FILIERE LANGOUSTE


1. DESCRIPTION DE LA FILIERE

1.1 Le milieu naturel
La ressource langoustière néritique répartie le long des côtes de Madagascar est essentiellement représentée par le genre Panulirus, de la Famille des Palurinidae, caractérisé par une diversité d'espèces : Panulirus homarus, P. japonicus, P. pennicillatus, P. oratus et P. versicolor.
Les langoustes profondes, dont la répartition n'a pas encore été étudiée de façon approfondie, sont représentées par Panulirus gilchristi (ou P. delagoae), l'espèce dominante, Justitia japonicus, Puerulus angulatus et P. carinatus.
Les espèces profondes ne font pas, à l'heure actuelle, l'objet d'une exploitation commerciale à cause des résultats peu probants obtenus lors des quelques pêches exploratoires réalisées par des sociétés de pêche en 1969, 1987 puis en 2003. Par contre, les 5 espèces néritiques rencontrées dans le sud malgache entre les latitudes 24°S et 25° 06 S et les longitudes 43° 41E et 47° 28E, sur une longueur de côte d'environ 500 km entre Toliara et Isandravinany, sont exploitées intensivement. L'essentiel de la production malgache de langouste est réalisé dans cette région.
L'évolution de la production enregistrée ces dernières années permet d'affirmer que le potentiel en langoustes côtières dépasse les 350 tonnes/an . Giudicelli, en 1984, l'estime à 1.000 tonnes.

1.2 Les techniques et les produits

Trois techniques sont utilisées par les pêcheurs traditionnels pour exploiter les langoustes côtières : la pêche aux casiers, la pêche en plongée et la pêche au flambeau.
Les langoustes sont stockées, vivantes dans un vivier immergé dans la mer, au niveau des villages des pêcheurs et des centres de collecte avant d'être acheminées, avec des camionnettes tout terrain, des pirogues, des vedettes ou par avion léger jusqu'aux localités de traitement et de conditionnement pour l'exportation.

1.3 Les acteurs

- La pêcherie langoustière du sud-est emploie près de 6.000 pêcheurs à plein temps. Ils sont répartis dans plusieurs villages de collecte dont une quarantaine dans l'ex préfecture de Taolagnaro..
La collecte est assez bien organisée grâce à l'attribution de zones de collecte à chaque société ou personne autorisée. L'administration a délivré, pour la campagne 2003, 79 autorisations de collecte..
Les sociétés de commercialisation des langoustes ont leur autorisation, leur réseau et leurs moyens de collecte. Avec leur usine installée en ville, elles effectuent le traitement et le conditionnement de leurs produits selon les exigences des marchés. Après l'embargo, d'août
1997, des produits d'origine animale sur les marchés européens, seules cinq sur les huit sociétés spécialisées en langoustes sont restées opérationnelles : MARTIN PECHEUR, MADAPECHE, KALETA, EMI et SOIEX, toutes localisées à Taolagnaro. Parmi les autres opérateurs qui achètent accessoirement les langoustes auprès des pêcheurs traditionnels on peut citer : INDIAN SEAFOODS, Sté ZANADRIAKA, SMPM.

1.4 Les structures et modes d'organisation
1.4.1 Structure de production
Pour la pêche aux casiers, les pêcheurs sortent par groupe de 2 à 5 dans chaque pirogue, chacun étant équipé d'au moins 3 casiers. Pour la pêche en plongée, 5 à 6 pêcheurs s'embarquent dans une pirogue. Au minimum, 3 pirogues partent à chaque sortie. Les pêcheurs s'organisent de manière à ce qu'il y ait toujours une personne en permanence à bord pour surveiller en surface..
1.4.2 Structure d 'appui
En 1995, les sociétés de collecte de Taolagnaro avaient créé l'Association des Opérateurs de Langouste du Sud (AOLS). Leur but était d'améliorer les conditions d'exploitation de cette ressource. En 2001, MARTIN PECHEUR et MADAPECHE, ont créé le GOLDS ou Groupement des Opérateurs Langoustiers Du Sud. Leur entente semble être solide, car elles sont arrivées, à elles deux, à réaliser, en 2001, plus de 80% de la production de Taolagnaro.
Quatre projets viennent en appui du développement et de la gestion de l'exploitation de la langouste côtière :
- Projet FAO " Conception d'un système d'exploitation durable de la pêcherie langoustière ", en cours d'exécution..
1.4.3 Structure de commercialisation
Chaque société de collecte traite, conditionne et commercialise sa production.
1.4.4 Structure de gestion
La gestion de l'exploitation des langoustes implique plusieurs structures relevant de la tutelle du MAEP.

1.5 L'économie globale de la filière
Parmi les produits halieutiques que Madagascar exporte, les langoustes occupent le quatrième rang (1,85%, en 2001)
Le marché extérieur reste très demandeur pour les langoustes rouges en général ; les vertes sont aussi prisées notamment sur les marchés asiatiques.
Au niveau international, le cours actuel des langoustes varie, selon les espèces, les calibres et les clients. Les prix FOB Madagascar oscillaient, en 2001/2002, entre 9,5 US$ et 16,0 US$/kg pour les entières congelées, entre 20,0 US$ et 27 US$/kg pour les queues congelées. Les prix des langoustes vivantes sont, en général, 30 à 40% plus élevés que ceux des entières congelées.

2 CONTEXTE ECONOMIQUE ACTUEL

2.1 Opportunités
Forte demande sur le marché international
Langoustes rouges malgaches très appréciées sur le marché extérieur

2.2. Atouts
Existence de stocks non encore exploités : langoustes en eaux profondes et zones hors de portée de la pêche traditionnelle
Langoustes côtières exploitables avec des moyens assez simples et relativement peu coûteux

3 POLITIQUE (GRANDES LIGNES)

Il s'agit d'augmenter les recettes en devises apportées par l'exportation des langoustes ainsi que d'améliorer le revenu et les conditions de vie des pêcheurs traditionnels exploitant cette ressource.
3.1 Objectifs
- augmenter la production pour l'exportation,
- mieux valoriser les captures.
3.2 Stratégies
- rationaliser l'exploitation existante,
- promouvoir l'exploitation des stocks non encore exploités.
3.3 Grands axes d'actions
- définition et application d'un plan d'aménagement de l'exploitation des langoustes,
- amélioration des connaissances sur la ressource,
- amélioration des techniques et engins de pêche,
- promotion de la mytiliculture pour la fourniture d'appâts,
- amélioration des conditions de travail et de vie des pêcheurs par le biais de projets de développement intégré,
- redynamisation des petites et moyennes entreprises de collecte exportatrices,
- réalisation, en collaboration avec des opérateurs privés, de pêches de prospection de type commercial au-delà des zones actuellement exploitées.