurs, au défaut de luminosité et à la sécheresse. Les mauvaises conditions de culture ou de milieu peuvent provoquer un avortement (ou stérilité) partiel ou total de la panicule
(Fig. 23)
2.3.3.3 La maturation
Cette phase marque la période de remplissage des grains.
Elle a eu lieu 20 à 40 jours après la floraison si les conditions climatiques sont favorables et dure 25 à 40 jours.
Après la fécondation, le cariopse prend rapidement son format définitif alors que sa contexture est encore laiteuse, puis pâteuse et enfin dure consistante et craquante au moment de la pleine maturité.
Le grain est constitué d'un embryon entouré d'albumen et d'une enveloppe. L'enveloppe est la même que celle du bouton de fleur, sa taille a été déterminée avant la floraison, et elle limite la grosseur du grain. L'albumen est le corps du grain de riz, principalement constitué d'amidon. Il se forme durant cette phase de maturation et remplit l'enveloppe. l'albumen de certaines variétés reste pâteux (cas de riz gluant)
Les grains de paddy en maturité auront un poids variable de 10 à 45g aux 1.000 grains.
L'état de maturité se définit par l'état de dureté du grain aux différents étages de la panicule.
La maturité se fait progressivement du haut vers le bas de la panicule mûrissant en premier.
Les variétés hâtives mûrissent plus vite que les variétés à cycle long.
2.4. - Le cycle végétatif
Le cycle végétatif du riz varie considérablement de 4 mois à plus d'une année suivant les différentes conditions. Mais en culture normale, avec des variétés sélectionnées, ce cycle végétatif varie de 120 à 180 jours dans la majorité des cas.
La connaissance des différentes phases de la végétation du riz amène à la notion extrêmement importante du cycle végétatif puisqu'elle conditionne l'introduction et l'adaptation des différentes variétés d'une région à une autre.
Pour une même variété, le cycle végétatif peut être profondément modifié par les conditions climatiques, culturales et techniques culturales.
2.4.1. - Les facteurs climatiques
Les conditions climatiques modifient le cycle végétatif du riz. Ce sont essentiellement le lieu et la saison de culture.
Le climat d'une région est conditionné par sa position géographique en latitude et en altitude déterminant des températures, des durées d'insolation et de longueur du jour.
Ces éléments sont également modifiés par la saison.
En matière d'éclairement, le facteur ombrage n'est pas négligeable et la proximité en rizière d'une bordure de grands arbres peut modifier la longueur du cycle et même les rendements.
A partir d'un déficit d'ensoleillement de40%, la baisse de rendement est de 25 %.
2.4.2. - Les conditions culturales
Elles modifient également le cycle végétatif.
" Le choix des variétés
" Le mode de culture (sèche ou irrigué)
" La saison (fraîche à température trop basse et de la diminution de la longueur du jour)
" Pour les cultures de contre saison, le choix des variétés est de ce fait très important.
2.4.3. - Les techniques culturales
Elles peuvent modifier la longueur du cycle végétatif de quelques jours.
" L'action retardatrice du repiquage
" Le semi-direct par rapport au repiquage (transplantation) favorisant le développement du tallage.
" La densité de plantation. Les riz repiqués à grand écartement ont un tallage plus abondant, leur cycle s'allonge.
" Mauvaises façons culturales telles que : sols mal ameublis, carence en azote, absence de sarclage, sécheresse prolongée qui abrègent le cycle. La diminution de la durée du cycle, consécutive à de mauvaises façons culturales, s'accompagne toujours d'une baisse de rendement.
2.4.4. - Les riz de repousses
A Madagascar, on distingue très nettement deux types de repousses :
- repousses vraies : afimbary ( descendant du riz)
- repousses issues de la semence tombée du sol : mondra
2.4.4.1 - Repousses vraies
A la maturité du riz et après la coupe, la plante peu émettre de nouveaux talles et donner un petit regain, si l'humidité du sol est suffisante.
La maturité de ces nouvelles panicules s'observe entre 50 et 70 jours après la coupe, suivant les variétés ; il s'agit donc bien de talles déjà existants avant la récolte et don la fructification n'a été possible que grâce à la coupe.
Cette seconde récolte est en général très faible et ne justifie pas l'immobilisation du sol.
2.4.4.2. - Repousses issues de la semences tombée sol
Les repousses qui ont pour origine les grains tombés au sol au moment de la récolte. Elles sont issues de variétés de riz facilement égrenable qui perd ses grains au moment de la moisson. Si le sol est encore humide, ce semi-naturel peut donner lieu à une végétation dense qui se développera au début de la prochaine saison de pluies.
Le principal intérêt des riz de repousses est de fournir un bon pâturage en fin de saison, époque critique par excellence pour le bétail.
2.5. L'adaptation culturale
Le riz est une plante prête à être adaptée à plusieurs conditions :
" Formes de rizicultures pratiquées (culture irriguée, culture sèche)
" Techniques très différentes (repiquages, semi-direct).
On peut citer également l'étonnante adaptabilité du riz aux conditions défavorables du milieu ou des techniques :
" Cultures sur sols salins, sur marais, sur pentes
" Résistance plus ou moins à la submersion, et surtout à la sécheresse
" Mauvaises techniques culturales : semis à la volée non enfoui, méconnaissance du calendrier agricole, absence de sarclage etc.
Ceci est toujours au détriment du potentiel de productivité de la plante, mais permettant néanmoins d'obtenir une petite récolte avec de faibles moyens.

