RIZICULTURE
AMÉLIORÉE
Famille : Graminées
Nom latin : Oryza Sativa
Nom malgache : Vary an-drano
|
1.
BUTS DE LA CULTURE
Le riz est la céréale la plus cultivée
et importante dans le monde. Il entre dans l'alimentation humaine
et constitue une nourriture de base pour la grande partie de
la population et surtout pour les malgaches.
A part cet emploi, il sert à fabriquer de l'alcool, de
l'amidon, du glucose, de l'acide acétique et du vinaigre,
de l'acétone, de l'huile, des produits pharmaceutiques,
des aliments vitaminés, etc.
Les déchets et sous-produits du riz servent :
" d'alimentation des animaux (paddy, brisures, farine et
pailles)
" de litière et de matière première
pour la fabrication de pâte à papier (les pailles)
" de combustible (balles de riz)
" d'engrais (cendres des combustibles).
2. BOTANIQUE
2.1. Origine et morphologie du riz
Le riz possède deux origines différentes
: Asiatique et africaine.
Il appartient à la famille des graminées et au
genre Oriza sativa.
On distingue deux sous espèces :
" Oryza japonica : grains ronds, paille courte
" Oryza indica : grains longs et minces, tige de grande
taille.
2.2. Description
2.2.1. Les organes végétatifs
Les racines ont un système fasciculé.
Au début de la germination, la première racine
est la radicule. Pourvue tout d'abord d'un manchon de poils
absorbants, elle se ramifie dès qu'elle atteint 2 à
3cm de longueur et constitue les racines primaires issues du
grain. Ces racines ont une vie éphémère.
C'est surtout dans les 15 premiers centimètres du sol
qu'il y a plus de racines.
Des racines secondaires apparaissent au cours de la croissance
de la plante. Elles prennent naissance sur les premiers bourgeons
(nuds) de la base de la tige qui peuvent se développer
sur des nuds supérieurs de la tige et formant de
véritables racines adventives.
En tout, un pied de riz comprend plus de 2000 racines, dont
chaque racine porte 10 à 30 radicelles et ces dernières
portent elles-mêmes de très nombreux poils absorbants.
(Fig. 1 - 2)
La tige :
La première ébauche de la tige au moment
de la germination est la tigelle. Elle est entourée à
sa sortie de l'embryon par un fourreau de couleur pâle,
le coléoptile
La première feuille apparaît après le coléoptile
d'une forme cylindrique. A maturité, la hauteur de la
tige se mesure à partir du niveau du sol, c'est à
dire du collet, à l'extrémité des panicules.
La tige est divisée en :
" Entre-nud :
- court à la base
- plus grand vers le sommet
- l'entre-nud donne des tiges secondaires, puis tertiaires,
etc. formant le tallage du riz, atteint son allongement maximal
au moment de la floraison et porte la panicule (le dernier entre-nud
supérieur)
" Nud qui sépare les entre-nuds
Une touffe de riz a de 3 à 60 tiges qui peuvent atteindre
de 50 cm à 1,5m de long selon les variétés.
La coloration de la tige varie suivant les variétés
et aussi suivant le stade de végétation qui est
définitive après la floraison. Le rôle essentiel
de la tige est de pouvoir émettre en cours de végétation
des tiges secondaires ou talles
(Fig. 3)
Les talles
A la partie inférieure de la tige primaire, et
à la base de chaque feuille, se trouve un bourgeon qui
normalement donne naissance à une tige secondaire, ou
talle. Les bourgeons de ce talle donnent naissance à
des tiges tertiaires, quaternaires, etc. C'est l'ensemble de
ces talles qui constitue, à partir d'un seul plant, la
touffe de riz.
Le repiquage des plants jeunes fournit le maximum de tiges fertiles.
Les principes du SRA favorisent l'abondance du tallage, facteur
primordial de haut rendement. Les plants trop vieux limitent
le nombre de talles donc moins productifs.
(Fig. 4)
La feuille
Une tige de riz fournit au cours de sa croissance 10
à 20 feuilles dont 5 à 10 seulement vivent et
les autres se dessèchent au fur et à mesure du
développement de la plante.
La dernière feuille avant la panicule s'appelle feuille
paniculaire.
Les principaux organes de la feuille sont : le limbe, la gaine
dont la séparation est marquée par une ligule
et une auricule. Les feuilles ont 8 à 15 mm de large
et de 30 cm à 1m de long suivant les variétés.
(Fig. 5 - 6)
2.2.2. Les organes de reproduction
La panicule
Elle a une longueur de 10 à 40 cm. La description et
la reconnaissance d'une variété reposent principalement
sur la morphologie de la panicule. Sa taille est limitée
par le nud de la feuille paniculaire à sa partie
inférieure et par le dernier grain à la partie
supérieure. La pédoncule ou collet est la partie
comprise entre le nud paniculaire et la première
ramification ; l'axe qui le prolonge et qui porte les ramifications
s'appelle rachis. La limite entre le pédoncule et le
rachis est marquée par le nud paniculaire.
Sur le rachis se trouvent les ramifications primaires ou racènes,
se subdivisant en ramifications secondaires ou racémules.
Les racémules supportent les épillets ou grains,
eux-mêmes rattachés au racémules par un
pédicelle.
Le port de la panicule se définit à la maturité,
fermé ou compact, lâche, ouvert.
(Fig. 7 - 8 - 9 - 10)
L'épillet
Son nombre est variable et peut atteindre une centaine
communément il est appelé grain et rattaché
aux racémules par un pédicelle.
La forme du pédicelle (droit ou oblique) détermine
la plus ou moins grande facilité du grain de pouvoir
se détacher de la panicule. Les variétés
à pédicelle oblique et épais sont difficiles
à battre.
L'épillet porte deux glumes à la partie inférieure.
Le grain lui-même est enveloppé par deux glumelles
qui donnent la balle de riz au moment du décorticage.
A l'extrémité supérieure de l'épillet,
la réunion des deux glumelles forme le bec ou apex.
La barbe ou aristation est le prolongement de la nervure centrale
de la glumelle inférieure. Certaines variétés
ont des épillets barbus. Elles sont appelées aristes
et celles sans barbes sont dites mutiques. Les glumelles sont,
suivant les variétés plus ou moins épaisses
ce qui a pour effet d'agir sur la durée de la germination,
le poids spécifique du paddy et son rendement à
l'usinage (en moyenne 100 kg de paddy contiennent 20 kg de balles).
L'épaisseur des glumelles joue également un rôle
de protection contre la pénétration des insectes
du grain (charançon).
(Fig. 11 - 12)
La fleur
Chaque épillet possède une fleur. Elle
est autogamie, c'est à dire présentant des organes
mâles et femelles. Les organes mâles comprennent
six étamines. Les organes femelles sont constitués
par l'ovaire surmonté de deux stigmates plumeux.
La période de fécondation s'appelle anthèse.
Le développement de l'ovaire, après fécondation,
donne naissance au grain comportant le caryopse avec ses téguments
et l'embryon.
(Fig. 11 -13)
Le grain ou paddy
C'est le fruit obtenu après la fécondation
de l'ovaire. Le grain de riz est constitué par :
" les enveloppes : glumes et glumelles
" les téguments
" le caryopse ou albumen contenant de l'amidon
" l'embryon.
Le riz cargo est le grain débarrassé de ses enveloppes
externes, après décorticage. Le riz blanchi est
le grain débarrassé de ses téguments après
blanchissage. Les téguments donnent le son et la farine.
Sur la partie externe du caryopse, on trouve le tégument
ou péricarpe.
Ce tégument coloré en rouge donne les variétés
dites "riz rouge ". Et cette couleur disparaît
plus ou moins pendant l'opération de blanchissement.
(Fig. 14 - 15)
L'albumen
C'est la partie comestible du riz constituée
par des cellules amidonneuses opaques ou translucides suivant
les variétés. Ce caractère de translucidité
est extrêmement important pour le commerce des riz de
luxe.
