1.
BUTS DE LA CULTURE
Le manioc est cultivé pour ses racines tubérisées
qui entrent pour une grande part dans l'alimentation quotidienne
de nombreuses populations, surtout africaines. C'est une plante
riche en amidon. Elle est consommée soit directement
sous forme de " manioc vert ", soit sous forme de
farine.
Dans l'industrie, le manioc sert à la préparation
de l'amidon, de la fécule, du tapioca, de biscuits, de
pâtes alimentaires, de colles, de glucose, etc... Dans
certains pays, on fabrique de l'alcool à partir des tubercules
de manioc. Les feuilles peuvent se consommer sous forme de "
brèdes ".
Enfin, le manioc sert à l'alimentation animale soit en
vert, soit en cossettes, bouchons, farine, etc...
2. BOTANIQUE
Le manioc est originaire du Brésil, où sa
culture est très ancienne. C'est une plante vivace qui
peut croître plusieurs années si on ne l'arrache
pas.
2.1. Description
2.1.1. Racines
C'est la partie utile de la plante. Ces racines sont
fasciculées et se renflent en se gorgeant d'amidon. La
plante forme une centaine de racines mais quelques-unes seulement
se tubérisent.
Les tubercules ont de 20 à 80 cm de long et de 5 à
15 cm de diamètre. Ils sont attachés au collet
de la plante par un pédoncule plus ou moins long, parfois
inexistant. Ils se situent à quelques centimètres
de la surface du sol.
Une coupe transversale d'un tubercule montre :
" Une écorce externe grise violacée, jaunâtre
ou brune formée de liège.
" Une écorce interne de 2 à 10 mm d'épaisseur,
le "phelloderme", blanche ou rose plus ou moins violacée,
pauvre en fécule et riche en produit toxique, la "
manihotoxine ".
" Un cylindre central blanc ou jaune clair riche en fécule.
Les tubercules ont des formes très variables et pèsent
de 100 g à 3 Kg chacun. Un pied de manioc peut produire
5 à 6 Kg de tubercules et parfois plus.
(Schémas : 1 - Système radiculaire
2 - Une racine tubérisée
3 - Coupe transversale d'un tubercule)
2.1.2. Tiges
Le manioc peut se présenter avec une ou plusieurs
tiges, plus ou moins verticales et atteignant 1 à 6 m
de haut.
Elles sont de couleur variée : blanc verdâtre,
gris, jaunâtre, violacé, rouge, brun,... Leur diamètre
est de 3 à 4 cm en moyenne.
A une certaine hauteur, ces tiges peuvent se ramifier en 2 ou
3 branches, qui à leur tour peuvent se ramifier jusqu'à
dix fois au cours du cycle. Cette ramification provoquée
par la floraison, est sous contrôle variétal. Elle
est également influencée par les facteurs du milieu.
Le port de la plante est donc variable : rampant, étalé,
dressé ou érigé.
Lorsque les feuilles tombent, on remarque à leur point
d'insertion une protubérance protégeant un oeil.
On appelle cet ensemble protubérance-oeil, à tort,
" nud ". Ces nuds sont disposés
en spirale et la longueur des " entre-noeuds " est
décroissante de la base au sommet.
Les tiges ne s'aoûtent que dans la moitié inférieure
de leur hauteur, et comportent dans cette partie, une moelle
centrale.
(Schémas : 4 - Ramification
5 - Détail d'un nud)
2.1.3. Feuilles
Elles sont caduques, car elles tombent durant la phase
de repos du manioc, alternes et palmilobées : 3 à
11 lobes.
Les feuilles mesurent de 10 à 20 cm de long et sont portées
par un pétiole qui peut être réduit à
quelques millimètres ou qui peut atteindre 6 cm de long
et dont la couleur va du jaune clair au rouge en passant par
le vert.
(Schéma 6 : Feuille)
2.1.4. Inflorescences
Elles apparaissent aux points où les tiges et
les branches se ramifient. Ce sont des grappes qui comprennent
en général 80 à 120 fleurs mâles
et 4 à 10 fleurs femelles. Ces dernières se trouvant
à la base des inflorescences.
(Schéma 7 : Inflorescence)
2.1.5. Fleurs
Elles ont 1 cm environ de diamètre et sont généralement
jaunâtres.
Les fleurs mâles comprennent un calice de 5 sépales
soudés à la base et 10 étamines.
