LA CANNE A SUCRE
Famille : Graminées
Nom latin : Saccharum
Nom malgache : Fary
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1.
BUTS DE LA CULTURE
La canne à sucre est cultivée pour ses tiges qui
contiennent un jus sucré dont on tire la saccharose ou
sucre cristallisable. Elle est également utilisée
en consommation directe, canne de bouche. De plus, elle est
parfois cultivée comme canne fourragère (consommation
en vert ensilage).
2. BOTANIQUE
La canne à sucre est originaire de la Nouvelle Guinée
: Saccharum officinarum, S. Robustum. D'autres Saccharum (spontaneum,
Sinense, Barbeni) sont utilisés pour la création
des hybrides cultivés actuellement.
2.1. Description :
La tige de canne à sucre atteint 2 à 5m de hauteur
pour un diamètre de 2 à 4 cm. Elle ne se ramifie
pas au-dessus du sol mais les yeux souterrains donnent naissance
à d'autres tiges. Une touffe de canne bien taillée
peut comporter 10 à 15 tiges. La tige se compose d'une
succession de nuds plus ligneux, où sont implantés
les yeux (bourgeons) et d'entre nuds gorgés de
sucre, de couleur jaune, verte, rouge, violette ou brune selon
la variété et rougissent au soleil. (Fig 1 et
2).
La tige porte des feuilles à gaines enveloppantes, alternées
atteignant 1 à 2 m de long et 3 à 8 cm de large
(Fig. 3)
Les racines sont d'abord des racines de boutures qui naissent
de l'anneau radiculaire de la bouture puis des racines de tige
qui se développent en racines superficielles et ramifiées,
racines de soutien plus profondes et racines cordons qui peuvent
descendre jusqu'à 6 m. Après chaque coupe, un
niveau système racinaire se constitue et l'ancien peut
servir d'amendement. (Fig. 4).
22. Cycle végétatif :
La multiplication de la canne à sucre se fait
par boutures. On distingue les phases successives suivantes
:
¢ Phase de reprise : 2 à 4 semaines après
la mise en terre des boutures, les premières tiges apparaissent.
¢ Phase de croissance : elle dure 5 à 7 mois environ.
En fin de croissance, la végétation s'arrête
et l'inflorescence apparaît. Cette phase a surtout lieu
pendant la période de chaleur et de grosses pluies
¢ Phase de maturation : dure en moyenne 6 mois après
l'arrêt de croissance de la canne, période froide
avec de faibles pluiesCoupe des cannes vierges : n'a lieu généralement
qu'entre les 15 et 18ème mois qui suivent la plantation
des boutures. Selon la date de
¢ plantation, on peut couper ces cannes vierges entre les
12 et
¢ 14ème mois qui suivent la plantation. Cette coupe
termine le 1er cycle
¢ Phases de croissance et de maturation des premières
repousses. Elles durent 12 à 14 mois environ après
la coupe des cannes vierges.
¢ Coupe des premières repousses : elle a lieu 2
ans à 30 mois après la mise en place des boutures.
Cette coupe termine le second cycle.
Par la suite, la coupe des repousses aura lieu tous les 12 à
13 mois environ.
Ainsi le cycle végétatif complet de la canne à
sucre peut durer de très nombreuses années si
les conditions du milieu sont favorables. Cependant, il n'est
pas rentable de conserver indéfiniment les mêmes
pieds sur le même terrain. Le cycle cultural ne dure donc
que 5 à 7 ans en moyenne. La pullulation des cigales
oblige les planteurs à ne dépasser le nombre de
3 à 4 repousses après la récolte des cannes
vierges.
3. VARIÉTÉS
Les variétés ou clones sont obtenus par hybridation
entre des parents ayant dans leur ascendance plusieurs saccharum.
A partir de la canne noble (S officinarum), des apports de sang
de cannes sauvages ont permis la création d'hybrides
plus productifs, tolérants à certaines conditions
adverses ou résistants aux maladies. De plus, il est
préférable de planter des variétés
qui ont des périodes de maturité différentes
pour assurer la régularité de ravitaillement de
l'usine de transformation.
4. ÉCOLOGIE
Le cycle de la canne, sa croissance et sa maturation sont
étroitement conditionnés par le climat. L'eau
et la chaleur sont favorables à la croissance tandis
que la sécheresse et le froid (surtout nocturne) sont
favorables à la maturation.