Les grains à stade de développement non complet
donnent les grains verts qui sont réduits en farine lors
du blanchiment. Ces grains verts se trouvent à la base
de la panicule et sur les talles les plus tardifs.
L'embryon
Il est situé sous la glumelle inférieure,
à la base de l'albumen et contient déjà
tous les organes différenciés de la future plante.
Il disparaît au moment du blanchiment donnant alors sur
l'amande une petite cavité concave dite alvéole
embryonnaire. Suivant la brutalité du blanchiment, cette
concavité peut disparaître donnant des grains blanchis
"écorné " ou "étêté
".
Le format d'un riz blanchi est défini par sa longueur,
sa largeur et le rapport Longueur/Largeur.
Dimension minimale du riz d'exportation :
" longueur : 8,5mm
" rapport Longueur/Largeur : supérieur à
3mm.
2.2.3. La croissance du riz
Les différentes phases végétatives
du riz entre le semis et la maturité sont :
" la germination
" le tallage
" l'épiaison/floraison
" la maturité
2.2.3.1. - La germination
L'embryon, à l'état de vie latente pendant
toute la durée de stockage du grain, germe dès
qu'il rencontre une humidité suffisante.
Pour que les graines germent, il faut une température
optimum de 30 à 35°C et qu'ils renferment au moins
50% de leur poids en eau ? Les grains de riz peuvent germer
sous l'eau.
On estime également qu'il n'y a pas de possibilité
de germination à des températures moyennes inférieures
à 13°C. La rapidité de développement
de la tigelle dépend essentiellement de la température.
La qualité de germination d'une bonne semence est caractérisée
par sa faculté et son énergie germinative.
Le développement d'un plant de riz, entre le début
de la germination et la phase de tallage, suit, pour des mêmes
conditions de milieu, une croissance très régulière
en poids et en taille. Quand les conditions sont satisfaites,
la radicule apparaît en 24 h puis, lors du 2ème
jour, la tigelle commence à poindre. Vers le 5ème
jour, la première feuille apparaît. Vers le 10ème
jour le collet émet deux racines nouvelles. Puis la tige
et les racines croisent en longueur. C'est la taille et le diamètre
au collet qui déterminent au stade pépinière,
le moment de la date de transplantation.
(Fig. 16,17, 18, 19, 20)
2.2.3.2. - Le tallage
C'est la période de croissance où le riz
a la possibilité d'émettre des tiges secondaires
et tertiaires donnant naissance à autant de panicules.
Le tallage commence une quinzaine de jours après le semis
et se poursuit jusqu'à la floraison. C'est pendant cette
phase que le riz est le plus sensible aux soins culturaux, notamment
aux sarclages et aux apports d'engrais azotés en couverture.
Au moment du repiquage, la tige primaire, issue de l'embryon
disparaît presque totalement, seuls survivent les nuds
de la base d'où partiront de nouveaux talles. L'émission
de ces nouveaux talles, lente au début, devient de plus
en plus rapides, chaque tige nouvelle produisant de nouveaux
talles. Environ 50 à 60 jours après le repiquage,
les touffent couvrent totalement les espaces entre plants si
les écartements sont normaux.
L'importance du tallage est fonction de la variété,
de la richesse du sol, de la température, de l'éclairement
et du nombre de brin par touffe.
( Fig. 21)
2.2.3.3. - L'épiaison - floraison
Elle débute 2 à 5 semaines après
le tallage. Les premiers signes et différents stades
de l'épiage :
" Renflement de la partie supérieure de la tige,
formant un "ventre "
" Après quelques jours, la panicule émerge
de la feuille paniculaire et de l'inflorescence sur les tiges
les plus vieilles, c'est la montaison.
" Ouverture des glumelles (fleurs) durant deux heures au
maximum. Apparition des étamines à l'extérieur,
c'est la floraison.
" La pollinisation ou la fécondation qui ne se fait
que par beau temps, sans vent. 10 jours après la fécondation,
les grains sont formés.
La phase d'épiaison - floraison est une des plus critiques
dans la vie de la plante, de mauvaises conditions de culture
ou de milieu pouvant provoquer un avortement partiel ou total
de la panicule.
(Fig. 22)
2.2.3.4. - La maturité
La phase de maturation a lieu 20 à 40 jours après
la floraison si les conditions climatiques sont favorables.
Les signes de maturité du riz :
Après la fécondation, le caryopse prend
rapidement son format définitif, alors que sa contexture
est encore laiteuse puis pâteuse et enfin dure consistante
et craquante au moment de la pleine maturité. Les variétés
hâtives mûrissent plus vite que les variétés
à cycle long.
La maturité se fait progressivement du haut vers le bas
de la panicule : les grains de l'extrémité supérieure
de la panicule mûrissent en premier.
L'état de maturité se définit par l'état
de dureté du grain aux différents étages
de la panicule.
(Fig. 22)
2.3. - Le cycle végétatif
Le cycle végétatif du riz varie considérablement
de 4 mois à plus d'une année suivant les différentes
conditions. Mais en culture normale, avec des variétés
sélectionnées, ce cycle végétatif
varie de 120 à 180 jours dans la majorité des
cas.
La connaissance des différentes phases de la végétation
du riz amène à la notion extrêmement importante
du cycle végétatif puisqu'elle conditionne l'introduction
et l'adaptation des différentes variétés
d'une région à une autre. Pour une même
variété, le cycle végétatif peut
être profondément modifié par les conditions
climatiques, culturales et techniques culturales.
2.3.1. Les facteurs climatiques
Les conditions climatiques modifient le cycle végétatif
du riz. Ce sont essentiellement le lieu et la saison de culture.
Le climat d'une région est conditionné par sa
position géographique en latitude et en altitude déterminant
des températures, des durées d'insolation et de
longueur du jour. Ces éléments sont également
modifiés par la saison. En matière d'éclairement,
le facteur ombrage n'est pas négligeable et la proximité
en rizière d'une bordure de grands arbres peut modifier
la longueur du cycle et même les rendements. A partir
d'un déficit d'ensoleillement de 40%, la baisse de rendement
est de 25 %.
2.3.2. - Les conditions culturales
Elles modifient également le cycle végétatif.
" Le choix des variétés
" Le mode de culture (sèche ou irrigué)
" La saison (fraîche à température
trop basse et de la diminution de la longueur du jour)
" Pour les cultures de contre saison, le choix des variétés
est de ce fait très important.
2.3.3. - Les techniques culturales
Elles peuvent modifier la longueur du cycle végétatif
de quelques jours.
" L'action retardatrice du repiquage
" Le semis direct par rapport au repiquage (transplantation)
favorisant le développement du tallage.
" La densité de plantation. Les riz repiqués
à grands écartement ont un tallage plus abondant,
leur cycle s'allonge.
" Mauvaises façons culturales telles que : sols
mal ameublis, carence en azote, absence de sarclage, sécheresse
prolongée qui abrègent le cycle. La diminution
de la durée du cycle, consécutive à de
mauvaises façons culturales, s'accompagne toujours d'une
baisse de rendement.
2.3.4. - Les riz de repousses
A Madagascar, on distingue très nettement deux
types de repousses :
- repousses vraies : afimbary ( descendant du riz)
- repousses issues de la semence tombée du sol : mondra
2.3.4.1 - Repousses vraies
A la maturité du riz et après la coupe,
la plante peu émettre de nouveaux talles et donner un
petit regain, si l'humidité du sol est suffisante.
La maturité de ces nouvelles panicules s'observe entre
50 et 70 jours après la coupe, suivant les variétés
; il s'agit donc bien de talles déjà existantes
avant la récolte et dont la fructification n'a été
possible que grâce à la coupe
Cette seconde récolte est en général très
faible et ne justifie pas l'immobilisation du sol.