Les fleurs femelles comprennent un calice de 5 sépales
libres, un ovaire divisé en 3 loges et surmonté
d'un style portant un stigmate divisé en 3 parties portant
de nombreuses protubérances
Les fleurs mâles et les fleurs femelles ne s'ouvrent pas
en même temps : la fécondation est donc croisée,
de plus les fleurs mâles ne sont pas toujours fertiles.
(Schémas : 8 - Fleur mâle)
9 - Fleur femelle)
2.1.6. Fruits
Ce sont des capsules déhiscentes. Elles mûrissent
en 5 mois et projettent les graines à 10 m environ. Elles
sont de la même couleur que les rameaux et comportent
à leur surface externe 6 ailes plus ou moins sinueuses.
Elles renferment 3 loges contenant chacune 1 graine.
(Schéma 10 - Extérieur et coupe d'un fruit)
2.1.7. Graines
Chaque graine a 5 à 13 mm de long sur 3 à
7 mm de large et possède un tégument marbré.
A la base, on trouve un renflement ou "caroncule ".
Les graines sont oléagineuses. Elles mettent plusieurs
mois à germer.
(Schéma 11 - Graine)
2.2. Phases végétatives
Le manioc se multiplie par boutures et son cycle végétatif
varie de 6 à 24 mois et plus selon les conditions climatiques
ou d'altitude.
2.2.1. Phase de reprise
5 jours après sa mise en terre, la bouture émet
ses premières racines puis de minuscules feuilles plissées
apparaissent. Cette phase dure 15 jours.
(Schéma 12 - Reprise d'une bouture)
2.2.2. Phase d'installation
Les jeunes racines s'allongent et les premières
tiges apparaissent. Cette phase dure une quinzaine de jours
mais peut se prolonger durant un mois et parfois plus.
2.2.3. Phase de développement foliaire
Les tiges se développent, se ramifient et les
feuilles apparaissent. La surface foliaire atteint son maximum
en 3 mois. Cette phase dure 4 mois environ, c'est à dire
jusqu'à la fin de la saison des pluies. Quelques racines
commencent à se tubériser.
2.2.4. Phase d'accumulation des réserves
L'accumulation des réserves d'amidon dans un
nombre variable de racines (tubérisation) a lieu dès
les premières semaines, mais ne devient visible à
l'oeil qu'à partir du 2ème mois et continue au
rythme des conditions du milieu.
2.2.5. Phase de repos
En altitude et en zone à saison sèche
prolongée, le manioc perd complètement ses feuilles
et le bois prend sa teinte définitive. Cette phase dure
1 à 2 mois Le manioc n'entre jamais complètement
en repos en zone humide (saison sèche courte ou peu accusée).
2.2.6. Seconde phase de développement foliaire
Pour des cycles culturaux de plus d'un an, les yeux
terminaux donnent des pousses et la plante se couvre rapidement
de feuilles. Cette phase dure 5 mois.
2.2.7. Seconde phase d'accumulation des réserves
La fécule s'accumule à nouveau dans les
racines qui prennent leur taille définitive en 7 mois
environ, c'est-à-dire jusqu'en septembre.
2.2.8. Seconde phase de repos
Le manioc perd à nouveau ses feuilles et on le
récolte
3. VARIÉTÉS
Toutes les variétés locales cultivées
appartiennent au genre Manihot - espèce Utilissima. Par
ailleurs, on cultive des hybrides artificiels qui proviennent
de croisements entre diverses espèces de manioc.
Plus de 300 variétés sont cultivées à
Madagascar, mais on recommande l'utilisation des hybrides suivants
:
| |
Consommation
|
Féculerie
|
Double fin
|
- Tuléar
- Fianarantsoa
- Hauts-Plateaux
- Antsiranana
- Toamasina
- Côte-Nord-Ouest
|
H.53
H.45
H.45 - H.53
-
-
-
|
H.41
-
-
-
-
-
|
H.54
H.54
H.54
H.58 - H.57
H.58
H.58
|
Caractéristiques des principaux clones
cultivés à Madagascar :
H.45 : Très doux - Demande des sols riches, alluvionnaires,
légers et bien drainés. Résiste à
la mosaïque et assez bien à la pourriture.
H. 53 : Le meilleur manioc doux - Donne de bons résultats
sur les sols riches de collines et sur les alluvions bien drainées.
Résiste à la mosaïque et assez bien à
la pourriture. Préconisé pour le séchage.