41. Besoins en chaleur
¢ Températures optimales diurnes : germination
26° à 33°
Croissance 28° à 35°
¢ Température minimale de croissance : 15° -
18°
¢ Température létale : (gelée) 0°
42. Besoins en eau
Au stade végétatif, la canne a besoin
de :
¢ 100 à 170 mm par mois de végétation
suivant les conditions climatiques
¢ 1000 à 2000 mm /an avec une saison sèche
marquée de 4 à 5 mois correspondant à la
période de maturation des cannes ; alors que pendant
les 8 à 9 premiers mois (périodes de croissance)
il faut des pluies
43. Besoins en lumière
La canne à sucre exige beaucoup de lumière
tant pour sa croissance que pour la formation du saccharose.
Les cannes cultivées en pleine lumière ont des
tiges plus grosses et plus trapues, des feuilles plus larges,
plus épaisses et plus vertes, des racines plus développées.
La lumière facilite la maturation des cannes en permettant
à l'eau de constitution de se réduire en quantité.
La floraison ne peut avoir lieu en présence de lumière
44. Besoins en altitude
On trouve la canne à sucre sur les Hauts-Plateaux
vers 1.400m d'altitude, mais pour avoir de bons rendements industriels
en sucre, il est conseillé de ne cultiver la canne que
sur les régions côtières ne dépassant
pas 500 m d'altitude.
45. Besoins en sols
La canne pousse dans des sols très divers, pourvu
qu'ils soient profonds, meubles, riches en humus et en éléments
fertilisants, et suffisamment humides. Les meilleurs sols semblent
être ceux qui proviennent de la dégradation des
basaltes et les alluvions profondes.
En ce qui concerne le pH, la canne à sucre demande une
légère alcalinité variant de 7 à
7,5
5. CULTURE
En général, la culture de canne à sucre
dure 4 à 8 ans.
51. Multiplication : on multiplie la canne à
sucre, soit :
¢ Par semis, mais ce mode de multiplication est réservé
aux stations de recherche pour la création de nouveaux
hybrides
¢ Par boutures : c'est le seul mode de propagation employé
en grande culture. On peut utiliser :
- Des "boutures de tête " qui sont les bouts
blancs. Les résultats de ceux-ci ne sont pas excellents,
mais ils ont une très bonne reprise grâce au grand
nombre d'yeux qui s'y trouvent. Ces bouts blancs ne doivent
pas être prélevés sur des cannes ayant fléché.
De plus, il faut enlever les feuilles de la base de ces bouts
et couper les feuilles du sommet et ne garder que 2 ou 3 nuds
au- dessous de la partie verte. (Fig. 6).
- Des "boutures de corps " qui sont des portions de
cannes vierges âgées de 10 à 12 mois ou
de repousses que l'on prélève dans un champ réservé
à cet usage (pépinière). On ne prend pas
de boutures sur la base des tiges qui ont une croissance plus
lente (Fig.7).
- Des " rejetons " qui sont de jeunes tiges qui poussent
à la base des touffes de canne à sucre et qui
servent surtout aux remplacements, lorsqu'ils ont 5 à
6 mois. Ils sont appelés aussi " babas ". (Fig.
5).
Dans tous les cas, on ne garde que les boutures où il
ne manque pas d'yeux, 3 à 4 yeux par bouture, qui n'ont
pas de blessures, ne présentent pas de trous d'insectes,
ni de traces de maladies, qui ont des entre-nuds de longueur
uniforme.
52. Plantation
521. Préparation du sol
La canne ne demande une terre finement ameublie que
pour le lit des boutures
Pour les terrains lourds, on conseille un sous-solage puissant
(surtout en 1ère exploitation) à 0,80 m d'écartement
et 60 cm de profondeur.
Pour les terrains légers, un griffage profond, à
30 - 40 cm de profondeur suffit
Ensuite, il faut :
¢ Un labour de 25 cm de profondeur
¢ Un (ou des) hersage (s) moyen (s) ;
¢ Un sillonnage à 15 - 20 cm de profondeur et 0,90
à 1,80 m d'écartement. La direction de ces sillons
varie avec les dimensions du champ, avec la pente du terrain,
avec le tracé des routes et avec le sens des vents dominants
522. Densité
Les écartements sont très variables suivant
les régions. Mais ceux-ci sont en moyenne de 1,50 m entre
les lignes
Ainsi, pour planter un hectare, il faut 4 à 8 tonnes
de boutures. Avec 1 ha de pépinières, on plante
8 à 15 ha.
523. Modes de plantation
Les boutures sont mises à plat dans le fonds
des sillons en files simples ou même doubles puis recouvertes
de 2 à 5 cm de terre fine. Lorsqu'il fait froid, on ne
mettra que 2 à 3 cm de terre ; lorsqu'il fait chaud et
humide, on les recouvrira de 4 à 5 cm de terre et s'il
fait sec, on les recouvrira de 7 à 10 cm de terre.