2.3.4.2. - Repousses issues de la semences tombée
ausol
Les repousses qui ont pour origine les grains tombés
au sol au moment de la récolte. Elles sont issues de
variétés de riz facilement égrenable qui
perd ses grains au moment de la moisson. Si le sol est encore
humide, ce semis naturel peut donner lieu à une végétation
dense qui se développera au début de la prochaine
saison de pluies.
Le principal intérêt des riz de repousses est de
fournir un bon pâturage en fin de saison, époque
critique par excellence pour le bétail.
2.4. L'adaptation culturale
Le riz est une plante prête à être
adaptée à plusieurs conditions :
" Formes de rizicultures pratiquées (culture irriguée,
culture sèche)
" Techniques très différentes (repiquages,
semis direct).
On peut citer également l'étonnante adaptabilité
du riz aux conditions défavorables du milieu ou des techniques
:
" Cultures sur sols salins, sur marais, sur pentes
" Résistance plus ou moins à la submersion,
et surtout à la sécheresse
" Mauvaises techniques culturales : semis à la volée
non enfoui, méconnaissance du calendrier agricole, absence
de sarclage etc.
Ceci toujours au détriment du potentiel de productivité
de la plante, mais permettant néanmoins d'obtenir une
petite récolte avec de faibles moyens.
3. ÉCOLOGIE
3.1. Climat
3.1.1. Besoins en chaleur
" A la germination :
- 14 - 16°C : minimum
- 30 - 35°C : :optimum
- 42°C : maximum
" Au tallage :
- 16 - 18°C : minimum
- 28° - 30°C : optimum
" A la floraison et à la pollinisation :
- 22°C : minimum
- 27°- 29°C : optimum
" A la maturation :
- 19 - 25°C : optimum
Les températures durant le cycle végétatif
se situent entre
- 16 - 20°C : minimum :
- 28 - 30°C : : optimum
Une température supérieure à 40°C est
nuisible pour le riz
Température de l'eau de la rizière :
- 13 - 14°C : minimum
- 30 - 34°C : optimum
- 38 - 40°C : maximum
- à 50° C : la plante meurt
3.1.2. Besoins en eau
En culture pluviale, pendant la période végétative,
le riz a besoin de :
" 160 à 300 mm d'eau par mois soit,
" 1000 à 1800 mm pour la totalité
En culture irriguée :
" Sur sol submergé jusqu'à la maturation,
le riz a besoin pour la totalité de 12000 à 20.000
m3/ha/an
Les périodes critiques pour l'eau sont :
- le tallage
- l'épiaison et la montaison
- la maturation
Les besoins en eau sont en corrélation avec la nature
du sol : sur sols argilo-limoneux, on peut cultiver le riz seulement
avec 800 à 1000 mm d'eau.
3.1.3. - Hygrométrie
Une certaine sécheresse atmosphérique
est favorable au riz irrigué.
" La floraison exige 70 à 80 % d'hygrométrie
" Le vent léger a une action favorable au riz
" Les vents trop forts provoquent des dégâts.
3.1.4. - Besoins en lumière
Le riz demande beaucoup de lumière
Le photopériodisme a une forte influence sur la durée
du cycle et le rendement
3.1.5. Besoins en altitude
Le riz pousse aussi bien au niveau de la mer qu'en altitude
(1800 m à Madagascar) pourvu que les conditions précédentes
concernant surtout la chaleur et l'eau soient satisfaites.
3.2. Sols
Le riz préfère les sols à texture
fine de :
" 40 à 60 % d'argile
" 9 à 7 de pH
Sol idéal :
" Culture sèche : sol riche, meuble, limoneux ou
limono-argileux.
" Culture aquatique : sol plus argileux (50%) alluvionnaires,
argiles noires tropicales, ferralitique et organique.
Sol défavorable :
" présence de sulfures ou de sulfates
4. - LES VARIÉTÉS
4.1. Classification générale des variétés
d'Oryza sativa
Les premières classifications basées sur
un nombre très restreint de variétés, faisaient
essentiellement appel à des caractères qualitatifs
:
" Présence ou absence de barbe, couleur des glumelles
et de l'arête, couleur du caryopse (par Alefeld en 1866)
" Texture de l'endosperme, taille et forme de grains présence
ou absence de barbe, couleur du caryopse, couleur des glumelles
(par Kornicke en 1885)
" Introduction de la notion de pourcentage de stérilité
d'hybrides de certaines variétés, se fondant sur
des caractéristiques morphologiques, sérodiagnostiques
et génétiques (botanistes japonais en 1925 et
1928).
D'où classification de la variété Oryza
sativa en deux sous espèces : Japonica et Indica.
" Combinaison avec la notion de longueur du caryopse :
- L 4mm
- L 4mm .
Entre les variétés Japonica et Indica il existe
un groupe intermédiaire.
Types ou groupe de classification.
Type A : Japonica :Variétés du Japon, de Corée,
Mandchourie, Chine centrale et septentrionale
Type B : Indica : Variétés de l'Inde, de la péninsule
indochinoise, chine méridionale et occidentale
|
Type intermédiaire : "Bulu",
variétés de Java de Sumatra, Philippines, Europe et
Amérique
| Caractères |
Type A
(Japonica)
|
Type B
(" bulu ")
|
Type C
(Indica)
|
| 1) Format du grain |
Court |
Épais |
Long |
| 2) Longueur 1ère feuille et angle avec
2ème feuille |
Courte, aïgu |
Longue, aïgu |
Longue, ouvert |
| 3) Couleur du corps de la plante et rigidité |
Très coloré et rigide |
Pâle et rigide |
Pâle et non rigide |
| 4) Angle de la feuille paniculaire et degré
d'émergence, au-dessus du nud de plus élevé |
Moyen, moyennement émergé |
Large , pas émergé |
Petit, bien émergé |
| 5) Forme de la feuille paniculaire |
Étroite et courte |
Large et longue |
Étroite et longue |
| 6) Nombre et port des talles |
Nombreuses et érigées |
Peu nombreuses et érigés |
Nombreuses et étalées |
| 7) Pubescence des feuilles et des glumelles |
Très pubescentes, glabres |
Très pubescentes, peu pubescentes |
Peu pubescentes, très pubescentes |
| 8) Barbe et égrenage |
Sans, nul |
Barbu, nul |
Sans, important |
| 9) Nombre d'épillets poids |
Nombreux et lourds |
Peu nombreux et lourds |
Nombreux et légers |
| 10) Longueur de la tige et de l'inflorescence |
Courte, courte |
Longue, longue |
Longue, moyenne |
| 11) Ramification des rachis et densité
de l'inflorescence |
Peu ramifiés, dense |
Très ramifié, moyennement dense |
Moyennement ramifiés moyennement dense |
|
4.2. - Caractères généraux
spécifiques aux variétés
Toutes les variétés possèdent des défauts
et des qualités, et l'art de sélectionner consiste à
éliminer les caractères défavorables au point
de vue agronomique ou commercial et à isoler, dans un cadre
et un but bien déterminé, les variétés
les plus aptes à satisfaire les désirs de l'agriculteur
et les exigences du consommateur.
Les caractères bien spécifiques :
" au point de vue agronomique : résistance à la
verse et à l'égrenage
" au point de vue technologique : résistance à
la brisure, taux de translucidité, productivité comparée
suivant les mêmes conditions de sol et de techniques culturales.
" Causes mécaniques qui accentuent la sensibilité
du caractère variétal de résistance : le vent,
la pluie 4.2.1. La verse
C'est la propension plus ou moins grande du riz à se coucher
sur le sol lorsqu'il atteint son plein développement végétatif.
Elle s'observe en général à partir du moment
de la floraison jusqu'à la maturité.
Les variétés à pailles courtes versent beaucoup
moins que celles à paille longue.
Les insectes foreurs de tige (Borer) favorisent le phénomène
de la verse.
La perte de la verse atteint plus de 30% si elle se produit au moment
de la floraison.
Lutte : utilisation de variété à paille courte,
pratique de l'écimage.