H.54 : Demi-doux, gros rendements - Résiste à
la mosaïque. Peut-être séché (cossettes
et rondelles)
H.58 : Demi- doux. Très bonne reprise des boutures. Bons
rendements. Couvre bien le sol.
4. ÉCOLOGIE
4.1. Besoins en chaleur : Le manioc ne pousse
normalement que dans les régions tropicales et tempérées
- chaudes : à 0°C le manioc meurt - vers 1 à
2° C seul le bois meurt tandis que les racines restent vivantes
- vers 8°C seules les branches supérieures sont tuées.
Il faut pratiquement 25 à 30°C de moyenne durant
la végétation du manioc.
4.2. Besoins en eau : Le manioc supporte des régimes
de pluies très divers qui vont de 550 mm par an jusqu'à
4 m. Les meilleurs rendements s'obtiennent avec des hauteurs
de pluies variant de 1 à 2 m annuellement avec 3 mois
de saison sèche. Au-dessus de 2.000 mm de pluies/an,
les racines de manioc pourrissent en terre.
La teneur en fécule des racines est maximale durant la
saison sèche. Sur les Hauts-Plateaux et dans la région
de l'Ouest, la saison sèche bien marquée favorise
l'accumulation de la fécule. Ces régions constituent
les zones d'élection de la culture industrielle (Lac
Alaotra, Sakay, Mahajamba et le Sambirano.
4.3. Besoins en lumière : Le manioc est
essentiellement une plante de lumière. La formation d'amidon
dépend directement de l'ensoleillement.
4.4. Besoins en sols : Le manioc demande des
sols légers, meubles, profonds, à pente faible
et riches en humus et en matières minérales. Il
peut se contenter de terres relativement pauvres (latérites)
à condition qu'elles ne soient pas soumises aux inondations
et qu'il n'y ait pas d'eau stagnante.
Enfin, le manioc n'aime pas les terres lourdes et argileuses.
Le sol idéal est de texture sablo-argileuse, profond,
non compact, bien drainé et avec un pH de 6.
4.5. Besoins en altitude : Le manioc pousse depuis
le niveau de la mer jusqu'à 1.500 m d'altitude environ
où les températures trop basses limitent sa culture.
A Madagascar, le manioc est cultivé aussi bien dans les
régions humides de la Côte-Est que dans les contrées
sèches du Sud.
5. CULTURE
5.1. Multiplication
Le manioc se multiplie par bouture. Le semis des graines
n'est utilisé que dans les stations de recherche pour
la création de nouvelles variétés et de
nouveaux hybrides.
5.1.1. Préparation du sol
- En terre déjà cultivée, le manioc
est en général précédé d'un
engrais vert que l'on enfouit (crotalaria, tephrosia, ambrevades,
antaka, pois Mascate, vohem, etc...)
- En terre de défriche : il faut sous-soler à
60 cm de profondeur
- Epandage du fumier et des engrais minéraux NPK
- Labour du terrain à 20 - 25 cm de profondeur
- Puis repos de la terre durant un mois
- Affinage à l'aide d'un pulvériseur à
disques que l'on fait passer plusieurs fois et d'une herse.
- Si le terrain est humide ou en pente : faire des billons suivant
les courbes de niveau.
5.1.2. Choix des boutures
- Choisir des variétés adaptées
au terrain où l'on veut planter et à la région
- Eviter de prendre des boutures sur des pieds atteints de maladies,
de mosaïque en particulier.
- Prendre des boutures pendant les phases de repos du manioc.
Si on les prélève durant les phases d'activités,
la teneur des racines en amidon diminue.
- L'âge des boutures est important :
" Les boutures de 1 an reprennent vite mais sont sensibles
par la suite aux insectes et à la sécheresse
" Les boutures de 2 ans ont une reprise plus lente mais
résistent bien mieux par la suite.
- Choisir les boutures sur des bois assez gros (15 à
20 mm) et présentant beaucoup de " nuds "
- Il est bon de posséder une pépinière
de manioc ne servant qu'à la production de bonnes boutures
: 1 ha de pépinière permet de planter 5 à
6 ha.
5.1.3. Préparation des boutures
- L'époque de bouturage ne correspond pas toujours
à l'époque de récolte. Les bois de boutures
seront mis en jauge en attendant cette époque favorable.