3. - ÉCOLOGIE
3.1. Climat
3.1.1. Besoins en chaleur
" A la germination :
- 14 - 16°C : minimum
- 30 - 35°C : optimum
- 42°C : maximum
" Au tallage :
- 16 - 18°C : minimum
- 28° - 30°C : optimum
" A la floraison et à la pollinisation :
- 22°C : minimum
- 27°- 29°C : optimum
" A la maturation :
- 19 - 25°C : optimum
Les températures durant le cycle végétatif se situent entre :
- 16 - 20°C : : minimum
- 28 - 30°C : : optimum
Une température supérieure à 40°C est nuisible pour le riz
Température de l'eau de la rizière : - 13 - 14°C : minimum
- 30 - 34°C : optimum
- 38 - 40°C : maximum
- à 50° : la plante meurt
3.1.2. Besoins en eau
En culture pluviale, pendant la période végétative, le riz a besoin de :
" 160 à 300 mm d'eau par mois soit,
" 1000 à 1800 mm pour la totalité
En culture irriguée :
" Sur sol submergé jusqu'à la maturation, le riz a besoin pour la totalité de 12000 à 20.000 m3/ha/an
Les périodes critiques pour l'eau sont :
- le tallage
- l'épiaison et la montaison
- la maturation
Les besoins en eau sont en corrélation avec la nature du sol : sur sols argilo-limoneux, on peut cultiver le riz seulement avec 800 à 1000 mm d'eau.
3.1.3. - Hygrométrie
Une certaine sécheresse atmosphérique est favorable au riz irrigué.
" La floraison exige 70 à 80 % d'hygrométrie
" Le vent léger a une action favorable au riz
" Les vents trop forts provoquent des dégâts.
3.1.4. - Besoins en lumière
Le riz demande beaucoup de lumière
Le photopériodisme a une forte influence sur la durée du cycle et le rendement
3.1.5. Besoins en altitude
Le riz pousse aussi bien au niveau de la mer qu'en altitude (1800 m à Madagascar) pourvu que les conditions précédentes concernant surtout la chaleur et l'eau soient satisfaites.
3.2. - Sols
Le riz préfère les sols à texture fine de :
" 40 à 60 % d'argile
" 9 à 7 de pH
Sol idéal :
" Culture sèche : sol riche, meuble, limoneux ou limono-argileux.
" Culture aquatique : sol plus argileux (50%) alluvionnaires, argiles noires tropicales, ferralitique et organique.
Sol défavorable :
" présence de sulfures ou de sulfates

4. - LES VARIÉTÉS
4.1. Classification générale des variétés d'Oryza Sativa
Les premières classifications basées sur un nombre très restreint de variétés, faisaient essentiellement appel à des caractères qualitatifs :
" Présence ou absence de barbe, couleur des glumelles et de l'arête, couleur du caryopse (par Alefeld en 1866)
" Texture de l'endosperme, taille et forme de grains présence ou absence de barbe, couleur du caryopse, couleur des glumelles (par Kornicke en 1885)
" Introduction de la notion de pourcentage de stérilité d'hybrides de certaines variétés, se fondant sur des caractéristiques morphologiques, sérodiagnostiques et génétiques (botanistes japonais en 1925 et 1928).
D'où classification de la variété Oryza Sativa en deux sous espèces : Japonica et Indica.
" Combinaison avec la notion de longueur du caryopse =
- L 4mm
- L 4mm .
Entre les variétés Japonica et Indica il existe un groupe intermédiaire.
Types ou groupe de classification.
Type A : Japonica :Variétés du Japon, de Corée, Mandchourie, Chine centrale et
septentrionale
Type B : Indica : Variétés de l'Inde, de la péninsule indochinoise, chine méridionale et occidentale
Type intermédiaire : "Bulu", variétés de Java de Sumatra, Philippines, Europe et Amérique

Caractères
Type A
(Japonica)
Type B
(" bulu ")
Type C
(Indica)
1) Format du grain Court Épais Long
2) Longueur 1ère feuille et angle avec 2ème feuille Courte, aïgu Longue, aïgu Longue, ouvert
3) Couleur du corps de la plante et rigidité Très coloré et rigide Pâle et rigide Pâle et non rigide
4) Angle de la feuille paniculaire et degré d'émergence, au-dessus du nœud de plus élevé Moyen, moyennement émergé Large , pas émergé Petit, bien émergé
5) Forme de la feuille paniculaire Étroite et courte Large et longue Étroite et longue
6) Nombre et port des talles Nombreuses et érigées Peu nombreuses et érigés Nombreuses et étalées
7) Pubescence des feuilles et des glumelles Très pubescentes, glabres Très pubescentes, peu pubescentes Peu pubescentes, très pubescentes
8) Barbe et égrenage Sans, nul Barbu, nul Sans, important
9) Nombre d'épillets poids Nombreux et lourds Peu nombreux et lourds Nombreux et légers
10) Longueur de la tige et de l'inflorescence Courte, courte Longue, longue Longue, moyenne
11) Ramification des rachis et densité de l'inflorescence Peu ramifiés, dense Très ramifié, moyennement dense Moyennement ramifiés moyennement dense

4.2. - Caractères généraux spécifiques aux variétés
Toutes les variétés possèdent des défauts et des qualités, et l'art de sélectionner consiste à éliminer les caractères défavorables au point de vue agronomique ou commercial et à isoler, dans un cadre et un but bien déterminé, les variétés les plus aptes à satisfaire les désirs de l'agriculteur et les exigences du consommateur.
Les caractères bien spécifiques :
" au point de vue agronomique : résistance à la verse et à l'égrenage
" au point de vue technologique : résistance à la brisure, taux de translucidité, productivité comparée suivant les mêmes conditions de sol et de techniques culturales.
" Causes mécaniques qui accentuent la sensibilité du caractère variétal de résistance : le vent, la pluie
4.2.1. La verse
C'est la propension plus ou moins grande du riz à se coucher sur le sol lorsqu'il atteint son plein développement végétatif.
Elle s'observe en général à partir du moment de la floraison jusqu'à la maturité.
Les variétés à pailles courtes versent beaucoup moins que celles à paille longue.
Les insectes foreurs de tige (Borer) favorisent le phénomène de la verse.
La perte de la verse atteint plus de 30%si elle se produit au moment de la floraison.
Lutte : utilisation de variété à paille courte, pratique de l'écimage.
Classement de quelques variétés issues d'un essai effectué à Marovoay en 1970 (résistance à la verse)

VARIÉTÉS
CLASSEMENT
Boina 1329
" Ali Kombo
" Alibe
" Tsipala
- Très résistante
- Résistante
- Moyennement résistante
- Sensible