Classement de quelques variétés issu d'un essai
effectué à Marovoay en 1970 (résistance à
la verse)
|
VARIÉTÉS
|
CLASSEMENT
|
Boina 1329
" Ali Kombo
" Alibe
" Tsipala |
- Très résistante
- Résistante
- Moyennement résistante
- Sensible
|
4.2.2.- L'égrenage
Un riz est dit facilement égrenable lorsqu'il perd
ses grains au moment de la moisson. C'est un caractère spécifiquement
variétal dû à la conformation et surtout à
la texture des tissus formant la cupule, support qui relie le pédicelle
à l'épillet..
En principe les variétés peu égrenables possèdent
une facette oblique alors que les variétés sensibles
ont un support horizontal. Pourtant il est assez mal commode de
mesurer la résistance à l'égrenage d'une variété.
Il semble plus pratique de faire des comptages des grains tombés
sur le sol après la récolte. Une trop grande résistance
à l'égrenage entraîne une difficulté
de battage (surtout la pratique manuelle).
4.2.3. Résistance à la brisure
C'est le clivage et la cassure de grain dans son enveloppe
pouvant se produire en dehors de l'usinage, du à l'humidification
et à la dessiccation au cours de récolte et du séchage.
Cette brisure de grain due au soleil est encore appelée suncraking.
Elle est plus ou moins accusée suivant les variétés
mais qui est accentuée aux mauvaises techniques de séchage
du paddy après la coupe. La résistance à la
brisure est donc un caractère variétal.
" Les variétés crayeuses brisent plus que celles
translucides
" Certaines variétés à grains ronds sont
parfois moins résistantes que les variétés
à grains longs.
Ce caractère de résistance à la brisure est
extrêmement important au point de vue commerce de riz (variété
de riz de luxe, " vary lava " remplacés peu à
peu par " Ali Kombo ".
4.2.4. Translucidité
C'est le caractère variétal apprécié
pour le riz de luxe. Les grains opaques sont dit crayeux. On l'appelle
"centre blanc " si une partie seulement de l'albumen est
marquée par une tache centrale.
Estimation de translucidité d'un grain.
" 65 à 95% : excellent
" 50 à 65% : moyenne
" Inférieur à 50% : mauvaise.
Les variétés malgaches les plus translucides sont
: Tsipala, Makalioka, riz long Ali kombo. Technique d'amélioration
de la translucidité du grain : arrêt de l'irrigation
et assèchement de la parcelle avant maturité
4.3. Les variétés de riz de Madagascar
4.3.1. Historique
Madagascar est un pays de civilisation rizicole. En 1504,
les navigateurs portugais s'approvisionnaient en riz dans les ports
de la Côte Nord-Ouest (baie de Mahajamba). En 1804, un botaniste
Chapelier a pu recensé dans la région de Toamasina
14 variétés de riz inondé dont certaines sont
encore connues aujourd'hui : vary Lava, Vary morona, Vary Lamba,
etc.
En 1966, les collections du Lac Alaotra comptent plus de 1300 variétés,
ce qui montre le nombre considérable de variétés
de riz existant à Madagascar. Les premières sélections
ont été effectuées au sein des populations
locales dans le but d'obtenir des variétés stables.
Ce principe a été possible grâce à la
création des premières stations agricoles (Ivoloina,
Nanisana, Lac Alaotra et Marovoay). La première sélection
des Vary Lava fut effectuée en 1932..
Après la seconde guerre mondiale, un programme intensif de
recherches rizicoles est mis en place dans les stations de Lac Alaotra
et de Marovoay. C'est à partir de prospection et de sélection
d'hybridation et d'introduction de l'extérieur que furent
créées les principales variétés améliorées
et stabilisées actuellement offerte à la riziculture
malgache.
Cependant, les variétés locales non sélectionnées
prédominant encore très largement. Les variétés
améliorées à haut rendement n'occupent que
seulement quelques dizaines d'hectares
Les causes en sont plusieurs à savoir :
" variété des centres multiplicateurs de semences
" difficultés de la vulgarisation
" échecs rencontrés avec les nouvelles variétés
en raison de technique culturales inadaptées
4.3.2. Choix variétal
Le choix variétal est important, en effet, certaines
variétés répondent mieux que d'autres aux apports
d'engrais. Des analyses sur la croissance du rendement du riz Japonica
et Indica ont confirmé les points suivants :
" Le riz de type Japonica : est très productif avec
de fortes fumures et des repiquages peu denses
" Le riz type Indica : produit beaucoup de paille par fertilisation
assez faible.
Toutefois, l'amélioration du rendement est déterminée
par :
" l'augmentation du nombre de panicules
" le poids des grains par épi (poids des panicules)
4.3.3. - Caractéristiques d'une bonne variété
Les caractéristiques que doit présenter une
variété pour être choisie comme pouvant être
vulgarisée sont les suivantes :
" Forte production dans les conditions où elle sera
cultivée (pluviale, ou irriguée)
" Résistance à la verse
" Résistance aux maladies
" Grains fermes dans les glumes, sans cependant rendre difficile
le battage.
" Grains translucides peu cassants à l'usinage, généralement
grains longs.
De plus, suivant le type de culture et l'environnement, les variétés
à cycle plus ou moins court est à rechercher. Une
variété convenable pour un milieu doit présenter
un cycle végétatif dont la durée correspond
:
" aux conditions de ce milieu,
" à la saison de pluies pour le riz pluvial,
" à la possibilité de disposer d'eau d'irrigation
pour le riz irrigué.
Les variétés peu sensibles au photopériodisme
sont également à rechercher (variétés
à cycle court ou moyen), afin d'alléger la contrainte
du calendrier cultural.
4.3.4. Les principales variétés
Dans les pays tropicaux, on peut rencontrer :
" Variétés de luxe à grain long, pour
commerce international
" Variétés à grains translucides (Ali
Kombo de Madagascar)
" Variétés à grain rond (espèce
Japonica)
" Variétés locales à grains longs ou demi-longs
(espèce Indica) (type Patna à Madagascar), qui jouissent
d'une certaine acceptation internationale sensible au photopériodisme,
répondant relativement peu à la fumure. Elles plafonnent
un peu au point de vue rendement (Tsipala 421 ou 462, Rojofotsy
1285, à rendement de 5,5 T à 6 T/ ha avec fumure)
" Variétés Indica à paille naine, bien
dressées, peuvent être hautement productives si elles
sont placées dans de très bonnes conditions de culture
(IR8, IR5, Taichung Native N°1 et N°2). Elles sont à
cycle relativement court, peu sensible au photopériodisme,
répondant fortement à l'engrais, moins rustiques,
exigent une amélioration du milieu et des techniques culturales
et une maîtrise de l'eau. Elles sont sensibles aux maladies.
4.3.5. - Les variétés conseillées (Madagascar)
|
|
Régions de culture
|
Nom des variétés
|
Caractéristique
|
Lac Alaotra
|
" Makalioka 34
(MK 34)
" 1055
" Bekasaka
" 1632
" 462
|
" Bonne culture précoce
" Demi - long - translucide
" Semis tardif - Riz d'Égypte
" Fin - très translucide
" Cycle moyen
" Double culture
" Demande maîtrise d'eau totale
|
| Côte Est |
" 1005
" M K 34
|
" Double culture |
Hauts Plateaux
- Antananarivo
- Fianarantsoa
|
" 342 (2°saison)
" 1285 (1°, 2° saison)
" 1632
" AC
" 1318
" 1632
" Ambalalava
|
" Riz de remplacement de Rojofotsy
" Rustique
" Productifs mais versales
" Japonica (riziculture très bien conduite)
" Très bonne réponse à la fumure
" Résistant à la piriculariose
" Versant Ouest
" Versant Est
|
| Côte Ouest - Mahajanga |
" AC
" Alikely
" TA
" MK 34 |
" Culture bien irriguée
" Asara, plus ou moins irrigué
" Altitude
|
Nord
- Antsiranana
|
" 1329
" 109 |
" En Montagne d'Ambre
" à Ambilobe
|
Sud
- Toliary
|
" 996
" 752
" AC
" TA
" Kalila |
" Saison Tsipala
" Toute saison
|
|
|
5. TECHNIQUES CULTURALES
Les techniques suivantes ont été proposées
afin de pouvoir réaliser un bon rendement :
" contrôle de l'eau : irrigation, drainage
" nivellement soigné des rizières
" fertilisation judicieuse des sols
" respect du meilleur calendrier rizicole
" techniques culturales appropriées : densité
de repiquage, sarclage soigné, etc.
