1.
BUTS DE LA CULTURE
Le cocotier procure à l'homme de très nombreux
produits qui lui sont d'une grande utilité. On le cultive
surtout pour ses fruits.
2. BOTANIQUE
2.1. Origine : Sud-est asiatique probablement
2.2. . Description : le cocotier est un palmier
monoïque, pouvant atteindre 25 à 30 m de haut
2.2.1. Racines : Le système racinaire,
très développé, est composé de racines
minces et longues formant un chevelu très abondant qui
partent d'un bulbe radiculaire épais d'une trentaine
de centimètre. Ce bulbe a la forme d'un cône renversé
par rapport à la surface du sol. Les racines portent
des racines secondaires qui portent des racines tertiaires,
etc... Elles se terminent par des radicelles. Celles-ci sont
les organes d'absorption du cocotier. Il n'y a pas de poils
absorbants.
1 (schéma système radiculaire)
2.2.2. Tronc : Le tronc est lisse ou stipe qui
atteint 20 à 25 m de haut et 25 à 30 cm de diamètre
à la base. On y trouve à sa surface, les cicatrices
laissées par les points d'insertion des feuilles disparues.
2 (Schéma base de tronc)
2.2.3. Feuilles : Elles forment un panache au
sommet du stipe. Il y en a une trentaine mesurant chacune 5
à 6 m de long. Elles prennent naissance à partir
d'un bourgeon central. La feuille ou " palme " comprend
un fort pétiole qui se prolonge par le rachis. Celui-ci
porte 200 à 230 folioles. Les feuilles sont disposées
en spirales. Il se forme de 11 à 13 feuilles par an.
3 (schéma feuille)
2.2.4. Inflorescences : Les deux sexes se trouvent
sur la même inflorescence mais ils sont séparés.
Les inflorescences ou spadices sont enfermées dans une
grande bractée ou spathe. Les fleurs femelles sont disposées
à la base des ramifications, les fleurs mâles en
haut.
4 (Schéma inflorescences)
2.2.5. Fleurs : Les fleurs mâles de 8 mm
de long sont groupées et se composent de 3 sépales,
3 pétales et 6 étamines. Elles s'ouvrent quelques
jours après l'ouverture de la spathe. Souvent elles s'ouvrent
le matin et tombent le soir.
Les fleurs femelles sont soit isolées, soit groupées
par 2 à 5. Elles se composent de 3 sépales, 3
pétales, 1 ovaire à 3 loges avec 1 ovule dans
chaque loge dont un seul est généralement fertile.
Pour les variétés naines, elles s'ouvrent une
semaine après le début de l'ouverture des fleurs
mâles : il y a auto-fécondation. Pour les variétés
grands cocotiers, elles s'ouvrent quelques jours après
la fin de la phase mâle de l'inflorescence : la fécondation
est croisée.
5 (Schéma fleurs mâles et femelles)
2.2.6. Fruits : Après fécondation,
ils se développent en de grosses drupes de forme ovoïde
dont chacune se compose d'une graine, la noix de coco et d'une
enveloppe filereuse se desséchant et durcissant à
l'approche de la maturité (coir). La noix de coco est
constituée d'un endocarpe très dur de 5 mm d'épaisseur,
à l'intérieur duquel se trouve l'endosperme de
couleur blanchâtre et qui contient un liquide opalin et
sucré " l'eau de coco " qui remplit aux 3/4
sa cavité centrale. C'est l'albumen qui, après
dessiccation, constitue le coprah.
Il s'écoule de 10 à 12 mois entre la floraison
et la maturité. Les fruits sont réunis en régime
de 10 à 15 noix.
6 (Schéma : régime et fruits)
2.2.7. Graines : Elles sont situées à
l'intérieur de la coque du fruit, il n''ena en général
qu'une seule. Elles se composent de :
" Un tégument séminal : fine pellicule brun-rougeâtre
adhérant fortement à la coque
" Un albumen blanchâtre et oléagineux
" Un liquide opalescent ou " eau de coco "
" Un embryon logé dans l'albumen en face du plus
grand pour germinatif de la coque et tourné du côté
du point d'attache sur le régime
7 (Schéma fruits murs)
2.3. Classification : on distingue :
" Les cocotiers allogames : qui sont des grands
cocotiers
" Les cocotiers autogames qui sont des cocotiers nains
(10 à 12 m de haut), très précoces, portant
un grand nombre de petites noix à Madagascar, on peut
les classer en deux groupes
2.3.1. Le type " Mozambique " ou Comores :
grands arbres, grosses noix rondes ou en forme de poire,
coprah épais (6 noix au kilo de coprah). Mise à
fruit vers 7 ans.