4.2.2.- L'égrenage
Un riz est dit facilement égrenable lorsqu'il perd ses grains au moment de la moisson. C'est un caractère spécifiquement variétal dû à la conformation et surtout à la texture des tissus formant la cupule, support qui relie le pédicelle à l'épillet.
En principe les variétés peu égrenables possèdent une facette oblique alors que les variétés sensibles ont un support horizontal. Pourtant il est assez mal commode de mesurer la résistance à l'égrenage d'une variété. Il semble plus pratique de faire des comptages des grains tombés sur le sol après la récolte. Une trop grande résistance à l'égrenage entraîne une difficulté de battage (surtout la pratique manuelle).
4.2.3. Résistance à la brisure
C'est le clivage et la cassure de grain dans son enveloppe pouvant se produire en dehors de l'usinage, du à l'humidification et à la dessiccation au cours de récolte et du séchage. Cette brisure de grain due au soleil est encore appelée suncraking.
Elle est plus ou moins accusée suivant les variétés mais qui est accentuée aux mauvaises techniques de séchage du paddy après la coupe. La résistance à la brisure est donc un caractère variétal.
" Les variétés crayeuses brisent plus que celles translucides
" Certaines variétés à grains ronds sont parfois moins résistantes que les variétés à grains longs.
Ce caractère de résistance à la brisure est extrêmement important au point de vue commerce de riz (variété de riz de luxe, " vary lava " remplacés peu à peu par " Ali kombo ".
4.2.4. Translucidité
C'est le caractère variétal apprécié pour le riz de luxe. Les grains opaque sont dit crayeux. On l'appelle "centre blanc " si une partie seulement de l'albumen est marquée par une tache centrale.
Estimation de translucidité d'un grain.
" 65 à 95% : excellent
" 50 à 65% : moyenne
" Inférieur à 50% : mauvaise.
Les variétés malgaches les plus translucides sont : Tsipala, Makalioka, riz long Ali kombo. Technique d'amélioration de la translucidité du grain : arrêt de l'irrigation et assèchement de la parcelle avant maturité
4.3. Les variétés de riz de Madagascar
4.3.1. Historique
Madagascar est un pays de civilisation rizicole. En 1504, les navigateurs portugais s'approvisionnaient en riz dans les ports de la Côte Nord-Ouest (baie de Mahajamba). En 1804, un botaniste Chapelier a pu recensé dans la région de Toamasina 14 variétés de riz inondé dont certaines sont encore connues aujourd'hui : vary Lava, Vary Morona, Vary Lamba, etc.
En 1966, les collections du Lac Alaotra comptent plus de 1300 variétés, ce qui montre le nombre considérable de variétés de riz existant à Madagascar. Les premières sélections ont été effectuées au sein des populations locales dans le but d'obtenir des variétés stables. Ce principe a été possible grâce à la création des premières stations agricoles (Ivoloina, Nanisana, Lac Alaotra et Marovoay). La première sélection des Vary Lava fut effectuée en 1932.
Après la seconde guerre mondiale, un programme intensif de recherches rizicoles est mis en place dans les stations de Lac Alaotra et de Marovoay. C'est à partir de prospection et de sélection d'hybridation et d'introduction de l'extérieur que furent créées les principales variétés améliorées et stabilisées actuellement offerte à la riziculture malgache.
Cependant, les variétés locales non sélectionnées prédominant encore très largement. Les variétés améliorées à haut rendement n'occupent que seulement quelques dizaines d'hectares.
Les causes en sont plusieurs à savoir :
" centres multiplicateurs de semences très variées
" difficultés de la vulgarisation
" échecs rencontrés avec les nouvelles variétés en raison de technique culturales inadaptées.
4.3.2. Classement des variétés de riz
Arbitrairement, on peut classer comme suit les variétés de riz cultivées à Madagascar :
¢ Les riz locaux non sélectionnés
¢ Les variétés locales sélectionnées ou hybrides
¢ Les variétés à haut rendement, importées
4.3.2.1. Les riz locaux
Par test en essais multilocaux, 30 variétés locales sont plus productives parmi les centaines qui ont été mises en comparaison (document de l'IRAM 1965).
Parmi ces variétés on peut retenir :
¢ Région Nord : variétés : - Le Bengale morima
- Le Mamoriaka
Type Indica
Caractères : Fin, translucide
Cycle 140 jours
¢ Région ouest : sur la côte : variétés : Tsipala, kalila
Type : indica
Cycle : 140jours
En altitude : Variétés : Kamojia, Vary vato,varibe
Format : Demi-rond
Variété : Kiriminy
Format : riz petit, fin

¢ Région Hauts-plateaux
- Zone très froide : variétés, Rojofotsy, Botohavana, le manga kely, vary lava local
- Lac Alaotra : Makalioka
- Fianarantsoa : Vary lava locaux et Ambalava
- Côte orientale : Les Kitrana, Fotsiavarana, Maitsobe
¢ Région de Toliary
- en saison de pluie : Tsipalamena
- en saison fraîche : Tsipalafotsy
Parmi ces variétés cultivées, les variétés suivantes sont sélectionnées et parfois multipliées par les fermes semencières : Kalila (50), Tsipala (A), Makalioka (M.34) Rojofotsy (12.85) et de nombreuses Vary lava
4.3.2.2. Les variétés sélectionnées
On les appelle " cultivars ", variétés de grandes cultures et qui sont en général inscrites dans un catalogue officiel.
Pour des raisons agronomiques ou technologiques certaines variétés ont été éliminées à cause de leurs caractères peu productifs, cassants et hybrides : Vary lava 28 M et 47, P.56.
Parmi ces variétés sélectionnées, on peut retenir :
¢ Région du Lac Alaotra
- Makalioka 34 : sélection d'une population de Makalioka
Caractères : Riz long, translucide, productif
: Cultivé en saison chaude
- Makalioka 823 : Hybride de Makalioka 34 et de Vary lava 9
Format : plus long que Makalioka 34
- Vary lava 1302 :
Caractères : très long , assez cassant à l'usinage.
¢ Plaine d'Antananarivo
- Rojofotsy N°1 : sélection de Rojofotsy
¢ Région Nord Ouest
- Tsipala A : sélection de Tsipala
Caractère : . grain fin, translucide
. productif, rustique
. sensible à la verse et à l'égrenage.
Tsipala A sera supplanté dans très peu de temps par :
- Boina 1329.
Format : plus étoffé que le tsipala
Caractère :. rendement supérieur de 30%
. peu sensible à la verse, à l'égrenage
. Ariste
. Ressemble à l'Ali Kombo
- Ali Kombo
Caractère : .Variété de luxe, excellente
. Trouvé en 1952, dans la rizière de multiplication de Vary lava
. Productif
. Difficilement égrenable
. Très translucide
. Riz d'exportation (vers Europe)
Zone de culture : .Marovoay (plus de 8000 ha)
.Antsirabe, Fianarantsoa (de bons résultats également)
Tableau récapitulatif des variétés originaires de Madagascar
( Caractère Agronomiques & technologiques)