" bon choix de variétés productives
" lutte contre les ennemis du riz
" succession culturale intensive : double culture sur le même
terrain, dans la même année.
5.1. Pépinière
5.1.1. Ses objectifs
" Obtenir des plants vigoureux et sains c'est à
dire des plants qui ont l'âge le plus jeune possible
" Avoir des plants atteignant une hauteur suffisante : 20 cm
(pour supporter la mise en eau des rizières)
" Avoir des plants présentant une tige dure de section
ovale supportant bien la transplantation
" Obtenir des plants possédant un volume végétal
important (grosses tiges, feuilles larges et bien vertes, système
radiculaire puissant)
" Donner des plants portant des bourgeons auxiliaires jeunes
et turgescents, gage d'un tallage abondant et précoce
" Donner des plants sains ne portant ni maladies ni parasites
susceptibles d'affaiblir les plants.
5.1.2. Ses principes
" Labour à l'angady
" Fumure :
- apport de fumier 50 à 150 kg/are
- apport d'engrais minéraux :
¢ Azote 0,5 unité/are N
¢ Phosphore 0,8 unité/are P2O5
¢ Potasse : 1,2 unité/are K2O
" Mise en boue : très poussée à la houe
rotative (travail profond dans 5cm d'eau)
" Planage : parfait à la planeuse à bras et à
la planeuse à la main
" Semis sur boue fluide, avec prégermination et à
densité faible : 8 à 12 kg à l'are
" Conduite de l'eau rigoureuse (terre saturée pendant
5 jours, puis admission la nuit pendant 5 jours ensuite irrigation
normale)
" Traitement en cas d'apparition de poux de riz..
5.1.3. Ses impératifs
Pour pouvoir pratiquer la technique de la pépinière
améliorée, il faut :
" disposer de pépinière où la sortie et
l'entrée de l'eau peuvent être réglées
à volonté
" disposer d'engrais et d'insecticide
" disposer des petits matériels tels que : houe rotative,
poudreuse à soufflet, planeuse à bras, planeuse à
main
" suivre les conseils en matière de : préparation,
dates de semis, conduite de l'eau, etc.
5.1.4. Les réalisations de la pépinière
5.1.4.1. Choix des pépinières
" Sol : - Bonne terre de rizière facile à
travailler
- Éviter les terres marécageuses et sableuses
- Sol argileux
" Bonne maîtrise d'eau
" A proximité de la rizière à repiquer
" Situation : - à proximité du logis en vue d'une
surveillance régulière
- à l'abri du vent et des grands froids
" Superficies : 3 ares de pépinière pour 1 ha
de rizière à repiquer
5.1.4.2. Préparation de la pépinière
" Aménagement hydraulique
La pépinière doit avoir une arrivée et une
sortie d'eau indépendante, c'est à dire un canal d'irrigation
et de drainage ou de drain d'évacuation
" Travaux du sol et fumure
Pour bien exécuter le semis sur boue fluide, les débris
végétaux et le fumier doivent être enfouis profondément
et longtemps à l'avance. Il faut donc apporter le fumier
et l'enfouir bien avant la date du semis.
Quelques jours avant labour :
- assécher la pépinière si nécessaire
- arracher les mauvaises herbes
- apporter le fumier du parc ou la poudrette et l'épandre
uniformément :
150 kg/are
- effectuer un labour profond de 10 à 20 cm lorsque la pépinière
est bien ressuyée
- diviser par des fossés définitifs ou des diguettes
toute pépinière trop grande en bandes de 4 à
5m de large. Cette disposition est indispensable pour exécuter
le planage de finition et le semis en se tenant sur le bord de la
pépinière (diguette ou fossé).
" Mise en boue et planage
- émottage à sec : 3 à 5 jours avant la date
prévue pour le semis, combler les trous, supprimer les bosses
- vérification du réseau d'irrigation et de drainage
- mise en eau de la pépinière : sous environ 5cm d'eau.
Pour que le sol soit bien imbibé, il faut laisser 3 jours
en eau avant d'entreprendre la mise en boue et le planage
- mise en boue : s'effectue par passages successifs de la houe rotative
le matin du semis dans 5cm d'eau.
Pour vérifier le degré de mise en boue, on plane avec
la planeuse à main un angle de la pépinière
et on jette des graines :
¢ si elles grêlent le sol, la mise en boue est suffisante
¢ si elles restent en surface, la mise en boue doit être
améliorée.
- Épandage de l'engrais : ne laisser que 2 à 3cm d'eau
et épandre les engrais :
¢ 2kg/are de sulfate d'ammoniaque
¢ 3,5 kg/are de phosphate d'os
¢ 2kg/are de carbone de potasse
Un premier passage de houe suffira à enfouir légèrement
l'engrais
- Planage de finition :
¢ niveler soigneusement avec la planeuse à bras (bois
rond, petit madrier et enlever encore un peu d'eau
¢ terminer le planage avec la planeuse à main en se
tenant sur bord de la pépinière
¢ tracer une rigole tout autour de la pépinière
à l'aide de la planeuse à bras
¢ l'eau s'écoulera complètement et on pourra
semer aussitôt.
(Fig. 23 - 24)
5.1.4.3. Conduite de la pépinière
" Irrigation
Elle est très importante, il faut la visiter fréquemment
et régler l'eau
- Les 5 premiers jours, maintenir la pépinière constamment
humide mais sans eau :
¢ Cas de pépinière qui se fendille : admettre
un peu d'eau sans l'inonder
¢ Cas d'une grosse pluie : admettre doucement d'un cm d'eau
et retirer l'eau le lendemain matin
¢ Cas de la tombée de la pluie avant qu'on ait pu mettre
de l'eau, stabiliser les jeunes plants en saupoudrant de la poudrette
de parc ou de sable fin sur quelques millimètres
- Du 5 au 10ème jour : admettre 2 à 3cm d'eau chaque
soir et la retirer le lendemain matin
- 10 au 30ème jour : laisser l'eau en permanence
¢ 3 à 4cm jusqu'au 15éme jour
¢ 5 à 8cm après
¢ renouveler tous les 3 jours (pour éviter la pullulation
des algues)
" Engrais couverture
- Épandage vers le 15ème jour
- 1kg/are de sulfate d'ammoniaque sur les plants jaunes ou à
densité trop faible
- Apport de fumure azotée, 1,5 kg/are d'urée à
la levée, et 2kg/are d'urée 15 jours après
semis
" Protection contre ennemis et prédateurs
- Traiter la pépinière afin d'éviter les reinfestations
" Arrachage :
- Les plants améliorés doivent être arrachés
en les prenant par le collet (la méthode traditionnelle casse
trop de plants).
- La terre doit être molle (résultat de la mise en
boue bien faite et de l'irrigation bien conduite)
- Le triage est nécessaire afin d'éliminer des bottes,
les plants cassés ou chétifs.
(Fig. 23 - 24)
5.2. Prégermination et semis
5.2.1. Préparation des semences
" Dose : 8 à 12kg/are selon les variétés
" Faire le triage : choisir les bons grains.
5.2.2. Prégermination
" Tremper la quantité de semence nécessaire
dans l'eau pendant 48 heures
" Enlever les grains qui restent en surface (se sont des grains
vides)
" Mettre ensuite les grains tombés au fond dans un sac
sans le remplir (car les grains gonfleront)
" Attacher le sac et l'immerger dans un canal ou un fût
pendant une journée et demie
" Placer le sac mouillé dans un endroit chaud pendant
une journée et demie, ou à l'ombre suivant les régions
(recouvrir de paille ou de bozaka, exposer au soleil, placer dans
un trou chauffé
)
" Lorsque les grains sont bien gonflés et que les germes
apparaissent, on doit semer.