La mise en place des boutures doit être réalisée
le plus tôt possible après l'ouverture des sillons.
Les yeux sont placés sur le côté et non
dessous. Une bonne levée commence après 10 à
15 jours
524. Époque de plantation
La plantation doit être effectuée le plus
tôt possible après la coupe des boutures. En culture
pluviale, la plantation se fait :
¢ Soit dès le début de pluies (c'est à
dire en fin de campagne) pour des cannes qui seront récoltées
en vierge à 12 mois environ (canne d'un an ou de petite
culture).
¢ Soit au cours ou vers la fin de la saison des pluies
(en inter-campagne) pour des cannes à récolter
à 16 ou 18 mois (cannes dites de 18 mois ou de "
grande culture ").
53. Entretiens
531. Irrigation : Tous les modes d'irrigation peuvent
être employés : à la raie, par aspersion,
par calan ou en goutte à goutte.
¢ Pour les jeunes plantations :
- Une première irrigation est effectuée le jour
de la plantation ou le lendemain avec 1000 m®/ha
- Une 2ème irrigation 8 à 10 j après la
première
- Une 3ème irrigation trois semaines après la
seconde.
- Les irrigations vont se poursuivre toutes les 3 semaines avec
1.000 m3/ha. On compte 8 à 9 irrigations pour les vierges.
¢ Pour les repousses :
- Irrigations toutes les 3 semaines ou 1 mois, soit 5 à
6 irrigations pour chaque repousse
532. Drainage : La canne à sucre ne peut
vivre dans le milieu asphyxiant d'un sol engorgé d'eau.
Le drainage est donc très souvent le complément
indispensable de l'irrigation. Par ailleurs, le drainage a des
effets bénéfiques sur : le développement
des racines, le réchauffement du sol, la croissance de
la canne, la résistance aux maladies et l'amélioration
de la maturité.
533. Désherbage : - Dès que les
jeunes cannes ont 15 à 20 cm de hauteur et qu'elles sont
envahies par les mauvaises herbes, on fait un premier sarclage
à la main ou mécaniquement si les écartements
le permettent.
- Au cours de la saison des pluies, d'autres sarclages peuvent
être utiles. On peut réaliser 3 à 5 durant
les trois premiers mois qui suivent la plantation
- Quant aux repousses, au cours de leur végétation,
2 ou 3 sarclages sont nécessaires. Pour ce faire, on
traite avec de l'herbicide.
534. Remplacement des manquants : Après
le premier sarclage, on procède au remplacement des manquants
avec quelques boutures que l'on a placées en pépinière
en même temps que la plantation des autres boutures, de
manière à ne pas avoir des cannes d'âge
différent.
Pour les repousses, cette opération est faite de préférence
à l'aide des rejetons.
534. Epaillage : consiste à arracher à
la main les feuilles sèches de la base des tiges pour
faciliter la maturation et la coupe des cannes. On laisse ces
feuilles sur le sol comme paillis. En général
on pratique 2 épaillages avant la récolte. Dans
certaines plantations (cas Nord-Ouest de Madagascar), on brûle
les cannes avant leur récolte pour faire disparaître
les feuilles mortes de la base et faciliter ainsi la récolte
mécanique.
54. Fertilisation
On emploie utilement la méthode du diagnostic
foliaire pour déterminer les besoins de la plante. C'est
un guide sûr pour la conduite de la fumure (et de l'irrigation)
mais son emploi est délicat. A cette fin, on prélève
la 3ème feuille sur des repousses de 4 - 5 mois. Teneurs
normales : N : 1,85% - P = 0,20% - K = 1,20%.
541. Fumure de fond : Quand on dispose déjà
des sous-produits de sucrerie, il est possible d'utiliser les
écumes de défécation riches en chaux et
acide phosphorique ; les vinasses de distillerie riches en potasse
mais présentant une action corrosive sur les canalisations
d'irrigation ; les mélasses riches en k20.
Dans le cas contraire, on fait souvent appel :
- Au chaulage : 3 à 5 t/ha de calcaire broyé par
ha ou 1 à 3 T/ha de chaux pour des sols à pH inférieur
ou égal à 4,5
- Au phosphatage : 100 à 400 kg/ha de P205 à placer
dans le sillon, à la plantation
Pour les jeunes plantations, on peut également enfouir
les engrais verts ou la jachère de 1 an lors des labours
de préparation du sol. Pour les repousses, l'enfouissement
(après la récolte) des feuilles et des extrémités
de cannes peut être pratiqué. Celles-ci peuvent
représenter 20 à 30 T/ha dans les interlignes.