2.3.2. Le type Seychelles : arbres plus petits,
noix petites, allongées avec fruit excentré, coprah
plus mince (7 à 8 noix au kilo de coprah). Peut-être
un peu plus précoce.
2.4. Phase végétative
2.4.1. Phase de germination
" La faculté germinative des noix de coco
dure plusieurs mois
" La germination est lente (2 à 6 mois)
" Lors de la germination, l'embryon s'allonge, la plantule
se développe à l'intérieur du mésocarpe
fibreux. Pendant ce temps, à l'intérieur de la
graine, se développe un suçoir qui digère
progressivement l'albumen pour en nourrir la plantule
" Au bout de 6 semaines, le suçoir a pris la place
de l'eau de coco.
" Au bout de 10 mois, l'albumen est entièrement
digéré et le suçoir occupe toute la cavité
de la graine.
8 (Schéma : germination)
2.4.2. Phase de croissance
¢ Les premières feuilles apparaissent dès
la germination. Elles sont entières, puis vers la feuille
n°5, elles deviennent bifides.
¢ Petit à petit le jeune cocotier grandit et forme
son bulbe radiculaire et son ébauche de stipe
¢ Au bout de 6 à 7 feuilles bifides, la première
feuille se divisant en folioles va faire son apparition
¢ Le développement de la feuille passe par 3 stades
:
" Stade juvénile qui dure 2 ans et au bout duquel
la feuille n'a que 10 cm de long
" Stade d'élongation rapide qui dure 3 à
8 mois et qui permet à la feuille d'atteindre plusieurs
mètres de long à l'intérieur de la flèche
" Stade adulte qui dure 24 à 30 mois durant lequel
séjourne le limbe puis le pétiole
A chaque apparition d'une feuille, le cocotier s'allonge un
peu. La phase de croissance ne s'arrête donc qu'avec la
mort de la plante.
9 (Schéma coupe longitudinale jeune cocotier et apparition
1ère feuille)
2.4.3. Phase de floraison
¢ La sortie d'une inflorescence à l'aisselle
d'une feuille marque le début de cette phase
¢ Elle a lieu vers 3 - 4 ans pour les cocotiers nains et
vers 6 - 7 ans pour les grands cocotiers
2.4.4. Phase de fructification
¢ On compte de 11 à 13 mois entre la fécondation
des fleurs et la maturité des noix
¢ Le sac embryonnaire grossit après fécondation
et se transforme en cavité centrale dans laquelle se
développe l'albumen qui, d'abord gélatineux, va
se solidifier par dépôt de cellulose à partir
du tégument séminal. Vers 8 mois, la croissance
de la noix se termine et le coprah se dépose à
l'intérieur de la coque
¢ La pleine production dure 15 à 60 ans en moyenne
10 (Schéma fructification)
3. ÉCOLOGIE
3.1. Besoins en chaleur
Le cocotier demande une température moyenne de
27° C, aussi constante que possible.
3.2 Besoins en eau
Le cocotier est très exigeant en eau, aussi bien
sur la quantité annuelle que sur la répartition
de cette quantité tout au long de l'année. Il
lui faut au minimum 1.500 à 1.700 mm d'eau de pluie bien
répartie.
L'eau peut-être légèrement salée,
le cocotier n'en souffre pas trop. L'air doit avoir une humidité
composé entre 80 et 90% avec un minima de 60%.
3.3. Besoins en lumière
Le cocotier demande une forte insolation : 2.000 heures/an.
3.4. Besoins en altitude
L'altitude n'intervient sur le cocotier qu'à
travers la température et l'hygrométrie.
