1. DESCRIPTION DE LA FILIERE
1.1 Le milieu naturel
Les holothuries, connues sous le nom de trépangs à
l'état sec, très prisés par les Asiatiques,
ont été exploitées à Madagascar
depuis 1920. On dénombre plus de 1200 espèces
d'holothuries dans le monde, mais seules 300 espèces
sont tropicales, parmi lesquelles une vingtaine sont d'intérêt
commercial. Parmi les espèces les plus exploitées
à Madagascar on peut citer Holothuria scabra (Tricot),
Holothuria nobilis (Benono), Holothuria scopunctata ( Goaka
be), Thelenota ananas (Rasta, Brosse), Stichopus varietegatus
(Trakitera, pantouf), Actinopyga echnites (Dingadingambato).
Les grandes zones de production
à Madagascar peuvent être regroupées en
trois : (i) le Nord, autour de Nosy-Be, (ii) le centre de la
côte Ouest, autour de Mahajanga et (iii) le Sud, autour
de Toliara.
Les exportations de trépang étaient
proches de 600 tonnes en 1991 et 1994 (équivalent à
plus de 6 000 tonnes de captures),
1.2 Les techniques et les produits
- Les techniques de préparation des holothuries varient
selon les espèces, d'une zone à une autre, d'un
village à un autre et, même, d'un pêcheur
à un autre. En général, le traitement comprend
six étapes :Première cuisson , Incision , Seconde
cuisson, Eviscération Fumage,Séchage au soleil
:.
Le traitement des holothuries en trépang
entraîne de fortes réductions de la longueur (environ
50%) et du poids (environ 90%).
1.3 Les acteurs
La pêche à pied est pratiquée, habituellement,
par quelques membres de la famille du pêcheur. Ensuite,
généralement, les femmes s'occupent du traitement
et de la vente des produits.
Généralement, la récolte
et le traitement des holothuries sont assurés par les
pêcheurs eux-mêmes aidés, lorsque c'est leur
activité principale, de la famille entière. Au
retour de la pêche, certains vendent leurs produits directement
aux collecteurs qui se chargent du traitement. Aucune enquête
n'a été réalisée pour recenser le
nombre de personnes impliquées dans la récolte
et la pêche d'holothuries ainsi que dans leur collecte
au niveau des villages des pêcheurs.
Les collecteurs livrent les produits, déjà
traités, soit à des opérateurs intermédiaires
des villes les plus proches qui les vendent, à leur tour,
à des exportateurs d'autres provinces (Antananarivo,
Toamasina), soit directement à des exportateurs localisés
dans ces villes ou ailleurs. En 2003, il a été
recensé 25 exportateurs de trépangs.
1.4 Les structures et modes d'organisation
1.4.1 Structures de production
Pour la pêche à pied ou piroguière, il n'y
a pas d'organisation particulière. Chaque pêcheur
et sa famille travaillent individuellement. Il en est de même
pour les collecteurs. Certains opérateurs intermédiaires
achètent des embarcations motorisées, recrutent
des pêcheurs qu'ils font travailler dans des zones assez
éloignées de leur base. Les frais de marées
(carburant, vivres) sont avancés par le propriétaire
de l'embarcation puis remboursés par les membres d'équipage.
1.4.2 1.4.2 Structures d 'appui
Les exportateurs de trépang ont créé, en
1996, l'Organisation Nationale des Exploitants des Trépangs
et Holothuries ou ONETH, qui s'est fixé comme objectifs
l'amélioration de la qualité des trépangs
ainsi que la formation des exploitants et des pêcheurs
pour une meilleure gestion de la ressource. Elle se propose
aussi d'être l'interlocuteur de l'administration sur la
question de l'attribution des autorisations d'exploitation.
1.4.3 Structures de gestion
La gestion de l'exploitation des holothuries implique plusieurs
structures du MAEP. Le Service de la Promotion de la Pêche
Artisanale et Traditionnelle, de la Direction de la Pêche
et des Ressources Halieutiques, traite les demandes d'autorisations
l'émission des permis de collecte et le paiement des
redevances correspondantes (2 agents).
1.5 L'économie globale de la filière
Parmi les produits halieutiques que Madagascar exporte, les
trépangs occupent le sixième rang (0,93%), en
terme de valeur, après les crevettes (73,29%), les conserves
de thons (15,70%%), les poissons (5,54%), les langoustes (1,85%)
et les céphalopodes (1,01%) . Elles ont apporté
l'équivalent de 9.818.100.000 FMG de devises étrangères,
pour l'année 2001.
Les espèces à fort intérêt
commercial, dites de première catégorie, sont
:
- les holothuries à mamelles (H. nobilis et H. fuscogilva).
Elles atteignent les meilleurs prix, mais sont, en général,
peu abondantes ;
- les holothuries de sables (H. scabra et H. scabra versicolor).
Leur cours est plus variable. C'est l'espèce qui fournit
actuellement la grande partie des captures mondiales.
Elles sont vendues par les collecteurs entre 30.000 FMG et 80.000
FMG/kg.
Les espèces à intérêt
commercial moyen, de deuxième catégorie, comprennent
les espèces du genre Actinopiga , Stichopus variegatus
et S. horrens. Les collecteurs les proposent entre 16.000 FMG
et 25.000 FMG/kg.
Les espèces à intérêt
commercial faible, de troisième catégorie, comprennent
celles du genre Bohadschia. On les acquiert entre 3.500 FMG
et 8.000 FMG/kg auprès des collecteurs.
Hong-Kong, est le marché principal
pour le trépang. Ses importations se situent autour de
7.000 tonnes et sont fournies, principalement par l'Indonésie
et les Philippines. Singapour est le second marché pour
les importations et les ré-exportations..
Les prix à l'exportation varient beaucoup selon les espèces,
la taille, la qualité et les clients..
2 CONTEXTE ECONOMIQUE
ACTUEL
2.1 Opportunités
Forte demande sur les marchés asiatiques
2.2 Atouts
Techniques de pêche faciles et peu coûteuses pour
les pêcheurs traditionnels
Produit non périssable, après traitement, donc
facile à conserver au niveau des pêcheurs
Prix aux pêcheurs plus intéressants que ceux d'autres
produits
3 POLITIQUE (GRANDES
LIGNES)
3.1 Enoncé de la politique
Il s'agit d'éviter la baisse des recettes en devises
apportées par l'exportation des trépangs ainsi
que d'améliorer le revenu et les conditions de vie des
pêcheurs traditionnels exploitant cette ressource.
3.2 Objectifs
Les objectifs assignés à la filière trépang
sont, essentiellement, de
- éviter la baisse de production,
- mieux valoriser les captures.
3.3 Stratégies
Pour réaliser ces objectifs, les stratégies suivantes
sont préconisées
- éviter la surexploitation des stocks exploités,
- promouvoir la production par le grossissement des juvéniles
- amélioration du traitement et du conditionnement des
produits
3.4 Grands axes d'actions
Le plan directeur 2004-2007 prévoit les axes d'actions
suivants :
- définition et application d'un plan d'aménagement
de l'exploitation des holothuries, en choisissant comme zones
pilotes celles reconnues de production importante et menacées
de surexploitation et en appliquant les résultats obtenus
aux autres endroits,
- amélioration des connaissances sur la ressource, accompagné
du renforcement de la capacité des scientifiques malgaches
dans l'évaluation des stocks et du suivi de l'exploitation
de la ressource
- amélioration des conditions de travail et de vie des
pêcheurs par le biais de projets de développement
intégré,
continuation de l'expérience de grossissement, à
partir de juvéniles, puis vulgarisation de la méthode