On fait des fagots avec les tiges de manioc récoltées
et on enterre la base de ces fagots dans des trous de 20 à
25 cm de profondeur, faits en plein air, semi-ombragés,
protégés contre les prédateurs et dans
un sol sec. Les boutures sont inclinées à 45°.
On peut les conserver ainsi durant 2 à 4 mois.
- Juste avant la plantation, on coupe les tiges avec un sécateur
ou un outil bien tranchant tous les 20 à 25 cm en gardant
4 à 6 yeux par bouture. On laisse en général
le tiers supérieur des tiges qui est généralement
herbacé et mal pourvu en substances de réserves.
- Les sections doivent être nettes pour que les cals cicatriciels
se forment bien.
- On peut, éventuellement, traiter les boutures avec
des insecticides et des fongicides, surtout pour celles issues
de bois stockés
5.1.4. Multiplication rapide (Technique préconisée
par FOFIFA)
La méthode de multiplication par bouturage classique
est lente ; chaque pied donnant une dizaine de boutures par
an. Ce système peut être remplacé avantageusement
par l'utilisation de boutures issues des pépinières
installées en dehors de la période de plantation
:
" Choisir des pieds de manioc sains
" Les couper à 25 cm du sol avec un sécateur
ou un outil bien tranchant, afin de permettre la repousse.
" Choisir des boutures saines, aoûtées, à
écorce bien lisse, yeux espacés, avec intérieur
blanc ou jaune clair.
" Faire un traitement thermothérapique pendant 30
mn afin d'éliminer les maladies et de favoriser la germination
" Faire une première pépinière ou
germoir avec des boutures distantes de 10 x 10cm.
" Transplanter dans une deuxième pépinière
après 1 à 1,5 mois à 50 x 50 cm de distance
- boutures plantées droites, inclinées ou à
plat à 5 cm de profondeur si on dispose de grosses boutures
bien aoûtées.
Calcul du nombre de boutures obtenues :
A partir d'une tige de manioc donnant 16 boutures mises en pépinière
au mois de Mars pour être plantées définitivement
en Novembre de l'année suivante :
" 1ère coupe 6 mois après la mise en pépinière
(Août) : 96 boutures
" Coupes suivantes tous les 4 mois puis arrêt de
la coupe 7 mois avant plantation (Avril) - on obtient : 192
(4è coupe des 16 boutures) + 768 (2è coupe des
96 boutures) + 768 (1ère coupe des 128) + 3.456 (1ère
coupe des 576) + 1.152 (1ère coupe des 192) = 6.632 boutures,
c'est à dire, 1 tige de 16 boutures donne 6.632 boutures
pour 0,5 ha de plantation après 18 mois.
" Multiplication à partir de Mars
Arrosage Pas d'arrosage Arrosage
calendrier
M A M J J A S O N D J F M A M J J A S O N D
16
96 128 576 192
Plantation
Mise en place
pépinière
" Multiplication à partir de Novembre
Pas d'arrosage Arrosage Pas d'arrosage Arrosage
N D J F M A M J J A S O N D J F M A M J J A S O N
16
96 128 576 192 768
Plantation
768 Plantation
Première plantation
À partir d'une tige
La superficie des pépinières dépend des
besoins en boutures et de la surface à planter
mitohy
" Entretiens des pépinières
:
- arrosage juste après plantation
- 2 arrosages /jour pendant 1 mois
- buttage des pieds si nécessaires
- sarclages
- transplantation à la 2è pépinière
après 1 à 1,5 mois
" 2è pépinière :
- arrosage après repiquage
- arrosage 1 fois / jour le soir
- buttage des pieds si nécessaire
- sarclages
- ramassage des feuilles malades qui tombent
- durée : une campagne entière (tiges bien aoûtées
bonnes à être plantées)
- coupe des tiges à 25 cm du sol (pour permettre repousses)
5.2. Plantation
5.2.1. Époques de plantation : elles varient avec les
lieux de plantation :
- sur la Côte Est : on peut planter toute l'année
- dans les zones humides, il vaut mieux planter au moment du
départ de la végétation - par exemple :
de Novembre à Décembre au Lac Alaotra
- ailleurs, on attend soit le début de la saison des
pluies (Novembre) soit la fin de la phase d'activité
(Mars).
5.2.2. Écartements : varient avec la richesse
du terrain et avec la variété :
- En terre riche : on conseille de planter à 1,20 m en
tous sens, soit 6.900 pieds/ha
- En terre moyenne : on conseille de planter à 1 m en
tous sens, soit 10.000 pieds/ha.