3.5. Besoins en sols
Le cocotier demande des sols légers, meubles,
profonds, bien aérés, correctement drainés
et à texture grossière.
Le pH du sol peut varier de 4,5 à 8
4. TECHNIQUES CULTURALES
4.1. Choix de semences
On prélèvera les noix servant de semences sur
des arbres qui fournissent régulièrement un grand
nombre de fruits, le plus gros possible avec un coprah abondant
et qui sont en bonne santé.
Avant de mettre ces noix sélectionnées, il est
bon de les placer en un lieu à l'abri du soleil, de la
pluie et bien ventilé, pendant 3 semaines à 1
mois, afin qu'elles parviennent toutes à un bon degré
de maturité.
4.2. Mise en germoir
Le germoir doit être mis en place à proximité
d'un point d'eau, sur un sol léger et perméable.
On laboure à 15 - 20 cm de profondeur puis on creuse
des petits fossés de 10 m x 3 sur 15 cm de profondeur
qui pourront contenir 1.000 noix (30 à 40 noix/m²).
On place les noix à 5 cm les unes des autres, Elles sont
couchées sur le côté et enterrées
aux trois quarts.
Le dessus des noix est recouvert d'un paillis et le germoir
est arrosé copieusement tous les jours, la bourre des
noix doit toujours être imbibée d'eau.
Au bout de quelques semaines (8 à 20) les premières
germes apparaissent, on les repique en pépinière
11 (Schéma d'un germoir)
4.3. Transplantation en pépinière
On repique seulement 60% des noix germées, les
40% de noix ayant germé en dernier sont à éliminer.
Les premières noix germées donneront les cocotiers
donnant le plus vite. Cette simple sélection sur germoir
augmente la production d'un quart.
On choisit un terrain léger, perméable, homogène,
sain et proche de point d' eau.
On le laboure à 20 - 25 cm de profondeur, on brise les
mottes et on aplanit.
On repique les noix germées en quinconce espacées
de 0,60 m et on met du paillage avec des bourres de coco ou
des palmes.
On arrose une fois tous les 2 jours en saison sèche.
Les jeunes plants demeurent en pépinière jusqu'à
ce qu'ils aient 3 à 4 feuilles développées,
ce qui se produit vers 6 à 7 mois après le repiquage,
dans des conditions normales.
12 (Schéma pépinière)
4.4. Plantation
4.4.1. Préparation du terrain
Une fois le terrain choisi, on défriche et débroussaille
le sol, et on procède au nivellement
On fait le piquetage : des allées, des blocs de plantation,
des lignes de plantation et des trous de plantation espacés
de 8,5 à 9 m en quinconce.
Dans le cas d'un terrain sujet aux excès d'eau, il faut
créer un réseau de drainage.
4.4.2. Trouaison et rebouchage
Un mois avant la plantation, on procède à
la trouaison sur les emplacements piquetés. Chaque trou
aura 1 m3 dans un sol moyen.
Un mois après, on rebouche les trous : on y met : 50
Kg de bourre de noix, 50 Kg de fumier bien décomposé
en alternance avec de la terre. On rebouche complètement
le trou avec de la bonne terre de surface.
13 (Schéma jeune plant de cocotier)
4.4.3. Plantation proprement dite
On choisit dans la pépinière, les plants
vigoureux, ayant un collet épais et de feuillage bien
vert.
On plante le cocotier au centre de chaque trou rebouché.
En creusant un petit trou. On recouvre la noix alternante au
jeune cocotier de 5 cm de terre et on tasse avec le pied la
terre autour du cocotier.
14 (Schéma mise en place jeune cocotier)
4.5. Entretiens
Remplacement des manquants
Sarclages fréquents durant les 5 premières années,
2 fois/an par la suite
Pailler le pied des jeunes cocotiers, après avoir terminé
les sarclages.
Enlever les feuilles mortes et les ranger sur es interlignes
où elles se décomposent.
4.6. Fertilisation
Fumure organique :
- Lors de la plantation :
Dans chaque trou : 50 Kg de bourre de coco
- Sur la plantation :
Tous les ans : 50 à 100 Kg de fumier bien décomposé
Fumure minérale :
Elle varie avec l'âge du cocotier, le climat et la nature
du sol
4.7. Récolte et rendement
La date de récolte varie beaucoup avec la destination
de la noix :
¢ Pour la consommation directe (eau et albumen) à
l'état frais, on récoltera entre le 6è
et 8è mois.