Nom
N°de catalo-
gue
Origine
Verse
Égrenage
Longueur caryopse usiné
Translu-
cidité
Poids 1000 grains usinés
Aire de culture
Makalioka 34
34
Alaotra
Faible
Élevé
6,5
Bonne
19
Alaotra
Makalioka 823
823
- " -
Élevé
-" -
6,8
-" -
22
-" -
Vary lava 1302
1302
- " -
-" -
Faible
7,5
Moyen-
ne
36
-" -
Rojofotsy
1285
- " -
Faible
Élevé
5,2
Mau-
vaise
24
Plateaux
Tsipala A
1804
Marovoay
Élevé
-" -
6,2
Bonne
23
Nord Ouest
Boina 1329
1329
Ambato
Faible
Faible
6,5
Médio-
cre
30
-" -
Ali Kombo
1583
Marovoay
-" -
Nul
7,2
Très bonne
38
Marovoay et Fiana-
rantsoa

4.3.2.3. - Les variétés d'origine étrangère
Caractéristiques de ces variétés :
- Variétés asiatique en provenance de Philippines et de Formose
- Haute productivité
- À paille courte, non sensible à la verse
- Très sensible à l'apport d'engrais
- À rendement près de 10t /ha
- Grain : crayeux, rond peu apprécié par les consommateurs
Parmi les plus connus et déjà en culture :
IR.8 - catalogue 1811
- d'origine des Philippines
- autre nom : " Riz miracle "
- rendement : voisin du Boina 1329
- grain : beaucoup plus belle qualité
- zone de culture : tout l'ouest
- Bon résultat en culture pluviale
CHIANAN 8 - Catalogue 1632
- d'origine de Formose
- zone de culture : plaine d'Antananarivo
- rendement : bon
- Format : - grain rond
- paille courte
TAISCHUNG NATIVE 1
- catalogue : 697
- d'origine de Formose
- zone de culture : versant occidental
- rendement : excellent
- culture pluviale
- caractère : précoce, grain rond, paille courte
Quelques exigences de ces variétés
- Les variétés sélectionnées et à haut rendement exigent des techniques culturales si on veut obtenir des qualités et d' augmentation de la productivité
- Elles sont plus exigeantes que les populations locales notamment au point de vue calendrier cultural, fertilisation et soins à la récolte.
- Variété Ali Kombo : . résistante à la brisure
..mais si elle est mal récoltée peut donner de pourcentage en grains entiers extrêmement faibles.
- Variété IR 8 : . à haut rendement.
. sans sarclage, peut donner des résultats désastreuse.
..sa taille réduite la rendant particulièrement sensible à la concurrence des adventices
- Les variétés à haut rendement devront être cultivées avec des conditions bien adaptées : nivellement, drainage, maîtrise des techniques qui permettront à ces variétés d'exprimer toute leur potentialité.
4.3.2.4 Les variétés nouvelles proposées par FOFIFA
(Département de recherches agronomiques) - Riz Irrigué

Régions
N° Collection

Nom de la variété
Type
Cycle
Hauts-Plateaux
4132
4133
FOFIFA 155
FOFIFA 156
Demi-rond
Demi-rond
205 jours
205 jours
Moyen - Est
4012
2798
34
2166
1632
Tsemaka
Tsé Kowar
Makalioka
Madirat 164
Chinan 8
Long
Long
Long fin
Long
Rond
170.jours
160 jours
180.jours
160.jours
165.jours
Nord - Ouest
4127
3895
X 398
X 415
X 372
3190
2152
Mahadigny
Mahavonjy
Tsiresindrano
Kelimirefaka
Mampiherika
Mafimboa
IR 20
Long
Long
Long
Long
Long
Long
Demi-long
105-135 jours
90 jours
120 jours
120 jours
120 jours
120 jours
160 jours
Moyen Ouest
2787
X 265
X 243
Soamalandy
Mailaka
Kelimamokaha
Long
Long
Long
155-165 jours
150 jours
140-150 jours
Sud
X 21
Mailaka
Long
110 jours
Sud Ouest
2798
Marotia
Rond
125 jours
Sud Est
IR
3184
_
2787
Mahalomba
Kelimamoa
Soafilia
Soamalandy
Rond
Rond
Long
Long
125 jours
116-130 jours
125 jours
145 jours