542. Fumure d'entretien :
" Canne vierge : N : 100 kg - P205 = 60 Kg - k20
= 150 Kg
" Repousse : N : 125 kg - P205 = 60 Kg - k20 = 150 Kg
La fumure s'applique dans le sillon 2 à 3 semaines après
plantation sur cannes vierges et aussitôt après
la coupe ou au début des pluies sur repousses.
55. Récolte et rendements
Il faut récolter les cannes lorsque leur teneur
en saccharose est maximum. On peut se baser sur l'allure des
cannes (apparition de l'inflorescence, jaunissement de feuilles,
gonflement des yeux,...) mais le moyen le plus sûr est
d'utiliser le réfractomètre de poche en lisant
directement la teneur en sucre après prélèvement
d'une goutte de jus sur les cannes. Cette teneur est de l'ordre
de 12,5% du poids de la canne. Une canne peut n'être mûre
que 4 à 5 mois après l'apparition de l'inflorescence.
Dans la pratique, le moment de la coupe est fonction :
- de l'âge des cannes : 12 à 14 mois pour les cannes
vierges
12 mois pour les repousses
- de la variété : la S17 est mûre en juillet
- Août
la Ragnar et la Pindar sont mûres en Septembre - Octobre
la B. 37 - 172 et Q.57 sont mûres en novembre - décembre.
Les cannes sont coupées au ras des souches, sans couper
les rejetons, avec des machettes et on les gratte ensuite pour
supprimer les feuilles, les rejets et les racines adventives.
On coupe également les bouts blancs. Si la canne est
trop longue on la coupe en deux.
Les cannes ainsi préparées sont mises en paquets
et portées à dos d'homme jusqu'aux routes entourant
chaque parcelle de plantation, où elles seront expédiées
sur l'usine de traitement. On peut également mettre en
andins les cannes coupées et les ramasser mécaniquement.
Les délais entre coupe et broyage ne doivent pas dépasser
24 heures si la canne est " brûlée "
et 48 heures si elle est coupée en " paille ".
Les rendements moyens en cannes vierges varient de 80 à
100 T/ha et on peut atteindre facilement 120 T/ha et plus.
Dans les plantations familiales les rendements varient entre
40 et 60 T/ha.
Les rendements moyens en culture de repousses varient de 50
à 80 T/ha. Ils laissent au fur et à mesure que
le nombre de repousses augmente.
En culture pluviale, les rendements varient de 65 à 75
T/ha tandis qu'en culture irriguée, on doit obtenir 85
T/ha au moins et si possible 100 T/ha.
6. MALADIES ET ENNEMIS
Maladies et ennemis Principaux symptômes Traitement
- Charbon
Morve rouge
- Ananas
- Rabougrissement
- Stries chlorotiques
- Maladie de Fidji
- Borers
- Nématodes
- Vers blancs, cigales, termites
Rats Fouet charbonneux, tiges allongées et fines
Nervures feuilles rougies
Tiges et boutures rougies
Pourriture rouge des bordures, odeur d'ananas
Aucun. Parfois discolorations rouges en virgules dans les nuds
Lignes jaunâtres à bords mal définis, fugaces
ou se nécrosant au centre
Déformation du sommet. Tumeurs jaunes étroites
de ± 1 cm de long, en relief surface inférieure
des jeunes feuilles
Tige creusé par les larves entraînant la baisse
du taux de sucre
Attaque grave sur les racines surtout en sol sableux.
Insecte des racines
Traitement thermique à 54° pendant 25 mn - variétés
résistantes
Variétés résistantes
Choix des boutures
Variétés résistantes. Traitement des boutures
dans une solution de mercoran
Traitement des boutures à 55° pendant 2 h. Désinfection
des couteaux
Traitement des boutures à 50° pendant 30 mn ou à
52° pendant 20 mn.
Variétés résistantes
Lutte biologique
Traitement du sol
Lutte chimique et biologique
Appâts
7. UTILISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS
A partir du jus de canne, on fabrique du rhum et diverses
boissons alcoolisées.
Le jus de canne est d'autant plus riche que la pression d'extraction,
est plus faible. Le Brix (Brix = Saccharose + Impuretés
solubles) du jus prélevé à la gouge ou
par torsions est plus élevé que celui du jus du
premier moulin usine correspondant.
Les sous-produits de la fabrication industrielle du sucre de
canne sont :
" La bagasse (résidu ligneux) utilisée comme
combustible de la sucrerie ou pour la fabrication de panneaux,
de la pâte à papier ; la cire peut-être également
extraite.