- En terre pauvre, on conseille de planter à 0,80 cm
en tous sens, soit 15.000 pieds/ha.
5.2.3. Mise en place
On peut planter les boutures soit droites, soit inclinées
dans le sol à 45°, soit couchées à
plat dans le sol :
" on plante verticalement lorsque les boutures sont courtes
" on plante à 45° dans la majeure partie des
cas en enfonçant les boutures sur les 2/3 de leur longueur
Dans les deux cas précédents, il faut veiller
à ne pas mettre les boutures la "tête en bas",
ce qui diminue les rendements
" La plantation à plat ne peut se faire que dans
les terres bien préparées et non humides. Elle
semble donner de très bons résultats. La profondeur
sera de 3 à 5 cm.
" Si le terrain a été billonné, il
faut planter les boutures sur la crête des billons
Le mode de mise en place des boutures dans le sol influence
très nettement la phase de reprise.
(Schéma 13 : Mode de plantation)
5.3. Entretiens
- Remplacement des manquants : doit se faire le plus
tôt possible, après la phase de reprise. Utiliser
des boutures spécialement conservées à
cet effet.
- Binage-sarclage : un mois après la plantation pour
détruire les mauvaises herbes, c'est-à-dire, lorsque
les jeunes maniocs ont de 20 à 30 cm de haut.
- Binages : peuvent se répéter à volonté
lorsque le terrain est sale : 3 à 5 fois pendant les
4 premiers mois après la plantation.
- Buttage : lorsque les plants ont 40 à 60 cm de haut.
- Ecimage : peut être utile à ce moment-là
pour les pieds qui n'ont pas encore ramifié
Par la suite, les pieds du manioc couvrent bien le sol et il
n'y a pas de façons d'entretien jusqu'à la récolte.
5.4. Fertilisation
- Fumure organique : 30 à 40 T/ha de fumier de
ferme bien décomposé enfoui lors du labour. On
admet que le manioc produit 1 tonne de plus de tubercules par
tonne de fumier apporté
- Fumure minérale : elle est destinée, d'une part
à corriger les déficiences éventuelles
de certains sols et d'autre part, à compenser les exportations
des éléments minéraux par les récoltes
Les formules préconisées peuvent être :
" Azote : on ne conseille pas en général
son apport sauf en terrain pauvre à raison de 30 à
40 unités/ha
" Acide phosphorique : 50 à 60 unités/ha
" Potasse : 120 à 150 unités/ha
Soit :
NPK 11.22.16 = 275 kg/ha enfouis lors du labour
Chlorure de potasse : 70 kg/ha en 2 apports
Urée 46% : 40 kg/ha
" Application de la fumure azotée et potassique
:
½ dose à la phase d'installation (1 mois environ
après plantation)
½ dose à la seconde reprise de la végétation
(vers 11 - 12è mois après plantation)
5.5. Récolte et rendement
- Sur la Côte-Est : on peut récolter lorsque
le manioc a 6 à 12 mois pour la consommation de racines
fraîches.
- Sur les Hauts-Plateaux : la récolte ne peut se faire
que vers l'âge de 18 à 24 mois
On conseille de récolter durant la saison froide, c'est-à-dire,
de Mai à Octobre afin de bénéficier de
la richesse maximale des racines en fécule.
L'arrachage se fait essentiellement à la main
- Les rendements varient de 3 à 15 T/ha en racines, mais
ils peuvent atteindre 60 T/ha en terres fertiles. Le record
mondial atteint 150 T/ha.
5.6. Accidents - Maladies et Ennemis
5.6.1. Accidents
- Grêle : provoque parfois d'importants dégâts.
Les rendements sont fortement diminués
- Pourriture des tubercules : due à des conditions de
milieu défavorables comme l'excès d'humidité.
D'autres fois, il apparaît une nécrose du cur
des tubercules et ceci est peut-être due à une
carence en oligo-éléments
- Lignification des tubercules : la proportion de bois et de
cellulose des tubercules peut parfois augmenter dans les terres
argileuses, par exemple si l'on garde les tubercules durant
3 ans dans le sol. Ces tubercules lignifiés ne donnent
qu'un faible pourcentage de fécules.
- Malformation des racines : due à des sols mal préparés
5.6.2. Maladies
- Mosaïque : due à un virus qui déforme
et modifie la couleur des feuilles puis fait mourir la plante
dans les cas les plus graves
- Pourridiés : dûs à des champignons qui
asphyxient et font pourrir les pieds de manioc par leur base.
