FILIERE PECHE MARITIME TRADITIONNELLE


1. DESCRIPTION DE LA FILIERE


1.1 Le milieu naturel

La pêche traditionnelle est définie comme une pêche commerciale pratiquée à pied ou au moyen d'une pirogue. L'utilisation de pirogues monoxyles équipées de moteurs hors-bord est classée dans cette catégorie de pêche . Sur le plan pratique, on peut considérer aussi comme pêche traditionnelle la pêche de subsistance qui est pratiquée à pied ou au moyen d'une pirogue monoxyle non équipée de moteur et qui ne donne pas lieu à la vente des produits .

1.2 Les techniques et les produits
Sur près de 21.500 embarcations traditionnelles recensées, plus du tiers se trouve à Toliara, 22,3% à Mahajanga, 19,1% à Antsiranana, 13,7% à Toamasina et 6% à Fianarantsoa..
La diversité des faunes et de l'environnement sur toute la longueur des côtes malgaches entraîne l'utilisation d'une grande variété d'engins et différentes méthodes de pêche. Les filets maillants sont utilisés un peu partout, spécialement pour la capture des poissons, notamment dans les provinces de Toliara et de Toamasina. Les sennes sont principalement utilisées pour la capture des crevettes à Antsiranana et à Mahajanga et pour les poissons dans les autres provinces, essentiellement dans la province de Toliara où d'après le recensement, ce type d'engins constitue 61% des engins de pêche. Les nasses servent pour capturer les langoustes à Taolagnaro et les poissons à Nosy-Be.
La production de la pêche maritime traditionnelle est constituée essentiellement de poissons (78% de la production totale en 2001).

1.3 Les acteurs
L'enquête réalisée en 1987/1988 a recensé près de 1.250 villages de pêcheurs sur l'ensemble des côtes malgaches. La majorité de ces villages sont situés dans les provinces d'Antsiranana (370), de Mahajanga (346) et de Toliara (263).
La pêche traditionnelle piroguière est pratiquée presque exclusivement par des hommes (94%). Les femmes pratiquant la pêche maritime représentent, pour l'ensemble, 6% de l'effectif total. Elles sont relativement plus nombreuses à Fianarantsoa (16%), attirées par la capture des chevaquines, bichiques et petits poissons.

1.4 Les structures et modes d'organisation
1.4.1 Structures de production
Les pêcheurs travaillent, le plus souvent individuellement. Quant la technique de pêche l'exige, ils peuvent se mettre en petits groupes (de deux à 10).
1.4.2 Structures d 'appui
Les sociétés de collecte et collecteurs individuels encadrent les pêcheurs pour avoir des produits de qualité et les approvisionnent en différents matériels, fournitures diverses (engins de pêche, glace, …) et produits de première nécessité pour les fidéliser.
1.4.3 Structures de commercialisation
Plusieurs petites et moyennes sociétés de collecte des captures des pêcheurs traditionnels ont adhéré au Groupement des Exportateurs des Produits de la Mer ou GEXPROMER qui, pour le moment, essaie de trouver des solutions pour la mise aux normes de leur usine de traitement et de conditionnement, surtout, après l'embargod'août 1997, des produits d'origine malgache sur le marché européen. Par ailleurs, il cherche les moyens permettant de doter les pêcheurs traditionnels en engins de pêche et embarcations.
1.4.4 Structures de gestion
La gestion de la pêche maritime traditionnelle implique plusieurs structures relevant de la tutelle du MAEP. Le Service de la Promotion de la Pêche Artisanale et Traditionnelle, de la Direction de la Pêche et des Ressources Halieutiques, coordonne les actions de développement ainsi que les mesures d'aménagement (périodes de fermeture de la pêche, engins prohibés, …) à appliquer sur le terrain (2 agents)..
1.5 L'économie globale de la filière
La production de la pêche traditionnelle maritime n'a cessé d'augmenter ces dernières années passant de 61.833 tonnes en 1998 à 70.551 tonnes en 2001.. La pêche traditionnelle maritime apporte 61% des produits de pêche et d'aquaculture pour le marché intérieur. Sa contribution pour l'approvisionnement de la population locale est donc très importante.
Pour les exportations de 2001, la pêche traditionnelle a apporté 46% des produits marins exportés, en poids, contre 34% pour la pêche industrielle, 18% par l'aquaculture et 1% par la pêche artisanale.

2 CONTEXTE ECONOMIQUE ACTUEL

2.1 Opportunités
Demandes croissantes sur le marché local et extérieur
2.2 Atouts
Existence de ressources halieutiques accessibles et faiblement exploitées
Libre accès à la pêcherie
Coûts d'investissement et d'exploitation relativement faibles

3 POLITIQUE (GRANDES LIGNES)

3.1 Enoncé de la politique

La pêche traditionnelle maritime doit contribuer à la satisfaction des besoins alimentaires de la population, participer à l'augmentation des recettes en devises de l'Etat et offrir des activités permettant d'améliorer le revenu et les conditions de vie générales des pêcheurs et de leur famille.
3.2 Objectifs
- assurer une exploitation durable des ressources exploitées,
- augmenter sa production destinée aussi bien au marché local qu'à l'exportation,
- améliorer ses rendements de pêches.
3.3 Stratégies
- éviter la surexploitation et rationaliser l'exploitation des ressources proches des grands centres de consommation et celles recherchées par le marché extérieur,
- exploiter les zones éloignées des villages de pêcheurs,
- améliorer les équipements de production,
- créer des débouchés réguliers et rémunérateurs.
3.4 Grands axes d'actions
- aménagement de l'exploitation des ressources exploitées intensivement par la pêche traditionnelle (holothuries, céphalopodes, requins, coquillages, …),
- instauration de zones d'aménagement concerté (ZAC) avec une pleine implication des pêcheurs traditionnels,
- prospections pour une meilleure connaissance des ressources,
- harmonisation de la répartition des zones de pêche entre les pêches traditionnelle, industrielle et artisanale,
- promotion de l'exportation de crabes,
- re dynamisation des petites et moyennes entreprises de collecte exportatrices,
- intensification de la collecte et de la commercialisation des captures de la pêche traditionnelle,
- amélioration des embarcations, des engins et matériels de pêche, de traitement et de stockage des produits,
- diminution des pertes après captures,
- professionnalisation de la pêche traditionnelle,
- appui à la structuration des groupements des pêcheurs,
- dotation des villages de pêcheurs en infrastructures socioculturelles de bases.