" La mélasse utilisée, après fermentation,
en distillerie pour produire des rhums et alcools industriels,
en levurerie ou en autres productions. Elle sert également
d'aliment du bétail en direct ou en mélange ;
" Les écumes (boue ou tourteaux), de filtration
qui servent d'amendements pour les terres ;
" Les cendres de bagasse également.
Les bouts blancs ou extrémités supérieures
des tiges coupées lors de la récolte peuvent être
servis comme fourrage pour les animaux.
Pour extraire le saccharose, il faut effectuer les opération
suivantes
CANNE A SUCRE
Canne (100 kg)
Eau (30 kg)
Bagasse(30 kg)
Jus trouble (100 kg)
Jus (sulfi - chaulé)
Boues
Jus clair
Ecumes (3kg)
Sirop
Masse cuite
Mélasse (4kg)
Aliment du bétail Sucre (11 kg)
Alcool Vinasse
8. BIBLIOGRAPHIE
" " Mémento de l'Agronome ".- Nouvelle
édition. République Française - Ministère
de la Coopération - 1984
" " Recueil des Fiches Techniques d'Agriculture Spéciale
" par M. Paul HUBERT - Ingénieur d'Agronomie - 1968
- Tome 2
" " Guide pratique de défenses des cultures
" par l'ACTA (Association de Coordination Technique Agricole)
sous la direction de R. Bailly - 1990
" " Larousse Agricole " publié sous la
direction de Jean-Michel Clément - Librairie Larousse
- 1981
" " Fiche Technique - M.A.E.R. - G.O.P.R. - Z.E.R.
Ambilobe.
|
- Ihosy - Ankazoabo - Antsiranana
- Ankazoabo Ihosy
- Sakay - Itasy - Ambalavao
- Alaotra - Antsiranana
- Ankaramena
- Province Tuléar
- Sud et sud-ouest
- Ambilobe
Ankazoabo - Soavina
- Ankaizina - Fiherenana
|
Hybride 33
Petit espagnol
Mwitunde
SA - 156
1034
Tsifeno - Boha
52 - 103 - et 61 - 24
Virginia - Bunch 280
Valencia 247
|
100 - 120 jours
120 jours
130 - 150 jours
145 jours
150 jours
120 jours
100 - 110 jours
120 - 130 jours
90 - 120 jours
|
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5. TECHNIQUES CULTURALES
Il existe trois types de culture de l'arachide à Madagascar
:
- La culture pluviale : c'est la plus courante. Elle couvre 90% des
surfaces consacrées à l'arachide et elle produit 80%
de la production totale.
- La culture de décrue : on la rencontre sur les baiboho de
la Côte-Est. Ce type de culture donne les plus forts rendements
et la plus belle qualité des gousses.
- La culture irriguée : que nous ne citons que pour mémoire
5.1. Semences
5.1.1. Choix de semences
Les arachides de semences doivent être récoltées
par beau temps, séchées sur perroquet durant un mois,
égoussés soigneusement et mises en sac dans un local
bien sec.
Une bonne semence doit :
- Avoir atteint sa pleine maturité : une graine mûre
et lisse et bien remplie
- Elle doit être bien constituée, intacte, c'est-à-dire
posséder sa pellicule
- Elle ne doit pas présenter des blessures d'attaques d'insectes
ou de traces de maladies.
- Une fois les semences bien choisies, il faut contrôler leur
faculté germinative et leur énergie germinative : on
n'utilisera que des semences ayant une faculté germinative
de 90% et une énergie germinative de 80% au bout de 3 jours.
5.1.2. Traitement des semences
Pour protéger les graines pendant leur germination
puis les jeunes plants le plus longtemps possible contre les insectes,
les corbeaux et les maladies, on traite les semences avec un insecticide,
un corvifuge et un fongicide. Et que pour que tous ces produits adhèrent
bien à la surface des semences, on ajoute un adhésif
: du carboxyméthylcellulose
5.2. Semis
5.2.1. Choix de la date de semis
En culture traditionnelle, le semis est en général
trop tardif.
En culture pluviale, on préconise un semis d'autant plus précoce
que la région est à faible pluviométrie ou à
saison de pluies trop courte. Aussi choisit-on la date de semis et
la variété de manière à ce que la récolte
ait lieu peu de temps après l'arrêt des pluies. Ceci
est très important pour les variétés qui ont
une dormance très courte, comme Valencia et qui peuvent germer
avant l'arrachage.