5.2.3. Semis
" Semer dès la fin du planage, sinon la couche
superficielle se ressuie et les graines ne pénètrent
plus dans le sol, par conséquent, il ne faut pas oublier
de faire prégermer à la date du 3è jour qui
précède le semis.
" Projeter régulièrement et par petites poignées
les semences prégermées qui doivent grêler la
terre, c'est à dire s'enfoncer sans toutefois être
complètement recouvertes
" Mesurer avec précision la surface des pépinières
Coefficient de multiplication admis :
|
Zones de culture
|
Superficie en ares
|
|
Pépinières
|
Rizière
|
| Antsirabe - Betafo - Faratsiho - Antanifotsy
- Côte Est |
1
|
20
|
| Fianarantsoa - Ambalavao - Ambohimahasoa |
1
|
35 à 40
|
| Côte Ouest |
1
|
50
|
|
|
5.3. Rizière
5.3.1. Principes et réalisation
5.3.1.1. Maîtrise de l'eau
La riziculture irriguée doit permettre de donner
au riz toute l'eau dont il a besoin." Les rôles de la
submersion de la rizière :
- apporte des éléments nutritifs puis par l'eau sur
son parcours ;
- maintenir la fertilité organique du sol (accumulation d'une
grande masse de matière organique)
- dissout certains composés de phosphore rendant celui ci
plus assimilable
- élimine une grande partie des mauvaises herbes qui ne supportent
pas la submersion ;
- régularise la température de la rizière ;
- apporte aux plants toute l'eau nécessaire.
" L'eau ne doit pas stagner, il faut pouvoir la renouveler
fréquemment par drainage, c'est à dire disposer d'une
entrée et d'une sortie d'eau :
- mettre en place un dispositif d'irrigation et de drainage fonctionnant
à volonté ;
- réaliser un aménagement parfait de la rizière,
excellent planage et diguettes bien établies ;
- adopter un calendrier cultural utilisant aux mieux des disponibilités
en eau
5.3.1.2. Préparation du sol
" Confection des diguettes, curage des canaux d'irrigation
et de drainage
" Épandage de fumier de parc avant le labour : 15 à
20 tonnes/ha
" Labour :
- 20 à 30cm de profondeur
- enfouissement profond des mauvaises herbes
- pour bien aérer le sol
- faire reposer la terre pendant un mois sous forme de grosses mottes
" Pulvérisage à la herse, aux premières
pluies ou en faisant la mise en eau pour :
- supprimer la repousse des mauvaises herbes
- ameublir le sol.
Les hersages croisés sont conseillés pour les sols
submergés
" Mise en boue de la rizière
" Planage du sol à repiquer ou nivellement
(Fig. 23 - 25 - 25 a)
5.3.2. Fertilisation du sol
Pour produire abondamment, le riz a besoin d'azote, de phosphore,
de potasse en quantité suffisante et dans de justes proportions.
Les différentes méthodes pour enrichir la rizière
:
" Enrichissement naturel
- avec les eaux d'irrigation qui apportent des éléments
nutritifs
- avec les pluies de saison chaude qui apportent des quantités
appréciables d'azote
" Restitution du sol avec de la paille de riz (riche en azote
et en potasse)
- enfouissement de 3 tonnes/ha équivalant aux 70 à
100kg de sulfate d'ammoniaque, 20 kg de phosphate tricalcique et
75 kg de chlorure de potasse
" Apport de fumier (assez riche en azote et en potasse)
- 3 tonnes de fumier (ou 10 charrettes) équivalent aux 75
kg de sulfate d'ammoniaque, 30 kg de phosphate tricalcique et 40
kg de chlorure de potasse
" Épandage d'engrais minéraux (avant repiquage)
- NPK 11-22-16 = 300 kg/ha + Urée = 120 kg/ha
- Ou Hyper barren = 300 kg/ha + Urée = 120 kg/ha
- Ou Azolla (riche en azote) - culture de l'azolla dans la rizière
pendant 2 à 3 semaines et ensuite, enfouissement quelques
jours avant le repiquage
(Fig. 25 b)
" Apport en NPK ou hyper barren au moment du repiquage
" Apport de sulfate d'ammoniaque (150 kg/ha) ou d'urée
(67 kg/ha)
(en couverture) :
- 1er apport : 15 jours après repiquage
- 2ème apport : à la montaison.
L'engrais ne doit être vulgarisé que dans la mesure
où les techniques culturales sont satisfaites
" Deux enfouissements d'azolla durant la croissance du riz
(pour le repiquage en ligne, suivi de drainage ou mise à
sec progressive de la rizière).
5.3.3. Le repiquage
" Repiquage en lignes afin de faciliter le sarclage
à la houe rotative permettant à lutte contre les mauvaises
herbes
" Repiquage des plants jeunes de 20 à 25 jours, vigoureux,
sains, à collet plat
" Arrachage dans l'eau sans enlever la terre qui se trouve
sur les racines
" Triage de plants : éliminer les plants trop longs
ou trop courts et sans racine
" Repiquage en boue, en ligne, 1 à 2 brins de 25 x 10
à 15cm de distance
(Fig. 23 - 25 c - 25 d)
5.3.4. Entretiens
" Remplacement des manquants
" Maîtrise de conduite d'eau :
- lame d'eau très mince les 10 premiers jours
- assec pendant deux jours
- lame d'eau de 10 cm lors de la floraison et de l'épiaison
- assèchement complet de la rizière dès l'apparition
du signe de la maturité du riz
" Sarclages mécaniques et systématiques
- 1er sarclage : 15 jours après le repiquage
- 2ème sarclage : 20 jours après de 1er repiquage.
(Fig. 26)
5.4. Récolte
Récolter en bon état de maturité, tenir
compte de l'état de maturité des grains.
5.4.1. Coupe
Pour se développer le grain demande, après
fécondation :
" 28 jours : types Japonica
" 25 jours : types Indica hâtifs
" 35 à 40 jours : types Indica tardifs
L'asséchage de la rizière se fait 15 jours avant la
récolte ou la moisson A l'état de maturité,
les panicules se penchent, les grains de la base sont encore pâteux
et ceux du sommet virent au jaune. Les grains ne doivent être
ni trop mûrs (fendillés) ni verts.
La coupe et la récolte
" Coupe :
- avec faucille : 20 à 30 cm au dessus du sol
- au couteau : 30 à 50 cm sous la panicule (tiges couchées
sur le sol)
- à l'andaineuse ou à la moissonneuse
" Bottelage, séchage des gerbes
- au dessus du sol , 3 à 4 jours
" Confection de tas ou meules recouverts de paille :
- hors du champ
- à l'ombre
(Fig. 27)
5.4.2. Battage
Il s'effectue soit :
" Au fléau
" Contre une pierre, une planche etc
" A la batteuse
5.4.3. Séchage du paddy
" Il faut abaisser le teneur en eau jusqu'à
14%
- pour un bon point de coupe, elle est de 23 à 28%
- après séchage en gerbes de 20%
" On sèche à l'air et à l'ombre (pour
éviter le clivage des grains) en remuant souvent
" Séchage artificiel ou dans des appareils à
circulation d'air forcée à la température ambiante,
en four à air chaud (35°C pendant 24 heures)
5.5. Rendement
Le rendement d'une culture de riz est le produit du nombre
de panicules à l'hectare par le poids moyen de paddy fourni
par une panicule. Le nombre de panicule correspond au tallage fertile.
