1. DESCRIPTION DE LA FILIERE
1.1. Le milieu naturel
Les poissons retenus dans cette filière sont, principalement,
les gros pélagiques (vivant en pleine eau), les poissons
benthiques ou démersaux (vivant sur le fond) en milieu
maritime et exploités par la pêche industrielle
et artisanale, et les poissons d'accompagnement des chalutiers
crevettiers. Les petits poissons pélagiques marins sont
en grande partie exploités par la pêche traditionnelle
maritime, la pêche artisanale aux poissons n'en extrayant
qu'une part infime du potentiel.
1.2. Les techniques et les produits
Après quelques tentatives de prospection de poissons
dans les eaux malgaches effectuées au début des
années 90, la pêche semi-industrielle commerciale
aux poissons n'a débuté qu'en 1995. La Société
RIAKA avec un partenaire réunionnais avait affrété
trois long-liners (16 m de long, 250 CV) et utilisé des
moulinets comme engins de pêche. Elle a exploité
les stocks de poissons de fond près de l'île Ste
Marie et dans le Sud de Toliara. Les captures réalisées
(200 tonnes/an) étaient nettoyées, éviscérées
à bord et conservées sous glace. Elles étaient
exportées à l'état frais sur La Réunion..
1.3. Les acteurs
Les intervenants dans cette filière sont nombreux et
très divers.
- Les pêcheurs artisans de la côte Est sont constitués
d'une quarantaine de patrons-pêcheurs avec tous leurs
équipages (données de 1995) ;
- Les sociétés artisanales de pêche crevettière
sont au nombre de trois : SOPEMO de Morondava, SOGEDIPROMA de
Mahajanga et DONNE et FILS de Nosy-Be qui à la fois,
chalutent les crevettes, pêchent les poissons et assurent
la distribution ou la vente directe des produits ;
- La société industrielle Pêcherie de Boeny,
la seule actuellement opérationnelle, est localisée
à Mahajanga ;
- Les 10 sociétés industrielles de pêche
crevettière qui débarquent les poissons d'accompagnement
;
- Les poissonneries des grands centres de consommation et les
grandes surfaces.
1.4. Les structures et modes d'organisation
1.4.1. Structures de production
Les activités de pêche artisanale sur la côte
Est ont été reprises en 1992. Elles étaient,
et restent jusqu'à maintenant, axées sur l'exploitation
des poissons nobles de fonds coralliens et récifaux ainsi
que des requins..
1.4.2. Structures d 'appui
En 1993, le Programme Sectoriel Pêche
de l'Administration des Pêches et de son partenaire la
FAO, a réalisé une étude de faisabilité
technico-économique du développement de la pêche
artisanale sur la côte Est. Cette étude a fait
suite à l'arrivée des embarcations et du complexe
de froid du don japonais, confiés par l'administration
aux opérateurs de la côte Est. Elle avait pour
but de promouvoir la participation de la pêche artisanale
dans le ravitaillement en poissons des marchés intérieurs.
Les sociétés de pêche
industrielle et artisanale crevettière sont membres du
Groupement des Aquaculteurs et Pêcheurs de Crevettes de
Madagascar (GAPCM).
1.4.3. Structures de commercialisation
Concernant les poissons d'accompagnement,
chaque groupe de sociétés crevettières
dispose d'une structure de commercialisation.
- Les PNB de Nosy Be passent pour leur groupe UNIMA.
- Les sociétés du groupe REFRIGEPECHE passent
par la société SOPROMER, société
de stockage et de distribution, membre du groupe, qui dispose
d'une structure de stockage et de traitement et de plusieurs
poissonneries à Antananarivo. Sur l'axe Toamasina-Fianarantsoa,
REFRIGEPECHE-Est assure la commercialisation de ses propres
produits, grâce à ses différents points
de vente le long de l'axe.
- Le groupe MELAKY/MENABE assure lui-même la commercialisation
de ses produits.
- La SOMAPECHE passe par la SOGEDIPROMA qui est, également,
une société de distribution de produits halieutiques..
1.4.4. Structures de gestion
Le Centre de Surveillance des Pêches
s'occupe du contrôle des activités sur le terrain
(existence et validité des autorisations et des permis
de pêche et de collecte, les embarcations, les engins
de pêche
). La collecte des données statistiques
pour les besoins d'information, de planification et de gestion
de la ressource est assurée par les circonscriptions
de la pêche et des ressources halieutiques..
1.5. L'économie globale de la filière
L'exportation des poissons (petits,
gros pélagiques et poissons de fond), selon les statistiques
officielles en 2001, a permis une rentrée en devises
d'environ 57 millions de USD dont près de la moitié
provient de la production de la pêche industrielle et
artisanale aux poissons. L'autre moitié provient de la
collecte, principalement de petits pélagiques et de petits
poissons de fond, auprès des pêcheurs traditionnels,
traitée et exportée par les sociétés
de collecte exportatrices.
.
2. CONTEXTE ECONOMIQUE
ACTUEL
2.1. Opportunités
Une forte demande des pays asiatiques en poissons congelés
entiers
2.2. Atouts
Un potentiel énorme en poissons
pélagiques et nobles de fond sous-exploités
3. POLITIQUE (GRANDES
LIGNES)
Dans le cadre du plan directeur de la pêche
et de l'aquaculture 2004-2007, il s'agit d'augmenter les recettes
en devises de l'Etat et participer à la satisfaction
des besoins alimentaires de la population.
3.1. Objectifs
- augmenter la production et les profits
tirés de l'exploitation des potentiels existants,
- accroître la contribution de la pêche industrielle
et artisanale à l'approvisionnement du marché
local en poissons.
3.2. Stratégies
- Gestion pour une exploitation durable
et pour la préservation de l'environnement.
- Diversification des ressources destinées à l'exportation.
- Accroissement de la production pour le marché local.
3.3. Grands axes d'actions
- Renforcement du suivi et du contrôle
de la pêcherie.
- Mise en place de programmes de recherche ciblés pour
l'aménagement de la pêcherie : Evaluation des stocks
et suivi de la pêcherie.
- Harmonisation de la répartition des zones de pêche
entre les pêches traditionnelles, artisanales et industrielles
en fonction des objectifs fixés.
- Aménagement de l'exploitation des poissons démersaux,
capturés par chalutage.
- Prospection de nouvelles zones et de nouvelles ressources
halieutiques : Poissons nobles de fond (côte Ouest et
Centre-Est).
- Augmentation des débarquements et de la commercialisation
des poissons d'accompagnement du chalutage crevettier.
- Intensification de l'exploitation industrielle des poissons
d'exportation hors des zones crevettières et commercialisation
de leurs captures accessoires sur le marché intérieur.
- Développement de la pêche artisanale aux poissons
nobles de fond.