1. DESCRIPTION DE LA FILIERE
1.1 Le milieu naturel
Madagascar dispose de :
- 1500 km² à 1600 km² de plans d'eau naturels
favorables à la pisciculture en cage et/ou en enclos
;
- 1750 km² à 2000 km² de rizières irriguées
dont 340 km² propices à la rizipisciculture et pour
lesquels 15 km² sont empoissonnés ;
- 20 km² de surface à bonne maîtrise d'eau
aménageables en étang pour lesquels 4 km²
sont empoissonnés. Les 1750-2000 km² de rizières
propices à la rizipisciculture sont capables de produire
30.000 tonnes de poissons de taille marchande par an. L'élevage
en étangs (85.000 étangs en 1962) a régressé
énormément depuis près de trente ans en
surface et en production.
Ces deux constats ont poussé l'administration
des pêches avec la FAO à développer plutôt
la rizipisciculture. Dès 1990, la production piscicole
a commencé à augmenter régulièrement.
En 1995, la production de poissons a été multipliée
par 14, passent de 230 tonnes (1990) à 3.177 tonnes dont
2.227 tonnes dans les rizières.
1.2 Les techniques et les produits
Créées au début des années 1900,
deux stations de recherche piscicole axée sur la génétique
sont gérées par le Département des Recherches
Forestières et Piscicole (DRFP) du ministère chargé
de la recherche scientifique et 31 stations piscicoles de production
d'alevins sont gérées par le ministère
chargé des pêches.
Les alevins produits sont cédés
aux paysans rizipisciculteurs et pisciculteurs en étang.
Une partie est déversée dans les plans d'eau.
Parmi les poissons produits, la carpe
(Cyprinus carpio) de variété royale est largement
dominante. Elle a une croissance rapide et une adaptation facile
au biotope rizière. Elle est fortement appréciée
des consommateurs. Ensuite viennent le Cyprin doré ou
" Trondrogasy " (Carassius auratus L.) et le tilapia
(Tilapia sp.).
A partir du début des années
1990, en se désengageant des activités de production,
l'Etat a décidé de céder les stations piscicoles,
en location-gérance, à des associations paysannes
et l'aquaculture continentale a été orientée
principalement vers la rizipisciculture,
La technique d'élevage vulgarisée
est simple. Elle ne demande que des investissements légers
et reste, dans la majorité des cas, à la portée
de tous les paysans possédant des rizières irriguées
avec une bonne maîtrise d'eau. Les alevins utilisés
pour empoissonner ont une taille de 3 cm correspondant à
un poids de 2 g pour toutes les espèces.
1.3 Les acteurs
Il existe, actuellement, 210 producteurs
privés d'alevins (PPA) et environ 140.000 paysans rizipisciculteurs
et pisciculteurs.
1.4 Les structures et modes d'organisation
1.4.1 Structures de production
La production d'alevins est réalisée par des producteurs
privés formant un réseau privé autonome
de PPA, encadré par l'administration des pêches.
Ce secteur autonome cède les alevins aux paysans rizipisciculteurs
ou pisciculteurs groupés en associations paysannes.
1.4.2 Structures d 'appui
L'administration encadre le réseau autonome de producteurs
privés d'alevins dans les techniques de production d'alevins
et d'élevage de poissons. Les producteurs privés
d'alevins vulgarisent auprès des paysans rizipisciculteurs
et pisciculteurs, acheteurs d'alevins, ces techniques d'élevage
de poissons.
1.4.3 Structures de gestion
Avec la politique de désengagement de l'Etat des activités
de production menée à partir de 1990, les pisciculteurs
producteurs assument le rôle de fournisseurs d'alevins
et la vulgarisation des techniques d'élevage de poissons
appropriées aux paysans rizipisciculteurs et pisciculteurs
en étang. Ces deux actions étaient auparavant
dévolues à l'Etat.
1.5 L'économie globale de la filière
Toute la production de la rizipisciculture et de la pisciculture
en étang est en partie auto-consommée et en partie
écoulée sur le marché intérieur..
2 CONTEXTE ECONOMIQUE
ACTUEL
2.1 Opportunités
Possibilités de production
de filets de poissons exportables aux Etats Unis ou aux pays
de l'Océan Indien
Demande locale en poissons non satisfaite
Préférence du consommateur
malgache pour le poisson d'eau douce
Pour certaines espèces de poissons
marins, on atteint la limite de l'exploitation durable
2.2 Atouts
Existence des rizières irriguées
permettant une production théorique de 30.000 tonnes
de poissons correspondant à une demande non satisfaite
Technique d'élevage simple et assimilable
par les paysans
Coûts d'investissement faibles à
la portée des paysans
Revenus supplémentaires sans délaisser
la production de riz
3 POLITIQUE (GRANDES LIGNES)
Dans le cadre de plan directeur de la pêche et de l'aquaculture
2004-2007, il s'agit de participer à la satisfaction
des besoins alimentaires de la population et d'augmenter les
recettes en devises de l'Etat.
3.1 Objectifs
- augmenter la production pour la consommation locale,
- développer la production destinée à l'exportation.
3.2 Stratégies
- Valorisation des acquis du sous-secteur de l'aquaculture en
eau douce,
- Promotion de l'exploitation de ressources à potentialités
intéressantes pour l'exportation.
3.3 Grands axes d'actions
- Amélioration des technologies d'élevage de la
carpe et du tilapia
- Promotion des organisations professionnelles des filières
carpes et tilapias
- Promotion de l'élevage industriel du tilapia (Oréochromis
sp.)
- Etude sur certaines espèces endémiques (Damba,
Saroy, Marakely) à des fins commerciales y compris, éventuellement,
pour l'exportation.