Les bons rendements dépendent surtout du facteurs favorables
au tallage qui correspondent également aux thèmes
d'améliorations suivants :
" Climats tropicaux à température d'air élevé
et d'eau toujours tiède
" Bonne fertilité de la rizière par fertilisation
" Maîtrise de l'eau : irrigation et drainage
" Repiquage avec de bonnes variétés à
fort tallage
" repiquage à temps avec des plants vigoureux et aux
meilleurs espacement (issu d'une pépinière améliorée)
" Repiquage précoce
" Sarclage à temps
" Lutte contre les ennemis du riz
Les résultats obtenus en riziculture améliorée
atteignent 3 à 7 tonnes/ ha suivant les méthodes ou
thèmes d'amélioration adoptés et les variétés
utilisées.
Techniquement, les possibilités de développement de
la productivité sont énormes tout en respectant l'application
des thèmes améliorés additionnés au
traitement des parasites du riz et au bon choix de variétés
améliorées.
6. MALADIES - ENNEMIS - TRAITEMENT
6.1. Maladies
* Piriculariose : Cette maladie revêt une grande gravité
qui tend à s'accroître avec la pratique de culture
plus intensive. Les symptômes peuvent se manifester sur toutes
les parties aériennes du riz : feuilles, tiges, grains.
L'apparition et le développement de ce champignon dépendent
des facteurs principaux suivants :
- Sensibilité de la plante : durant les trois stades critiques
( fin de séjour en pépinière, au tallage, début
floraison)
- Nutrition azotée : de fortes doses d'azote favorisent l'infection
- Alimentation hydrique : tout manque d'eau accroît l'incident
de la maladie
- Température : des températures allant de 18°
à 26°C favorisent la maladie, la chute nocturne au dessous
de 20°C augmente son incidence
- Humidité de l'air
- Présence de l'inoculum (région tropicale)
- Sensibilité variétale
* Helminthosporiose ou maladie des tâches brunes. Les symptômes
de ce champignon se manifestent par des tâches ou des feuilles.
La maladie ne prend de l'importance que si les conditions de culture
sont mauvaises (sol submergé toute l'année, carence
en silice, etc
)
* Pourriture des chaumes : espèce de champignon s'attaquant
à la base des plants de riz. Cette maladie est due parfois
à la mauvaise circulation des eaux (asphyxie des sols) et
au froid
* Brûlures des feuilles : dessèchement de l'extrémité
des feuilles avec apparition de lignes ondulées brunâtre
* Flétrissement bactérien : due à Xanthomonas
orizae
* Maladies physiologiques : le bronzing se caractérisant
par une teinte brun rougeâtre des feuilles
* Cercosporiose : cette maladie se manifeste par de petites stries
brunes et les dégâts importants sont exceptionnels.
La multiplication de variétés sensibles peut.rendre
la maladie grave
* Bactérioses : cette maladie se manifeste par des stries
translucides sur les feuilles
* Viroses : la virose yellow mottle qui ne semble pas faire de dégâts
graves
6.2. Ennemis
6.2.1. Les nématodes : ce sont des parasites
" Le bout blanc provoqué par l'Aphalenchoides
Bessevi. Le symptôme typique de "bout blanc " ou
" white tip " apparaît au moment du tallage sous
forme d'un blanchissement des extrémités des feuilles
sur une longueur de 3 à 5 cm. Les bouts attaqués se
nécrosent par la suite et s'enroulent.
(Fig. 28)
" L'Ufra : son agent est Ditylenchus angustus dont son affection
est très grave.
" Il existe aussi d'autres nématodes qui parasitent
les racines
6.2.2. Les insectes
" Les poux de riz (hispides) : ce sont des coléoptères
qui minent les feuilles. Les dégâts ont surtout été
observés sur les hauts plateaux
" Les borers : leurs dégâts sont toujours importants
surtout en riziculture irriguée intensive. Quelques symptômes
caractéristiques des borers sont à signaler :
- en cas d'attaque précoce : mort des talles en commençant
par des feuilles supérieures
- en cas d'attaque tardive (en montaison) ; panicule blanche
- Pachydiplosis provoque la formation d'une gale en forme des feuilles
d'oignon
(Fig. 29)
" Hétéromychus : qui rongent les collets du riz
(Fig. 30)
" Punaises : qui vident les grains de riz à l'état
laiteux
(Fig 31)
" Les chenilles : qui rongent le limbe des feuilles
" Nymphula : larve de lépidoptères provoquant
des dégâts très importants en culture irriguée,
sur les jeunes plants peu après le repiquage
(Fig. 32)
" Insectes des greniers: charançons, bostryche, pyrale.
Les paddy sont relativement peu attaqués, par contre , le
riz usiné est sensible aux attaques et ne devrait pas être
stocké trop longtemps.
(Fig. 33)
6.2.3. Autres ennemis
" Oiseaux
" Rats
6.3. Traitements et luttes
" Lutte contre la piriculariose
- Recherche sur les variétés resistantes aux races
de Piricularia qui se renouvellent à tous moments
- Traitements chimiques : emploi de la blasticidine (Bla : l'Epiphensoph
(Hinosan), le bénomyl (Benlate), les dithiocarbamates (mancozène)).
- Désinfection des semences à sec (captane, manèbe)
ou par voie humide dans des organo-mercuriques, suivi de semis immédiat
ou d'une prégermination durant 24h
- Rôle important des méthodes culturales :
¢ Utiliser les semences saines
¢ Assurer une bonne alimentation hydrique (préparation
du sol, conduite de l'irrigation et du drainage)
¢ Apport d'azote limité, en fonction de la variété
¢ Brûlis de la paille
" Contre la maladie des tâches brunes
- Mesures culturales (repiquage trop tardif, température
trop élevées ou trop basses)
- Désinfection des semences
- Apport de silicium pour les terres tourbeuses de bas fond
" Pour éviter la pourriture des chaumes, on conseille
:
- de brûler les chaumes après la récolte
- d'assécher le sol entre deux campagnes
- d'apporter des engrais potassiques
- de fournir une faible lame d'eau, légèrement courant
au moment du tallage
- de drainer tardivement après l'épiaison
- d'éviter toute stagnation de l'eau et tout excès
d'azote.
" Lutte contre les brûlures des feuilles
- Traitement chimique : blasticidine (Bla 5), l'Ediphersoph (Hisman),
le bénomyl (Benlate), les dithiocarbamates (mancogèbe)
- Apport d'azote limité
" Contre les maladies physiologiques
- apport de chaux (2tonnes/ha)
- apport limité de l'alumine (fer), de zinc
" Lutte contre la maladie des bouts blancs, mesures préventives
à envisager
- Détruire tous les résidus de récolte et les
mauvaises herbes en effectuant un labour soigneux après la
récolte
- Cultiver si possible des légumineuses en contre saison
- Utiliser des semences provenant des champs indemnes de nématodes
- Traiter les semences à l'eau chaude (thermothérapie)
c'est à dire tremper les semences pendant 15 minutes dans
de l'eau chaude de 56 à 57°C et faire le traitement à
titre préventif après trois ou quatre ans.
- Utiliser des produits chimiques pour le traitement des semences
- Utiliser des variétés de riz résistantes
et tolérantes contre le nématode
" Lutte contre l'Ufra
- Maintenir en eau les rizières après la récolte
- Enfouir les chaumes
- Précaution phytosanitaire pour les échanges de semences
" Lutte contre les insectes
- Poux de riz : Pulvérisation ou poudrage de H.C.H
- Les borers, les larves vivant dans la lumière des tiges
:
¢ chimique : lindane ou Diazinon granulé dans l'eau
d'irrigation, deux épandages de 2kg/ha de matière
active. à 3 semaines d'intervalle au cours du tallage
¢ détruire les chaumes après la récolte
: Brûlis - Pâturage et piétinage avec les zébus
(lutte préventive)
¢ lutte curative :
Il n'existe pas de traitements chimiques efficaces contre les ravageurs.
Les insecticides de contact sont fortement déconseillés
au profit des insecticides systématiques qui ne sont pas
toutefois d'une totale efficacité.