- Extrême Sud : Semis fin novembre, début décembre
- Reste de la Province de Tuléar : Semis du 10 au 20 décembre
(variétés tardives) du 20 au 30 décembre (variétés
hâtives)
- Hauts-Plateaux : semis début décembre variétés
tardives, fin décembre - début janvier variétés
hâtives
- Lac Alaotra : semi-début décembre variétés
tardives et semis fin décembre variétés précoces
- Province Majunga : Semis 1ère quinzaine décembre variétés
tardives et 1ère quinzaine de janvier variétés
hâtives
- Province Diégo-Suarez : semi-début décembre
variétés tardives
Semis 1ère quinzaine de janvier variétés hâtives
En culture de décrue, il faut attendre le ressuyage du sol
après la décrue et procéder au semis le plus
rapidement possible afin que la plante puisse trouver assez d'eau
dans le sol. Ce semis se fait d'avril à juin suivant la région.
En culture irriguée, le semis se fait en décembre, donc
au début des pluies. Les irrigations ne servent que comme appoint
d'eau lorsque les pluies sont trop faibles ou trop mal réparties.
5.2.2. Préparation du sol
Culture pluviale : épandage de la fumure puis il faut
faire un labour léger de 10 à 20 cm de profondeur, au
début de novembre. Pulvériser les mottes et affiner
avec l'aide d'hersages croisés.
Culture de décrue ; après décrue vers fin Mars
- Avril, il faut débarrasser le terrain de la végétation
spontanée et labourer à 10 - 15 cm de profondeur puis
pulvériser les mottes. Faire le tout rapidement que possible
afin de pouvoir semer dans une terre fraîche et humide.
Culture irriguée : préparation du sol identique à
celle de la culture pluviale. Confectionner des billons de 15 à
20 cm de haut entre lesquels l'eau d'irrigation pourra s'écouler,
et faire des billons jumelés distants de 30 cm.
5.2.3. Modes de semis
Le semis doit se faire en lignes et en poquets. En terrain
en pente, les lignes doivent suivre les courbes de niveau.
En culture traditionnelle on met 2 à 3 graines par trou, les
écartements varient avec la variété et l'époque
de semis. On trouve souvent des densités de 50.000 à
80.000 pieds à l'hectare.
En culture améliorée, on insiste sur l'intérêt
qu'offrent les fortes densités (meilleure couverture du sol
et meilleure résistance à la rosette). On préconise
les densités variant de 160.000 à 300.000 pieds à
l'hectare.
Les distances entre les lignes et sur les lignes peuvent être
les suivantes :
40 x 10 cm soit 250.000 pieds/ha
20 x 20 cm soit 250.000 pieds/ha
25 x 25 cm soit 160.000 pieds/ha
50 x 10 cm soit 200.000 pieds/ha
Les écartements de 20 ou 25 cm entre les lignes sont recommandés
pour les semis et l'entretien à la main, tandis que 40 ou 50
cm sur les lignes sont recommandés pour le semis au semoir
et l'entretien à la houe.
5.2.4. Quantité de semences
Pour une compacité moyenne de 200.000 pieds/ha, on
utilise 80 à 85 kg de graines à raison de 1 graine par
poquet.
Pour 100 kg d'arachides en gousses donnant 70 à 75 kg de graines,
on utilisera pour la compacité précédente 120
kg d'arachides en coque.
5.2.5. Fertilisation
. Fumure organique : on ne doit pas cultiver l'arachide en
tête de classement sur une parcelle fumée au fumier de
ferme. Ce dernier, surtout s'il est frais, provoque un fort développement
de la partie aérienne et provoque l'apparition des gousses
vides. Il vaut mieux placer l'arachide en seconde position dans une
rotation.
Cependant, dans les sols très pauvres il est bon de mettre
10 à 20 T/ha de fumier bien décomposé.
. Fumure minérale : à Madagascar, les cultures d'arachide
se font essentiellement sur des sols ferralitiques et sur des sols
ferrugineux tropicaux qui sont tous deux caractérisés
par leur grande pauvreté en sels minéraux.
Aussi convient-il de commencer la fumure minérale en faisant
la 1ère année une fumure de redressement à base
de : - acide phosphorique : 300 u/ha sous forme de phosphate tricalcique.
- Potasse : 60 u/ha sous forme de chlorure de potassium
- Dolomie : 1 T/ha
Les années suivantes une fumure d'entretien annuelle suffira
:
- Azote : 15 u/ha sous forme de sulfate d'ammoniaque, épandu
en une seule fois au moment de semis
- Acide phosphorique : 40 u/ha sous forme de phosphate bicalcique,
enfoui lors du labour
- Potasse : 30 u/ha sous forme de chlorure de potassium enfoui également
lors du labour.