- Feu de manioc : dû à des bactéries qui
provoquent des taches sur les feuilles
- Pourriture des tubercules : due, soit à la pénétration
des bactéries et de champignons dans les tubercules
- Défrissement des extrémités : dû
à des conditions de milieu défavorables (froid)
et à des champignons qui provoquent la mort des extrémités
des tiges et des branches (en particulier l'anthracnose).
Pour lutter contre ces maladies, la voie la plus prometteuse
est l'emploi de variétés tolérantes et
la création de variétés résistantes
5.6.3. Ennemis : les insectes
- Sur les boutures : coléoptères de la
famille des hétéronychus qui rongent les jeunes
boutures qui finissent par mourir. Parfois aussi ils dévorent
la partie centrale de ces boutures.
- Sur les tiges :
¢ Punaises = piquent les jeunes pousses qui flétrissent
et noircissent
¢ Cochenilles : sucent la sève et finissent par
faire mourir les extrémités des jeunes tiges
¢ Coléoptère : ronge et écorce les
tiges
¢ Termites : parfois, creusent les galeries dans les tiges
- Sur les feuilles :
¢ Cochenilles : sucent la sève
¢ Charançons : dévorent le parenchyme foliaire
¢ Coléoptères : dévorent le limbe
des feuilles
¢ Chenilles : rongent les feuilles
¢ Hémiptères : dont les larves rongent les
feuilles ; ce sont des Bemisia, vecteurs de la mosaïque
¢ Sauterelles : dévorent le limbe des feuilles
¢ Bufs : consomment les feuilles et les jeunes pousses
- Sur les racines :
¢ Nématodes : provoquent des déformations
des racines et favorisent l'apparition des pourritures
¢ Rats : rongent les tubercules
¢ Sangliers : apprécient les tubercules non amères
6. TECHNOLOGIE
Le "manioc vert " sert à préparer
des rondelles, des bouchons, des cossettes, de la farine, du
tapioca.
Toutes les opérations de transformation doivent permettre
d'éliminer le glucoside responsable de la formation d'acide
cyanhydrique dans les variétés amères (HCN).
6.1. Préparation des rondelles et des bouchons
Manioc vert
" Lavage : racines propres
" Décorticage : racines sans écorce
" Découpage : rondelles ou bouchons frais
" Séchage : rondelles ou bouchons secs
Rondelles ou bouchons secs
6.2. Préparation des cossettes et de la farine
Manioc vert
" Lavage : racines propres
" Décorticage : racines sans écorce
" Découpage : cossettes fraîches
" Séchage : cossettes sèches
" Broyage : farine
Farine
6.3. Préparation de la fécule et du tapioca
Manioc vert :
" Lavage: tubercules propres épluchées
" Découpage Cossettes fraîches
" Râpage : Lait féculent + débris
" Tamissage :lait féculent + drêches
" Sulfitage
" Décantation : Fécule verte
" Séchage : Fécule sèche exportable
" Broyage : farine de fécule verte
" Cuisson : flocons de tapioca
" Séchage : flocons secs de tapioca
" Broyage : tapioca granulé
" Emballage
6.4. Valeur alimentaire du manioc
Composants Racines fraîches Cossettes Farine
Eau 61,0% 14,8% 13,7%
Matières amylacées 33,6% 74,3% 78,9%
Matières azotées 1,2% 2,7% 2,7%
Matières grasses 0,4% 1,5% 0,5%
Matières minérales 1,2% 2,2% 1,5%
Cellulose 2,6% 4,5% 2,7%
6.5. Détermination de la qualité des farines
de manioc
Les farines de manioc sont classées en 3 classés
A - B - C, suivant leur finesse, leur couleur, leur pureté,
leur viscosité à l'état humide, leur teneur
en cendres, leur degré d'humidité.
7. BIBLIOGRAPHIE
" HUBERT P. Recueil de fiches techniques d'agriculture
spéciale à l'usage des lycées agricoles
de Madagascar - BDPA 1978
" MARTY Paul. Le Manioc - AGRIDOC INTERNATIONAL - BDPA
1993
" G.O.P.R. - MA.E.R. - Fiche technique. 1971
" FO.FI.FA. - Fampitomboana haingana ny taho-mangahazo
atao masomboly - 1997.