5. TECHNIQUES CULTURALES
C'est une nouvelle méthode de riziculture qui a été mise au point depuis 1983, pour les rizières irriguées et bien drainées. Elle exige des techniques systématisées dont les rendements donnent à partir de 4 à 5 tonnes et parfois supérieurs à 10 tonnes l'hectare.
Les quatre conditions ou principes essentiels du SRI sont :
- Plants jeunes de 8 à 15 jours, pour une vitalité et tallage maximum
( Fig 18 - 24 a)
- Repiquage un par un très espacé : en ligne et en carré ( 33 x 33 ou 40 x 40 même) . Ce repiquage en densité faible (9 plants au m2 ) permet à ces quelques pieds d'avoir un maximum de lumière et d'espace vital.
- Sarclage à plusieurs reprises (au minimum trois fois). Cette lutte contre les mauvaises herbes donne le maximum de nourriture et de lumière au riz.
Le 1er sarclage se fait 8 à 10 jours après le repiquage. La sarcleuse mécanique, houe rotative ou à griffes est recommandée car le sarclage à la main ou à la binette est insuffisant.
Ces trois premiers principes sont complémentaires et nécessaires pour un fort tallage.
- La maîtrise de l'eau (irrigation et drainage) ou la régulation de l'eau durant la croissance pour une oxygénation maximale du sol et des racines.
- Pour un développement maximal de la plante, trois phases sont à distinguer en matière de suivi du niveau d'eau :
¢ Durant la croissance des tiges, la rizière a besoin de peu d'eau et on pratique des assecs aussi souvent que possible (le matin : 2 cm d'eau, l'après-midi : à sec)
¢ Lors de la montée des épis et jusqu'au début de la maturation : couche d'eau au maximum 4 cm, à maintenir en permanence
¢ Dès que les épis chargés commencent à s'incliner, on assèche complètement la rizière jusqu'à la récolte.
Ces quatre conditions engendrent des grands effets sur la forte augmentation des rendements.
5.1. Pépinières
La pépinière peut se faire dans le jardin potager ou sur le tanety.
5.1.1. La préparation de la pépinière sur tanety
" Mélange de - 1/3 de sable
- 1/3 de terre arable
- 1/3 de terreau
" A proximité d'un point d'eau afin de faciliter l'arrosage
" Dimension : 1m x 3 m pour un hectare de rizière
" Pulvérisation des mottes
" Bon aplanissement de la surface
" Mise en boue très fluide des planches
(Fig. 24 b)
5.1.2. Entretien de la pépinière
" Arroser tous les jours en cas d'insuffisance de pluie afin de maintenir l'humidité.
5.1.3. Durée en pépinière
La durée de séjour en pépinière a une influence déterminante sur les rendements. Plus l'âge du plant à repiquer est jeune, plus le rendement à l'hectare est bon.
- 6 à 11 jours pour les régions côtières
- 8 à 15 jours pour les hauts plateaux
5.1.4 Arrachage
- Enlever les jeunes plants accompagnés de mottes de terre et leurs racines à l'aide d'une bêche.
- Les plants arrachés ne sont ni lavés, ni habillés, ni secoués mais traités avec le maximum d'attention et de douceur
5.2. Semences
¢ Le SRI n'exige pas de variétés
¢ Les semences améliorées et traitées donnent des plants robustes, beaucoup de talles et de haut rendement
¢ On sème les grains prégermés
5.2.1. Préparation des semences
" Dose : 6 à 8 Kg par are ou 30 à 40 kapoaka pour un hectare.
" Triage
" Prégermination : - 48 heures dans l'eau
- 24 à 48 heures à l'ombre
5.2.2. Semis
" Bien arroser la pépinière avant le semis
" Bien repartir les semences prégermées pour que :
- Les racines ne s'entremêlent pas
- Les jeunes plants soient bien exposés au soleil et rigoureux
" Les semis en pépinière est suivi d'un repiquage
" La date du semis est fonction de la durée du cycle de la variété retenue
5.3. Rizière
5.3.1. Préparation du sol
" Elle a pour buts :
- D'obtenir une boue collante (visqueuse, non liquide), sans grumeaux
- D'éliminer au maximum les mauvaises herbes et leurs racines
" Étapes de la préparation du sol, un à deux jours avant le repiquage :
- Épandage de fumier (selon le pratique paysanne)
- Labour
- Hersage immédiatement après
- Binage éventuel à la herse ou à la houe rotative
- Nettoyage des diguettes
- Piétinage 12 jours précédant le repiquage et comme suit :
¢ Mise en eau pendant 24 heures
¢ Hersage croisé
¢ Enlèvement des mauvaises herbes
¢ Ressuyage pendant 24 heures avant la remise en eau suivante
¢ Refaire les mêmes opérations 3 ou 4 fois
- Planage : chaque parcelle doit être préalablement bien nivelée
Si la boue est encore trop fluide après le 3ème ou 4ème piétinage, laisser ressuyer pendant 1 à 3 jours avant de repiquer
5.3.2. Le repiquage
" Réduire le plus possible l'intervalle de temps entre l'arrachage du plant et le repiquage (une heure au maximum)
" Repiquer le plant avec sa motte de terre et de manière à ce qu'il se retrouve dans la position la plus proche de sa position naturelle
" Repiquer en carré ou en rectangle dans une boue épaisse, collante et bien planée
- Écartement : 25 x 25 cm (16 plants/m²)
33 x 33 cm (09 plants /m²)
" Mettre en place les plants un par un exactement à l'endroit voulu :
- Tenir le plant entre le pouce et l'index et le glisser latéralement dans la boue à 2 cm de profondeur