5.2.6. Entretiens
L'arachide redoute surtout la concurrence des mauvaises herbes
et la sécheresse du sol.
Après semis on recommande de pratiquer un binage léger.
Après la levée, il est parfois utile de procéder
au remplacement des manquants.
2 à 3 semaines après semis, il faut faire un premier
sarclage-binage, second sarclage-binage 1 mois après le 1er.
Un 3ème sarclage-binage peut être nécessaire.
Vers 2,5 à 3 mois, c'est-à-dire vers la fin de floraison,
il est utile de procéder à un buttage. Celui-ci favorise
la fructification et atténue l'érosion du sol.
L'emploi des herbicides maintient la culture propre durant 5 à
8 semaines. Un seul désherbage est alors nécessaire
par la suite.
5.3. Récolte et Rendement
5.3.1. Récolte
Lors de la récolte, du fait de la floraison échelonnée
dans le temps de l'arachide, toutes les gousses ne sont pas mûres
en même temps. En principe, on récolte lorsque 10% des
gousses ne sont pas mûres.
Si on récolte trop tôt, le pourcentage non mûr
est important, le rendement est très faible.
Si on récolte tardivement la terre durcit et l'arrachage devient
compliqué, les gousses et les fanes perdent leur qualité.
En culture pluviale, la récolte se pratique en avril- mai.
En culture de baiboho d'août à septembre
En culture irriguée : en avril
La première opération de la récolte est l'arrachage
La seconde opération est le séchage. Au moment de la
récolte, la teneur en eau des tiges et des feuilles est de
60 à 80% et celle des gousses environ 35% Pour une bonne conservation,
il faut abaisser rapidement la teneur en eau des gousses aux environs
de 15% puis lentement jusqu'à 8 à 10%, puis on les rassemble
sur un perroquet, les feuilles, à l'extérieur et les
gousses à l'intérieur. On laisse les pieds d'arachide
durant 4 à 6 semaines sur le perroquet.
La troisième opération de la récolte est l'égoussage.
Cette opération peut se faire à la main par battage
avec un bâton ou mécaniquement.
5.3.2. Rendement
Les rendements sont très variables :
- En culture de décrue, les extrêmes varient de 800 à
3.000 kg de gousses sèches à l'hectare, la moyenne se
situe entre 1.200 et 1.750 kg.
- En culture pluviale, les extrêmes varient de 500 à
2.000 kg de gousses sèches à l'hectare, la moyenne est
de 700 à 900 kg
- En culture irriguée, les rendements varient de 2.000 à
3.000 kg/ha.
Le poids de fourrage récolté est supérieur à
celui des gousses. Dans les bonnes cultures, on récolte 2 à
3 tonnes de fourrage.
6. MALADIES
6.1. Maladies
¢ Pourriture du collet des plantes : cette pourriture
est due à de nombreux champignons qui peuvent causer de graves
dégâts dans les jeunes semis. La plantule flétrit
et meurt.
¢ Maladie à scléroses : due à un champignon
qui provoque la nécrose du collet et de la base des tiges.
Les zones envahies portent un mycélium blanc (petits points
globuleux 1 mm)
¢ Bactériose : due à une bactérie, les plants
attaqués se fanent brusquement.
¢ Cercosporiose : c'est l'une des maladies les plus graves et
les plus répandues pour l'arachide. Sur les feuilles on trouve
des taches de 1 à 12mm de diamètre circulaire et de
couleur brune.
¢ Rosette : due à un virus. La plante est rabougrie, les
entre-nuds courts et les feuilles petites. Ce virus est transmis
par les pucerons. La récolte des pieds atteints est nulle.
¢ Pourriture des gousses et des graines : due à des champignons
qui se développent surtout lorsque le taux d'humidité
des gousses est trop élevé. Les graines atteintes sont
inconsommables et impropres à la culture.
6.2. Ennemis
- Coléoptères : qui rongent les semences, puis
les feuilles et les fleurs
- Hetéronychus : qui coupent les pieds d'arachide au-dessous
du niveau du sol
- Citadelles : qui piquent les folioles pour sucer la sève
!
- Punaises : qui piquent les jeunes pousses et les feuilles qui flétrissent
et noircissent.
- Pucerons : qui piquent les jeunes pousses et les feuilles pour sucer
la sève. Ils transmettent la rosette.
- Charançons qui rongent les feuilles et les graines des gousses
stockées
- Acariens : qui piquent les feuilles pour se nourrir de la sève.
