Le MAEP entérine les résultats de l’évaluation de la stratégie et du programme pays du FIDA et donne ses exigences pour un nouveau cycle

Antananarivo, 4 Juin 2020 Un atelier national s’est tenu ce jour pour finaliser l’accord conclusif de l’Évaluation de la stratégie et du programme pays (ESPP) du Fonds International du Développement Agricole à Madagascar effectuée en 2019 par le Bureau Indépendant de l’Évaluation (IOE) du FIDA.

Le document résume les principales conclusions de l’évaluation et les recommandations que le Gouvernement de Madagascar (représenté par le MAEP) et le FIDA (représenté par le Vice-Président du Département de Gestion des Programmes, PMD) conviennent de mettre en œuvre dans des délais précis. Il passe en revue les travaux conjoints du FIDA et du Gouvernement de Madagascar au cours des sept dernières années (2013-2019), couvrant six projets d’un coût total de 510 millions de dollars, et met en évidence les réalisations ainsi que les domaines à améliorer, en vue de la formulation du prochain COSOP qui va couvrir de 2020 à 2023, période correspondante à la mise en œuvre du Plan Emergence de Madagascar (PEM), et qui sera évaluée à mi-parcours, pour se terminer en 2025.

Les projets appuyés par le FIDA visent à accroître les revenus et à améliorer les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des plus pauvres du Monde, qui vivent dans les zones rurales des pays en développement. Dans les années qui ont suivi la crise politique de 2009-2012, les projets appuyés par le FIDA à Madagascar ont contribué à réduire la pauvreté rurale et à accroître l’entreprenariat rural.

Plusieurs projets ont introduit des innovations palpables, conduisant à des résultats positifs. Par exemple, le FIDA a réussi à intégrer un grand nombre de microentreprises et de petites entreprises dans des secteurs à forte valeur ajoutée en associant des organisations paysannes à des opérateurs de marché, ce qui a amélioré l’accès des agriculteurs aux marchés. Selon le rapport, la création de près de 400 de ces paires a attiré plus de 5,4 millions de dollars d’investissements dans le secteur privé.

Le FIDA a aussi joué un rôle clé dans l’amélioration de l’accès des entrepreneurs ruraux aux actifs productifs, aux services d’appui et aux services financiers. Le rapport indique que le FIDA a aidé à créer des réseaux de prestataires de services et des plateformes de collaboration et de soutien, contribuant ainsi au développement de l’entreprenariat rural. Le développement des capacités et la formation des jeunes agriculteurs les ont aidés à créer et développer leur propre entreprise. « Environ 70 000 personnes ont bénéficié d’activités de formation et de sensibilisation, qui sont essentielles pour le développement des capacités de nos bénéficiaires et la diffusion de techniques de production améliorées», a déclaré Fabrizio Felloni, responsable par intérim du Bureau Indépendant de l’Évaluation du FIDA .

« Nous sommes assez fiers de nos gains à Madagascar en termes de productivité rurale, de revenus et d’entrepreneuriat. L’établissement de liens entre les agriculteurs et les opérateurs du marché a été essentiel pour améliorer les opportunités économiques dans les zones rurales », a déclaré Sara Mbago-Bhunu, Directrice régionale de la Division Afrique Orientale et Australe (ESA) du FIDA.

En saluant le progrès accompli, le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a fait appel à davantage d’engagement pour le renforcement de l’efficacité et de l’impact des investissements en cours et futurs, ainsi qu’au renforcement de la mise à échelle des bonnes pratiques, déjà au cœur de la stratégie d’intervention des projets.

A lui de préciser l’importance d’un « parfait alignement » des interventions futures du FIDA par rapport au PEM, document de référence pour tous les partenaires voulant contribuer à l’appui de la politique du Gouvernement. Pour le Gouvernement de Madagascar, les Régions constituant la « grande ceinture du SUD », plus vulnérables notamment aux changements climatiques et à la sécheresse chronique, figurent plus que jamais dans ses axes prioritaires.

Notons que le FIDA a lancé pour tous les pays vulnérables le Mécanisme COVID-19 de relance en faveur des populations rurales pauvres (ou RPSF, son acronyme anglais). Madagascar a adressé au FIDA une proposition de projet dans ce sens et espère qu’un partenariat puisse être noué prochainement pour activer ce Mécanisme. A ce titre, le MAEP a précisé que dans le cadre du plan multisectoriel de relance postCovid, pour le secteur agricole et halieutique, le défi consiste à pallier au déficit alimentaire à travers un appui plus conséquent à l’augmentation de la production, mais aussi à limiter les pertes de revenus des producteurs à travers l’appui à la commercialisation, au stockage, à la conservation et à la transformation des produits.

Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour intégrer les plus vulnérables dans la stratégie et le programme de pays du FIDA pour Madagascar. Les participants ont eu l’occasion de partager leurs réflexions et recommandations autour de trois thématiques :

  • Les approches pour une amélioration de la prise en compte des besoins des plus vulnérables dans les interventions du FIDA à Madagascar,
  • L’amélioration de l’accès aux financements publics et privés des populations rurales pauvres, y compris les microentreprises rurales, et
  • Le renforcement des capacités des institutions professionnelles pour assurer la durabilité des acquis des interventions.

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