Le lendemain du repiquage, repasser pour redresser les plants obliques et remplacer les manquants ou ceux qui ont été piétinés par inadvertance
Le repiquage est l'opération essentielle du SRI et la différence de rendement entre un repiquage médiocre et un repiquage parfait peut atteindre 50%
5.3.3 Entretien
Le sarclage précoce est essentiel pour un bon rendement
" 1er sarclage : 8 à 10 jours après repiquage
" Faire 3 ou 4 sarclages espacés d'une semaine selon la nécessité
" Sarcler les milieux des rangs dans le 2 sens
" Conduite d'eau :
- Irrigation au minimum d'eau de la rizière :
¢ 1 à 2 cm d'eau le matin
¢ Rizière presque à sec l'après-midi
- Période de maturation :
¢ Assécher complètement la rizière au moins 15 jours avant la moisson
5.4. Fumure
Le SRI n'est pas hostile aux intrants, donc ne s'oppose pas à l'utilisation des fertilisants.
Afin de maintenir l'augmentation des rendements, la fertilisation du sol est nécessaire en face du risque d'épuiser les sols. Il faut donc amender les sols afin de mieux compenser ses exportations des éléments de la terre vers les plantes.
Les types de fertilisants pour engraisser la terre
(Pour la riziculture à haut rendement)
- Organiques ou fumure organique
" Fumiers végétaux et animaux, compost : moins violents et meilleur pour la terre que les chimiques, en matière d'amendement des sols. Mais il faut les produire en grande quantité
" L'engrais vert :l'Azolla ou Ramilamina) qui peut-être cultivé dans la rizière avant la mise en boue. Enfoui, il assure un bon apport d'azote, mais aussi de phosphore (P) et de potassium (K) pendant les premières semaines de croissance du riz. Laissé à la surface des rizières après repiquage, il gêne la croissance des mauvaises herbes ; on l'enfouit en sarclant
- Engrais chimiques ou minéraux (Économiquement plus cher par rapport aux fumiers organiques)
Les quadruplements de production provoquent des exportations massives des éléments de nutriments qu'il faut compenser par des fertilisants
" L'azote : élément pivot de la fumure du riz. Les riz de courte taille répondent beaucoup mieux à l'azote que ceux de grande taille. On peut les appliquer, sans inconvénient
Doses : 150 Kg/ha
L'azote doit être enfoui à 5 à 10 cm
Périodes critiques de l'alimentation azotée du riz :
¢ Moment du tallage
¢ Initiation paniculaire
Divers types de fractionnement à recommander (pour sols légers) :
¢ Repiquage (1/2 ou 2/3)
¢ Montaison (1/2 ou 1/3)
" Le phosphore
Présence de comportement très variable des sols de rizière vis à vis du phosphore. La dose d'engrais phosphaté doit être déterminée par expérience. Le phosphate d'ammoniaque a une action très rapide
" La potasse
La paille de riz contient 80% de la potasse exportée par la récolte, ce qui justifie son enfouissement. Sauf cas particulier, la réponse à l'apport de potasse est faible ou nulle.
Exemple de formule d'engrais (Kg/ha)
Formule légère :
N : 30
P205 : 62
K205 : 45
Quelques avantages et inconvénients de ces deux types de fertilisants
Fumures organiques :
" Joue un grand rôle dans la fertilité dans leurs actions d'entretien et de production de cellulose pour activer l'humus
" Production facile (abordable)
" Production à grande quantité
Engrais chimiques :
" Plus commode parce qu'ils sont denses
" Pas de production à faire, il suffit de les acheter
" Dangereux à manier, difficile à choisir et à doser
" Parfois moins digestes pour la terre
" Ne reconstituent pas l'humus
" Économiquement, trop chers pour les agriculteurs de subsistance c'est à dire leur coût en limite l'usage
5.5. Récolte
Récolter en bon état de maturité, tenir compte de l'état de maturité des grains
5.4.1Coupe
Pour se développer le grain demande, après fécondation :
- 28 jours : types japonica
- 25 jours : types indica hâtifs
- 35 à 40 jours : types indica tardifs
L'assèchage de la rizière se fait 15 jours avant la récolte ou la moisson.
A l'état de maturité, les panicules se penchent, les grains de la base sont encore pâteux et ceux du sommet virent au jaune). Les grains ne doivent être ni trop mûrs (fendillés) ni verts.
La coupe et la récolte
" Coupe : - avec faucille : 20 à 30 cm au-dessus du sol
- au couteau : 30 à 50 cm sous la panicule (tiges couchées sur le sol)
- à l'andaineuse ou à la moissonneuse
" Bottelage, séchage des gerbes : au-dessus du sol, 3 à 4 jours
" Confection de tas ou meules recouvertes de paille : .
. hors du champs
. à l'ombre
5.5.2. Battage
Il s'effectue soit : - au fléau
- contre une pierre, une planche etc…
- à la batteuse
5.5.3 Séchage du paddy
" Il faut abaisser la teneur en eau jusqu'à 14% :
- Pour un bon point de coupe, elle est de 23 à 28%
- Après séchage en gerbes de 20%
" On sèche à l'air et à l'ombre (pour éviter le clivage des grains) en remuant souvent
" Séchage artificiel ou dans des appareils à circulation d'air forcée à la température ambiante, en four à air chaud 35°C pendant 24 heures
5.6. Rendement
Avec les quatre principes de technique systématisée, ce système de riziculture donne des rendements supérieurs à 6 tonnes l'hectare ou dépassant parfois 10 tonnes à l'hectare.
Le rendement possible est de l'ordre de 8 à 15 tonnes/ha