¢ Pour le coprah, on récoltera à partir du
11è mois.
¢ Pour les semences, on récoltera à pleine
maturité, c'est-à-dire entre les 12è et
13è mois.
Il se forme , en moyenne, un régime par mois. Aussi faut-il
passer périodiquement tout au long de l'année
pour cueillir les noix mûrs.
Le nombre de noix varie beaucoup avec l'âge des cocotiers
:
¢ 3 à 5 noix/arbre vers 6 à 7 ans
¢ 15 à 30 noix/arbre vers 10 à 15 ans
¢ 40 à 70 noix/arbre entre 15 à 40 ans, à
partir de 60 ans, la production diminue. Il faut 3,5 à
10 noix pour obtenir 1 kg de coprah.
Les rendements varient de 0,5 à 2 T de coprah/ha/an
5. MALADIES ET ENNEMIS
5.1. Maladies
- Dépérissement
- Carences
¢ Manque d'azote : jaunissement plus ou moins prononcé
de l'appareil végétatif
¢ Manque de potasse : jaunissement non uniforme de l'appareil
végétatif avec tâches brunes très
nombreuses et irrégulières
5.2. Ennemis
¢ Oryctes : qui perforent la base du pétiole
des feuilles et arrivent parfois à ronger le bourgeon
terminal du cocotier, ce qui entraîne la mort de l'arbre.
¢ Cochenilles : qui piquent les folioles pour sucer la
sève. Les feuilles jaunissent et il peut y avoir chute
précoce. Des fruits.
¢ Chenilles : qui rongent les folioles et les inflorescences
¢ Termites : qui attaquent les noix en cours de germination
¢ Mélitommas : dont les larves creusent des galeries
à la base du tronc et dans les racines
¢ Rats : qui s'attaquent également aux noix en cours
de germination, rongent les jeunes cocotiers au niveau du collet
et se nourrissent des noix à tous les stades de maturation.
¢ Chauve-souris : qui percent les noix pour consommer l'eau
et l'albumen
6. UTILISATION PRODUITS ET SOUS-PRODUITS
¢ Enveloppe : qui contient des fibres (coïr) de
diverses longueurs. On en fait des cordages, des brosses, des
nattes, des tapis, des sacs, des rembourrages,...
¢ Amande : qui peut se consommer à l'état
frais ou que l'on fait sécher (coprah) pour extraire
de l'huile. Celle-ci sert à la fabrication de graines
végétales et margarines, savon, alcool gras, plastifiants...
Le tourteau sert pour l'alimentation de bétail et volailles.
On peut hacher l'amande fraîche et faire sécher
ce coco râpé que l'on utilise en pâtisserie
et biscuiterie.
¢ Eau de coco : breuvage rafraîchissants
¢ Coque : finement broyée après séchages,
sert comme poudre à mouler dans l'industrie ou pour la
fabrication de revêtements des sols (linoléum).
On peut également la carboniser pour obtenir un charbon
qui absorbe les gaz et les vapeurs.
¢ Inflorescences : on obtient une sève qui sert
à la fabrication de boissons alcoolisées, d'alcool,
de vinaigre ou pour l'extraction de sucres utilisées
en pharmacie.
¢ Racines : utilisées en pharmacie
¢ Tronc : sert en ébénisterie
¢ Feuilles : pour la confection des nattes, des chapeaux...
¢ Bourgeon terminal : se consomme à l'état
frais ou cuit (chou coco)
7. BIBLIOGRAPHIE
¢ Recueil des fiches techniques d'agriculture spéciale
par Mr. Paul HUBERT - Ingénieur d'Agronomie
¢ Mémento de l'agronome 1984
La canne à sucre est cultivée pour ses tiges qui
contiennent un jus sucré dont on tire la saccharose ou
sucre cristallisable. Elle est également utilisée
en consommation directe, canne de bouche. De plus, elle est
parfois cultivée comme canne fourragère (consommation
en vert ensilage).