FILIERE THON


1. DESCRIPTION DE LA FILIERE

1.1 Le milieu naturel
Les thons et les espèces associées sont une des ressources halieutiques les plus importantes de l'Océan Indien. Ce sont des grands migrateurs qui se déplacent sur de grandes distances, ignorant les frontières des Zones Economiques Exclusives et des mers internationales, à la recherche de poissons-proies et de températures qui leur conviennent. Des quantités relativement importantes de ces poissons, estimées à 52.000 tonnes/an , passent, au cours de leur migration, dans les eaux malgaches. Ils sont pêchés à Madagascar, pour l'essentiel, dans les eaux du nord et celles du canal de Mozambique, hors de la mer territoriale de 12 milles nautiques, notamment pendant la période allant de décembre à juin.

1.2 Les techniques et les produits

Les thons dits " majeurs ", qualifiés d'océaniques, sont des espèces rencontrées au large et qui sont capturées essentiellement par la pêche industrielle, tandis que les thons dits " mineurs " et certaines espèces associées, plutôt néritiques, sont ciblées par la petite pêche côtière et les " poissons porte-épée ", comme les espadons, voiliers et marlins, eux, intéressent la pêche sportive.

1.3 Les acteurs

Presque tous les pêcheurs traditionnels travaillant avec des lignes à main ciblent les espèces assimilées au thon, lorsque c'est la saison. A Toliara, chez les Vezo, est considéré comme pêcheur habile celui qui a pêché le plus de thons dans le village..
La totalité des bateaux industriels travaillant dans les eaux malgaches sont des thoniers étrangers munis d'une licence obtenue contre paiement de redevances. En 2003, l'Union Européenne a été autorisée à faire entrer 40 senneurs et 40 palangriers dans les eaux malgaches. Des armateurs asiatiques ont aussi acheté, pour la même année, 23 licences pour des palangriers. En moyenne les thoniers industriels embarquent 20 à 25 membres d'équipage. Selon les accords passés avec les armateurs, chaque bateau doit prendre 2 marins nationaux et l'ensemble de la flotte des observateurs dont le nombre est fixé à au moins 30% de l'effectif total des bateaux.

L'unique conserverie d'Antsiranana achète, en moyenne, 35.000 tonnes de thons/an et emploie une centaine de personnes. Elle jouit du régime des entreprises franches.
Une quinzaine d'opérateurs offre les services recherchés par les thoniers :
Une trentaine d'agents de l'administration sont impliqués dans la gestion de l'exploitation des thonidés (suivi de l'application des accords, délivrance des licences, contrôle et surveillance, suivi statistique).

1.4 Les structures et modes d'organisation
1.4.1 Structure de production
L'Union Européenne représente les armateurs français et espagnols à la pêche aux thons pour ce qui concerne l'accord de pêche passé avec le gouvernement malgache. C'est elle qui s'occupe de la répartition des licences octroyées entre ces armateurs. Elle assure le suivi du paiement de la part des armateurs ainsi que de l'application de l'accord en général.
Certains armateurs asiatiques de palangriers passent directement des accords avec le gouvernement malgache..
1.4.2 Structures d 'appui
Afin de pouvoir mieux coordonner et rationaliser leurs activités, AUXIMAD (consignataire des armateurs étrangers), la SECREN (réparation des bateaux), LA SALINE (approvisionnement en sel) se sont associés pour former le Groupement Inter-professionnel pour le Développement des Activités Thonières (GIDAT).
Pour la branche industrielle, les thons capturés sont commercialisés sous quatre formes distinctes sur le plan mondial : 10% sont vendus frais et réfrigérés, 15% sont congelés, généralement à sec, pour le sashimi , 60 à 65% sont congelés en saumure à -20°C pour approvisionner les conserveries et 10 à 15% sont destinés à la production de thon salé-séché ou fumé.
1.4.3 Structure de gestion
La gestion de l'exploitation des thons dans les eaux malgaches implique plusieurs structures relevant de la tutelle du MAEP. Le Service de la pêche industrielle de la Direction de la Pêche assure le suivi de l'application des accords et la délivrance des licences (1 agent). Le Centre de Surveillance des Pêches s'occupe du suivi satellitaire (1 agent), du contrôle en mer (équipage du bateau), et de l'envoi d'observateurs à bord des thoniers. L'Unité Statistique Thonière d'Antsiranana (10 agents) est chargée de collecter les données statistiques sur les activités thonières à Antsiranana. Madagascar est membre de la Commission Thonière de l'Océan Indien qui est une structure régionale qui vise une meilleure connaissance des ressources thonières de cet océan afin d'en assurer une exploitation rationnelle.

1.5 L'économie globale de la filière
Les redevances sur les licences versées dans la caisse de l'Etat ainsi que les compensations financières affectées à la réalisation de différents projets (accord avec l'Union Européenne) s'élevaient, pour 2001, à 944 000 euros pour les thoniers européens et à 1 016 000 US$ pour les armateurs asiatiques. En 2003, ces montants étaient respectivement de 118 600 euros et
83 000 US$.
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2 CONTEXTE ECONOMIQUE ACTUEL

2.1 Opportunités

Tendance à la hausse de la demande du marché international
Armateurs étrangers voulant rester dans la région faute de zones de pêches meilleures

2.2 Atouts
Besoins de la conserverie d'Antsiranana non satisfaits
Existence de la SECREN et de LA SALINE
Le port d'Antsiranana réhabilité et agrandi, bien profond et abrité
Ville d'Antsiranana accueillante

3 POLITIQUE (GRANDES LIGNES)

Il s'agit, pour le moment, de maximiser les profits tirés de la pêche étrangère aux thons.
L'expérience de la gestion du thon dans la partie Sud du Pacifique pourrait être utile dans la formulation de la politique régionale pour le Sud Ouest de l'Océan Indien. Enfin, le plan directeur précise qu'il faudrait procéder par voie d'appel d'offres pour l'octroi des nouvelles licences, afin de stimuler la concurrence qui maximisera les redevances payées par les armateurs.

3.1 Objectifs
- augmenter les apports en devises des thoniers étrangers,
- développer les activités connexes locales,
- augmenter le nombre d'emplois créés à terre.

3.2 Stratégies
- maximiser les redevances et autres compensations financières payées par les pays ou armateurs étrangers en stimulant la concurrence avec un système basé sur les mécanismes du marché,
- proposer et vendre aux thoniers étrangers, de passage dans les ports malgaches et dans la sous-région, des services attrayants et compétitifs (réparation navale, avitaillement, etc.),
- renforcer la surveillance et l'embarquement des observateurs à bord.

3.3 Grands axes d'actions
- harmonisation des dispositions des accords de pêche en vigueur,
- définition d'un système d'octroi de licences de pêche aux thons par appel d'offres,
- création d'un environnement économique, juridique et organisationnel favorable pour attirer les thoniers étrangers dans les ports malgaches,
- adaptation des ports aux besoins de la filière.

Par ailleurs, la Direction de la Pêche et des Ressources Halieutiques compte renforer le rôle de Madagascar au sein de la Commission Thonière de l'Océan Indien