6. MALADIES - ENNEMIS - TRAITEMENT
6.1. Maladies
* piriculariose : Cette maladie revêt une grande gravité qui tend à s'accroître avec la pratique de culture plus intensive. Les symptômes peuvent se manifester sur toutes les parties aériennes du riz : feuilles, tiges, grains.
L'apparition et le développement de ce champignon dépendent des facteurs principaux suivants :
- Sensibilité de la plante : durant les trois stades critiques ( fin de séjour en pépinière, au tallage, début floraison)
- Nutrition azotée : de fortes doses d'azote favorisent l'infection
- Alimentation hydrique : tout manque d'eau accroît l'incident de la maladie
- Température : des températures allant de 18° à 26°C favorisent la maladie, la chute nocturne au dessous de 20°C augmente son incidence
- Humidité de l'air
- Présence de l'inoculum (région tropicale)
- Sensibilité variétale
* Helminthosporiose ou maladie des tâches brunes. Les symptômes de ce champignon se manifestent par des tâches ou des feuilles. La maladie ne prend de l'importance que si les conditions de culture sont mauvaises (sol submergé toute l'année, carence en silice, etc…)
* Pourriture des chaumes : espèce de champignon s'attaquant à la base des plants de riz. Cette maladie est due parfois à la mauvaise circulation des eaux (asphyxie des sols) et au froid
* Brûlures des feuilles : dessèchement de l'extrémité des feuilles avec apparition de lignes ondulées brunâtre
* Flétrissement bactérien : due à Xanthomonas orizae
* Maladies physiologiques : le bronzing se caractérisant par une teinte brun rougeâtre des feuilles
* Cercosporiose : cette maladie se manifeste par de petites stries brunes et les dégâts importants sont exceptionnels. La multiplication de variétés sensibles peut.rendre la maladie grave
* Bactérioses : cette maladie se manifeste par des stries translucides sur les feuilles
* Viroses : la virose yellow mottle qui ne semble pas faire de dégâts graves
6.2. Ennemis
6.2.1. Les nématodes : ce sont des parasites
" Le bout blanc provoqué par l'Asphelenchoides Bessevi. Le symptôme typique de " bout blanc " ou " white tip " apparaît au moment du tallage sous forme d'un blanchissement des extrémités des feuilles sur une longueur de 3 à 5 cm. Les bouts attaqués se nécrosent par la suite et s'enroulent.
(Fig. 25)
" L'Ufra : son agent est Ditylenchus angustus dont son affection est très grave.
" Il existe aussi d'autres nématodes qui parasitent les racines
6.2.2. Les insectes
" Les poux de riz (hispides) : ce sont des coléoptères qui minent les feuilles. Les dégâts ont surtout été observés sur les hauts plateaux
" Les borers : leurs dégâts sont toujours importants surtout en riziculture irriguée intensive. Quelques symptômes caractéristiques des borers sont à signaler :
- en cas d'attaque précoce : mort des talles en commençant par des feuilles supérieures
- en cas d'attaque tardive (en montaison) ; panicule blanche
- pachydiplosis provoque la formation d'une gale en forme des feuilles d'oignon
(Fig. 26)
" Hétéronychus : qui rongent les collets du riz
(Fig. 27)
" Punaises : qui vident les grains de riz à l'état laiteux !
(Fig 28)
" Les chenilles : qui rongent le limbe des feuilles
" Nymphula : larve de lépidoptères provoquant des dégâts très importants en culture irriguée, sur les jeunes plants peu après le repiquage
(Fig. 29)
" Insectes des greniers: charançons, bostryche, pyrale. Les paddy sont relativement peu attaqués, par contre , le riz usiné est sensible aux attaques et ne devrait pas être stocké trop longtemps.
(Fig. 30)
6.2.3. Autres ennemis
" Oiseaux
" Rats
6.3. Traitements et luttes
" Lutte contre la piriculariose :
- Recherche sur les variétés resistantes aux races de Piricularia qui se renouvellent à tous moments
- Traitements chimiques : emploi de la blasticidine (Bla : l'Epiphensoph) (Hinosan), le bénomyl (Benlate), les dithiocarbamates (mancozène).
- Désinfection des semences à sec (captaire, manèbe) ou par voie humide dans des organo-mercuriques, suivi de semis immédiat ou d'une prégermination durant 24h
- Rôle important des méthodes culturales :
¢ Utiliser les semences saines
¢ Assurer une bonne alimentation hydrique (préparation du sol, conduite de l'irrigation et du drainage)
¢ Apport d'azote limité, en fonction de la variété
¢ Brûlis de la paille
" Contre la maladie des tâches brunes :
- Mesures culturales (repiquage trop tardif, température trop élevée ou trop basse)
- Désinfection des semences
- Apport de silicium pour les terres tourbeuses de bas fond
" Pour éviter la pourriture des chaumes, on conseille :
- de brûler les chaumes après la récolte
- d'assécher le sol entre deux campagnes
- d'apporter des engrais potassiques
- de fournir une faible lame d'eau, légèrement courant au moment du tallage
- de drainer tardivement après l'épiaison
- d'éviter toute stagnation de l'eau et tout excès d'azote.
" Lutte contre les brûlures des feuilles :
- Traitement chimique : blasticidine (Bla 5), l'Ediphersoph (Hisman), le bénomyl (Benlate), les dithiocarbomate (mancogèbe)
- Apport d'azote limité
" Contre les maladies physiologiques
- apport de chaux (2tonnes/ha)
- apport limité de l'alumine (fer), de zinc
" Lutte contre la maladie des bouts blancs, mesures préventives à envisager :
- Détruire tous les résidus de récolte et les mauvaises herbes en effectuant un labour soigneux après la récolte
- Cultiver si possible des légumineuses en contre saison
- Utiliser des semences provenant des champs indemnes de nématodes
- Traiter les semences à l'eau chaude (thermothérapie) c'est à dire tremper les semences pendant 15 minutes dans de l'eau chaude de 56 à 57°C et faire le traitement à titre préventif après trois ou quatre ans.
- Utiliser des produits chimiques pour le traitement des semences
- Utiliser des variétés de riz résistantes et tolérantes contre le nématode
" Lutte contre l'Ufra
- Maintenir en eau les rizières après la récolte
- Enfouir les chaumes
- Précaution phytosanitaire pour les échanges de semences
" Lutte contre les insectes
- Poux de riz : - Pulvérisation ou poudrage de H.C.H
- Les borers, les larves vivant dans la lumière des tiges
¢ chimique : lindane ou Diazinon granulé dans l'eau d'irrigation, deux épandages de 2kg/ha de matière active à 3 semaines d'intervalle au cours du tallage
¢ détruire les chaumes après la récolte : Brûlis - Pâturage et piétinage avec les zébus (lutte préventive)
¢ lutte curative :
Il n'existe pas de traitements chimiques efficaces contre les ravageurs. Les insecticides de contact sont fortement déconseillés au profit des insecticides systématiques qui ne sont pas toutefois d'une totale efficacité.
Le traitement chimique avec un produit systématique sera envisagé seulement si les attaques sont importantes (35% de tiges attaqués au minimum).
Dans les zones pourvues d'un système d'avertissement (Lac Alaotra), le traitement sera fait si le seuil d'intervention est atteint (de l'ordre de 3,6 pontes cumulées pour 100 talles). L'application devra se faire vers fin tallage au début montaison.