- Cochenilles : qui piquent les racines et les gousses dans le sol.
- Nématodes : qui provoquent la formation des galles sur le
pivot, les racines latérales, les gynophores et les gousses.
- Termites : qui peuvent détruire les racines, ronger les tiges
et perforer les gousses.
- Grillons : qui coupent les jeunes tiges.
- Corbeaux : qui consomment les graines, et déterrent les gousses
mûres.
- Bruches : qui pénètrent à l'intérieur
des gousses des arachides stockées et rongent les graines.
- Rats : qui prélèvent un nombre important de gousses
lors de la maturation et de la récolte.
- Sangliers : qui consomment les gousses en voie de maturation
7. UTILISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS
Les cultures d'arachide sont soit destinées à
la fabrication de l'huile, soit à la préparation des
arachides de bouche.
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7.1. Suite des opérations pour l'extraction
de l'huile
- Arachide en gousses :
- Nettoyage ---------------------------------->
- Décorticage -------------------------------->
- Dépelliculage ------------------------------->
- Broyage------------------------------------->
- Chauffage et humidification ----------------->
- 1er Pressurage------------------------------>
- 2ème Pressurage---------------------------->
- Démucilagination---------------------------->
- Neutralisation------------------------------->
- Décoloration-------------------------------->
- Désodorisation------------------------------>
- Stockage
Mise en fûts ou en bouteilles ou en bidon huile d'arachide
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Gousses propres
Graines + débris de coques
Graines démunies de leur pellicule
Pâte
Pâte chaude et humide
Huile et tourteaux de 1ère pression
Huile et tourteaux de 2ème pression
Huile dépourvue de mucilage
Huile sans acides gras libre
Huile d'une belle couleur
Huile de mauvaise odeur
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L'huile ainsi obtenue doit être stockée dans des réservoirs
très propres, à l'abri de la lumière, de la chaleur
et de l'humidité.
En ce qui concerne les alfatoxines, on estime que l'huile brute en
renferme 5% de la quantité contenue dans les graines (95% dans
les tourteaux) mais que les opérations de raffinage, si elles
sont bien faites, suppriment toute trace de ces substances toxiques.
7.2. Suite des opérations pour la préparation
des arachides de bouche
- Arachides en gousses
- Triage----------------------------------->
- Lavage et brossage---------------------->
- Séchage--------------------------------->
- Triage
- Stockage
Arachides de bouche
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Gousses de bonne présentation
Gousses propres et brillantes
Gousses sèches
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Les arachides de bouche ainsi préparées sont désinfectées
avant leur stockage. On doit obligatoirement employer un fumigeant
(bromure de méthyle ou mélange de dichlorure d'éthylène
et de tétrachlorure de carbone) durant 24 heures. Puis le
stockage se fait dans des magasins réfrigérés
en atmosphère de gaz carbonique ou d'azote.
7.3. Résultats
Les gousses d'arachide renferment 68 à 80% de graines
et 20 à 32% de coques.
Les graines sont composées de : 72,6% de cotylédons
4,1% de tégument séminal
3,3% d'embryon
La teneur en huile des cotylédons varie de 45 à 53%.
A Madagascar, on compte que les arachides décortiquées
donnent :
30% d'huile de 1ère qualité (alimentation)
5 à 10% d'huile de seconde qualité (savonnerie)
55% de tourteaux
7.4. Sous-produits
- Tourteaux : suivant le mode d'extraction de l'huile, on
peut obtenir 3 sortes de tourteaux :
" Tourteaux pailleux dont la valeur alimentaire est très
faible
" Tourteau coloré en rose
" Tourteau blanc très nutritif et digestible
Les tourteaux colorés et blancs ont une très grande
valeur alimentaire : 40 à 50% de matières azotées,
1 à 8% de matières grasses, des vitamines et des sels
minéraux
- Les pellicules : elles peuvent remplacer certains sons dans les
rations animales. Elles contiennent : 15,75% de matières
azotées, 1,5% de matières grasses, 25% de cellulose
et 5,5% de matières minérales.
- Les sons : ils contiennent : 16,5 à 21,5% de matières
azotées, 15 à 26,5% de matières grasses, 20,5
à 17,7% de celluloses et 5 à 6% de matières
minérales.
- La farine : elle est fabriquée soit à partir des
graines entières, soit surtout à partir des tourteaux.
Elle sert à l'alimentation animale mais surtout à
l'alimentation humaine
8. BIBLIOGRAPHIE
- Fiche technique d'Agriculture spéciale par P. HUBERT,
ingénieur d'agronomie
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