Le traitement chimique avec un produit systématique sera
envisagé seulement si les attaques sont importantes (35%
de tiges attaqués au minimum).
Dans les zones pourvues d'un système d'avertissement (Lac
Alaotra), le traitement sera fait si le seuil d'intervention est
atteint (de l'ordre de 3,6 pontes cumulées pour 100 talles).
L'application devra se faire vers fin tallage à début
montaison.
7. TECHNOLOGIE
7.1. Préparation et conditionnement du riz blanc
Après le battage, les paddy devront être séché.
Il faut abaisser la teneur en eau jusqu'à 14% (pour un bon
point de coupe, elle est de 23 - 28% et après séchage
en gerbe de 20%
On sèche à l'air et à l'ombre (pour éviter
le clivage des grains en remuant souvent.
L'usinage a pour but de débarrasser le paddy de ses glumes
et glumelles, c'est l'opération du décorticage et
on obtient le " riz décortiqué " ou "
riz cargo ". Puis on débarrasse le " riz décortiqué
" des différentes couches du péricarpe. On obtient
alors " le riz blanc " par l'opération du blanchiment.
7.1.1. Les différentes opérations que subit
le paddy dans une rizerie
|
PADDY
|
|
|
|
| |
OPÉRATIONS
|
MATÉRIELS
|
PRODUITS
|
| |
" Nettoyage |
" Nettoyeur calibreur
" Aspirateurs
" Trieurs à disques
alvéolés
|
" Paddy propre |
| |
" Ebarbage (éventuellement) |
" Cribes aspirateurs |
" Paddy propre sans barbe |
| |
" Classement du paddy |
" Trieurs à disques
" Cylindre (Calibreurs, trieurs)
|
|
| |
" Décorticage |
" Décortiqueurs
" Tamis
|
" Riz décortiqué + paddy
" Riz non décortiqué + balles + son
|
| |
" Séparation du paddy |
" Séparateurs de paddy
" Table densimétrique
|
" Riz décortiqué |
| |
" Classement de riz décortiqué |
" Cylindres (Calibreurs, Trieurs) |
|
| |
" Blanchiment |
" Cônes à blanchir |
" Riz blanc + issu (+ brisure) |
| |
" Calibrage de riz blancs |
" Tables densimétriques
" Tamis rotatif
|
" Riz entier |
| |
" Polissage |
" Cônes à polir |
" Riz blanc poli
|
| |
" Classement des riz blancs polis |
" Cylindre : calibreurs, trieurs) |
|
| |
" Glaçage (éventuellement) |
" Tambour à glacer |
" Riz blanc glacé de luxe |
| RIZ DE TABLE |
|
|
|
|
7.1.2. Étuvage
C'est une autre méthode de préparation du riz.
Employé industriellement il donne des riz de bonne conservation,
gardant certaines couches du péricarpe et plus riches en principes
nutritifs.
7.2. Rendement à l'usinage
Il est excellent, mais le riz prend une teinte jaune, souvent
un goût spécial et n'est pas apprécié de
tous les consommateurs. Il est très variable suivant type d'usinage,
variétés, taux d'humidité, homogénéité
des lots (degré de pureté variétale).
| |
RIZERIE INDUSTRIELLE
|
PROCÉDÉS DOMESTIQUES
|
|
Grains très longs
|
Grains ronds
|
Récolte saison humide
|
Récolte saison sèche
|
Riz blanc (entier et ¾)
" Brisure n°1 et 2
" Brisure n°3 et 4
" Farines basses du riz ** Blanc
** Cargo
" Balles
|
40 - 50%
13 - 15
1,5 - 2
6 - 10
6 - 8,5
18 - 20
|
55 - 60%
6 - 8
1,5
9 - 10
3
20
|
25 à 35%
30 à 50
10 à 15
18 à 24
|
40 à 55%
10 à 30
9 à 15
18 à 24
|
8. UTILISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS
8.1. Utilisation des produits
8.1.1. En alimentation humaine
" Valeur alimentaire. Le riz étuvé ou
converti ont des valeurs alimentaires supérieures à
celle du riz blanc ordinaire.
| |
PADDY
|
RIZ DÉCORTIQUÉ
|
" Eau
" Glucides
" Lipides
" Protides
" Matières minérales
|
13%
73,1%
2,1%
8,2%
3,6%
|
12%
75 ,5%
1,5%
10%
1,2%
|
" Valeur énergétique : 350 à 360 calories
aux 100g
(Riz décortiqué, riz blanchis)
Elle est très comparable à celle du blé (riz
cargo) ou de la farine de blé (riz cargo).
Composition du riz blanchis : moins équilibré
- riche en glucide, cendre et P
- pauvre en protides, lipides, cellulose, Fe, Ca
" Teneur en vitamines
Riz cargo : - assez pourvu en vitamines B.E.
- négligeable en vitamines A, C et D
Le blanchiment réduit considérablement le taux de
vitamines
Le lavage avant cuisson et la cuisson avec excès réduisent
de près de moitié les vitamines du riz
" La consommation
La consommation exclusive de riz blanchi provoque le béribéri
dû à l'absence quasi-totale de vitamines et de la thiamine
Lutte contre cette maladie :
- Remonter le taux de la thiamine (1,8 mg par 1 kg de riz) : adjonction
de riz cargo au riz blanc
100 g de riz cargo : 0,365 mg de thiamine
100 g de riz blanc : 0,0069 mg de thiamine
- En ajoutant à la ration des produits riches en vitamines
(sauce de soja, nuocman, viande, poisson, légumes verts)
8.1.2. Alimentation animale
Les animaux peuvent consommer le paddy et d'autres sous-produits
du riz
8.1.3. Produits de transformation
Le riz peut subir des opérations de transformation
dans des industries
Plusieurs produits industriels issus des transformations sont utilisés
à des diverses fins :
" Distillation - Deux types de procédés :
- Procédés traditionnels : 20 à 35% d'un alcool
à 37 - 38°
- Procédés industriels : 40 à 43% d'alcool,
de l'acide acétique et du vinaigre, de l'acétone
Les drêches sont utilisées en alimentation animale
(1,6 kg sec vaut 1 kg de paddy)
" Des produits pharmaceutiques et des aliments vitaminés.
" Boissons alcooliques fermentées
" Brasserie
" Amidonnerie : 50 à 70 % d'amidon extrait des brisures.
Les résidus sont utilisés en alimentation animale
(2 kg sec pour 1 kg de paddy)
" Des produits pharmaceutiques et des aliments vitaminés
" Huilerie : pour solvants ou pression ou extrait l'huile des
premières issues du blanchissement contenant 16 à
22% de matière grasse : huile semi-siccative. Les tourteaux
se servent en alimentation animale.
8.2. Utilisation des sous-produits
Les balles de riz servent de combustible et leurs cendres
d'engrais
Les brisures, la farine et les sons de riz servent pour alimentation
de bétail et des volailles
La paille peut servir de litière et des matières premières
dans la fabrication des pâtes à papier.
9. BIBLIOGRAPHIE
- Mémento de l'Agronome, Ministère de la Coopération
française - 1974
- Recueil de Fiches Techniques de l'Agriculture spéciale
- Tome 1, Paul Hubert - BDPA - Agence Madagascar
- Le Riz, A. Angladette - GP Maisonnette et Larose - 1966
- Riziculture traditionnelle et améliorée -I La Plante
des Techniques Culturales, J. Mayer - Société d'Aide
Technique et de Coopération (SATEC) août 1969
- 10 tonnes de paddy à l'hectare dans la plaine de Tananarive.
J. Marquette - Institut de Recherche Agronomique à Madagascar
- 1970
- Contribution à la connaissance et à l'amélioration
de la riziculture malgache - Améliorations culturales et
rendements des rizières R. Dufournet - IRAM - 1965
- Riziculture pratique - Riz irrigué - Jean Paul Dobelman
- Agence de Coopération Culturelle et technique - Presses
Universitaire de F
|
|