7. TECHNOLOGIE
7.1. Préparation et conditionnement du riz blanc
Après le battage, les paddy devront être séché. Il faut abaisser la teneur en eau jusqu'à 14% (pour un bon point de coupe, elle est de 23 - 28% et après séchage en gerbe de 20%
On sèche à l'air et à l'ombre (pour éviter le clivage des grains) en remuant souvent. L'usinage a pour but de débarrasser le paddy de ses glumes et glumelles, c'est l'opération du décorticage et on obtient le " riz décortiqué " ou " riz cargo ". Puis on débarrasse le " riz décortiqué " des différentes couches du péricarpe. On obtient alors " le riz blanc " par l'opération du blanchiment.
7.1.1. Les différentes opérations que subi le paddy dans une rizerie

PADDY
     
 
OPÉRATIONS
MATÉRIELS
PRODUITS
  " Nettoyage " Nettoyeur calibreur
" Aspirateurs
" Trieurs à disques
alvéolés
" Paddy propre
  " Ebarbage (éventuellement) " Cribes aspirateurs " Paddy propre sans barbe
  " Classement du paddy " Trieurs à disques
" Cylindre (Calibreurs, trieurs)
 
  " Décorticage " Décortiqueurs
" Tamis
" Riz décortiqué + paddy
" Riz non décortiqué + balles + son
  " Séparation du paddy " Séparateurs de paddy
" Table densimétrique
" Riz décortiqué
  " Classement de riz décortiqué " Cylindres (Calibreurs, Trieurs)  
  " Blanchiment " Cônes à blanchir " Riz blanc + issu (+ brisure)
  " Calibrage de riz blancs " Tables densimétriques
" Tamis rotatif
" Riz entier
  " Polissage " Cônes à polir
" Riz blanc poli
  " Classement des riz blancs polis " Cylindre : calibreurs, trieurs)  
  " Glaçage (éventuellement) " Tambour à glacer " Riz blanc glacé de luxe
RIZ DE TABLE      

7.1.2. Étuvage
C'est une autre méthode de préparation du riz. Employé industriellement il donne des riz de bonne conservation, gardant certaines couches du péricarpe et plus riches en principes nutritifs.
7.2. Rendement à l'usinage
Il est excellent, mais le riz prend une teinte jaune, souvent un goût spécial et n'est pas apprécié de tous les consommateurs. Il est très variable suivant type d'usinage, variétés, taux d'humidité, homogénéité des lots (degré de pureté variétale).
TYPES RIZERIE INDUSTRIELLE PROCÉDÉS DOMESTIQUES
Grains très longs Grains ronds Récolte saison humide Récolte saison sèche
" Riz blanc (entier et ¾)
" Brisure n°1 et 2
" Brisure n°3 et 4
" Farines basses du riz ** Blanc
** Cargo
" Balles
" Riz blanc (entier et ¾)
" Brisure n°1 et 2
" Brisure n°3 et 4
" Farines basses du riz ** Blanc
** Cargo
" Balles
55 - 60%
6 - 8
1,5

9 - 10
3
20

25 à 35%
30 à 50


10 à 15

18 à 24

40 à 55%
10 à 30


9 à 15

18 à 24


8. UTILISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS

8.1. Utilisation des produits
8.1.1. En alimentation humaine
" Valeur alimentaire. Le riz étuvé ou converti ont des valeurs alimentaires supérieures à celle du riz blanc ordinaire

COMPOSITION
PADDY
RIZ DÉCORTIQUÉ
" Eau
" Glucides
" Lipides
" Protides
" Matières minérales
13%
73,1%
2,1%
8,2%
3,6%
12%
75 ,5%
1,5%
10%
1,2%
" Valeur énergétique : 350 à 360 calories aux 100g
(Riz décortiqué, riz blanchis)
Elle est très comparable à celle du blé (riz cargo) ou de la farine de blé (riz cargo).
Composition du riz blanchis : moins équilibré
- riche en glucide, cendre et P
- pauvre en protides, lipides, cellulose, Fe, Ca
" Teneur en vitamines
Riz cargo : - assez pourvu en vitamines B.E.
- négligeable en vitamines A, C et D
Le blanchiment réduit considérablement le taux de vitamines
Le lavage avant cuisson et la cuisson avec excès réduisent de près de moitié les vitamines du riz
" La consommation
La consommation exclusive de riz blanchi provoque le béribéri dû à l'absence quasi-totale de vitamines et de la thiamine
Lutte contre cette maladie :
- Remonter le taux de la thiamine (1,8 mg par 1 kg de riz) : adjonction de riz cargo au riz blanc
100 g de riz cargo : 0,365 mg de thiamine
100 g de riz blanc : 0,0069 mg de thiamine
- En ajoutant à la ration des produits riches en vitamines (sauce de soja, nuocman, viande, poisson, légumes verts)
8.1.2. Alimentation animale
Les animaux peuvent consommer le paddy et d'autres sous-produits du riz.
8.1.3. Produits de transformation
Le riz peut subir des opérations de transformation dans des industries
Plusieurs produits industriels issus des transformations sont utilisés à des divers fins :
" Distillation - Deux types de procédés :
- Procédés traditionnels : 20 à 35% d'un alcool à 37 - 38°
- Procédés industriels : 40 à 43% d'alcool, de l'acide acétique et du vinaigre, de l'acétone
Les drêches sont utilisées en alimentation animale (1,6 kg sec vaut 1 kg de paddy)
" Boissons alcooliques fermentées
" Brasserie
" Amidonnerie : 50 à 70 % d'amidon extrait des brisures. Les résidus sont utilisés en alimentation animale (2 kg sec pour 1 kg de paddy)
" Des produits pharmaceutiques et des aliments vitaminés
" Huilerie : pour solvants ou pression ou extrait l'huile des premières issues du blanchiment contenant 16 à 22% de matière grasse : huile semi-siccative. Les tourteaux se servent en alimentation animale.
8.2. Utilisation des sous-produits
Les balles de riz servent de combustible et leurs cendres d'engrais
Les brisures, la farine et les sons de riz servent pour alimentation de bétail et des volailles
La paille peut servir de litière et des matières premières dans la fabrication des pâtes à papier.

9. BBIBLIOGRAPHIE

- Mémento de l'Agronome, Ministère de la Coopération française - 1974
- Recueil de Fiches Techniques de l'Agriculture spéciale - Tome 1, Paul Hubert - BDPA - Agence Madagascar
- Le Riz, A. Angladette - GP Maisonnette et Larose - 1966
- Riziculture pratique 1 - Riz irrigué - P P.Dobelmann Agence de Coopération culturel et Technique - Presses universitaires de France - 1980
- Discours de la Méthode du riz - SRI
Patrick Vallois - Institut de Promotion de la Nouvelle Riziculture - ANTANANARIVO 1966
- Liste descriptive de variétés de riz
FOFIFA - Département de Recherche Agronomique 1985
- Fiches techniques :
¢ Ireo karazam-bary vaovao ho an'ny faritra Avaratra, Andrefana, Atsimo, Ampovoan-tany, etc…
¢ Protection des cultures n°33/1992, 31/1992
FOFIFA : - Département de Recherche Riziculture
- Département DPV - Recherches Scientifiques
- Mamboly vary an-koraka - FORMAGRI - New Print