COMMENT OPTIMISER LES PROJETS DE DEVELOPPEMENT RURAL ?
( InfoResources News n° 5/04 P. 1-2)

Trois publications récentes présentent des méthodes visant à optimiser la mise en œuvre de projets de développement en milieu rural. Si elles ne permettent évidemment pas de résoudre tous les problèmes, elles n'en donnent pas moins des indications fort utiles dans des domaines spécifiques :

Participatory Innovation Development (PID) : soit un processus participatif, par lequel la population rural investigue et développe des innovations en collaboration avec des chercheurs et des conseillers. L'idée consiste à combiner le savoir indigène, souvent intuitif mais toujours en prise direct sur les réalités locales, et le savoir scientifique des chercheurs dans le but d'identifier, au moyen d'expériences pratiques, de nouvelles pistes utiles. La méthode PID vise principalement deux objectifs.
- Elaborer des solutions nouvelles susceptibles d'améliorer les conditions de vie de la population
- Encourager l'esprit d'initiative, ainsi que l'inventivité des participants

Les processus peut déboucher par exemple. Sur l'introduction des plantes de culture, de techniques agraires ou de formes d'organisation nouvelles. Pour la mise en œuvre du PID, un manuel basé sur des expériences pratiques propose un mode d'emploi concret, articulé en modules, du lancement du processus jusqu'à la diffusion des résultats, en passant par la planification et la réalisation de projets pilotes. Cet ouvrage fournit une aide précieuse, tout spécialement aux personnes désireuses d'introduire le PID dans le cadre d'un projet concret.

Rapid Market Appraisal (RMA) : il s'agit d'une méthode pour se faire rapidement une idée sur des systèmes de marché complexes. Le RMA se base notamment sur des interviews avec des personnes clés - clients, commerçants, producteurs et autorités - complétées par des observations et des sources d'informations secondaires. Idéalement, la méthode est mise en œuvre par une équipe multidisciplinaire de spécialistes externes et d'intéressés locaux. Elle vise un triple objectif :
- Former les personnes concernées à l'échelle locale et les sensibiliser aux problèmes et questions des marchés
- Générer des informations utiles sur les marchés à l'attention des producteurs et des commerçants et
- Inciter les producteurs à commercialiser ensemble leurs produits.

Cette méthode se focalise sur la demande, allant ainsi à rebours de l'approche habituelle des projets de développement, trop souvent axés sur la production. La récente publication, qui se présente sous forme d'une boîte à outils, décrit la méthode et les instruments correspondants, ainsi que des projets réalisés au Kirghizistan et au Vietnam. Ces exemples concrets montrent qu'il n'est pas facile de transmettre la méthode RAM et de mieux faire comprendre les mécanismes du marché aux collaborateurs locaux, et qu'il convient dès lors d'accorder une très grande attention à la valorisation des résultats.

Going Public : cette nouvelle méthode conseille les paysans en milieu rural en utilisant des lieux publics, par exemple la place du marché, la gare des autobus, etc …, pour entrer en contact de manière spontanée avec un plus grand nombre de personnes.

Des conseillers spécialisés ont déjà plusieurs fois utilisé cette méthode avec en Bolivie et au Bangladesh. Ils ont informé les paysans au moyen de matériel visuel sur le traitement de maladies affectant les pommes de terre et les pêches, et sur une nouvelle méthode pour sécher le riz. Les paysans se sont montrés très intéressés et ont participé activement aux démonstrations, fournissant en retour aux experts des informations fort utiles ; Interpellés dans un environnement familier, les paysans sont moins réservés dans les échanges que dans d'autres situations de conseil. Grâce à la méthode Going Public, il est possible d'atteindre un grand nombre de personnes avec un investissement financier minimum. Mais évidemment, la méthode ne convient pas pour toute communication présuppose par ailleurs que le conseiller soit excellent communicateur et improvisateur.

LE RIZ
(Perspectives de l'alimentation n°1, avril 2004 p.15-16)

Production du riz

2003
estimation
2004
prévision
2004 cf.
2003 (%)

ASIE

- Bangladesh
- Cambodge
- Chine 1/
- Inde
- Indonésie
- Iran, Rép. Islamique
- Japon
- Coréen Rép. DE
- Myanmar
- Pakistan
- Philippines
- Thaïlande
- Viet-Nam
AFRIQUE
- Afrique du Nord
- Egypte
- Afrique subsaharienne
- Afrique occidentale
- Nigéria
- Afrique centrale
- Afrique orientale
- Afrique australe
- Madagascar
AMERIQUE CENTRALE
- Mexique
AMERIQUE DU SUD
- Argentine
- Brésil
- Colombie
AMERIQUE DU NORD
- Etats-Unis
EUROPE
- UE
OCEANIE
- Australie
TOTAL MONDIAL
- Pays en développement
- Pays développés
538,1
39,5
4,7
167,5
131,9
52,1
3,3
9,7
6,0
24,6
7,3
14,0
26,8
34,5
17,8
6,2
6,2
44,6
7,1
3,4
0,4
0,9
3,1
2,8
0,3
0,3
19,7
0,7
10,4
2,5
9,0
9,0
3,2
3,2
2,7
2,7
590,5
567,4
23,1




556,8

40,5
4,7
178,8
136,0
53,1
3,4
10,7
6,7
23,0
7,6
14,6
27,5
34,2
17,9
6,2
6,2
11,6
7,2
3,5
0,4
1,0
3,0
2,7

0,3
21,9
0,9
12,5
2,6
9,8
9,8
3,3
2,7
0,6
0,6
612,8
587,5
25,3




3,5

2,4
0,0
6,7
3,1
2,0
2,0
9,6
11,4
-6,7
4,1
4,1
2,5
-0,9
0,3
0,4
0,4
0,2
1,6
2,9
-0,3
8,7
-5,5
-5,4

10,7
11,6
30,9
20,4
2,0
8,9
8,9
2,8
1,7
51,2
53,5
3,8
3,5
9,5

Source : FAO
Note : Total calculé à partir de chiffres non arrondis
1/ y compris la Province de Taïwan

Selon les premières prévisions, la production de paddy en 2004 devrait augmenter de 3 pour cent

Selon la première prévision de la FAO , la production de paddy en 2004 devrait enregistrer une hausse de 4 pour cent par rapport à la campagne précédente, pour atteindre 613 millions de tonnes, ce qui représenterait un volume record/. Il s'agit encore d'une estimation très provisoire, puisque la campagne ne commencera pas avant le milieu de l'année dans les principaux pays producteurs de l'hémisphère Nord.

Toutefois, les premiers résultats des récoltes en cours dans certains pays de l'hémisphère Sud indiquent déjà que la production s'élèvera à 81 millions de tonnes, soit 3 millions de tonnes de plus que la campagne précédente. Dans la bande équatoriale et au sud de l'Equateur, les perspectives sont jusqu'à présent positives en Indonésie et en Malaisie où quelque 400 000 hectares de nouvelles terres ont été ouvertes à la culture du riz. En revanche, la sécheresse qui a sévi à l'époque des semis a restreint les possibilités de production au Sri Lanka. En Afrique, la campagne est avancée à Madagascar, au Mozambique et en Tanzanie. A Madagascar, la production pourrait chuter cette année du fait d'un mauvais départ de la campagne et de l'impact de ceux cyclones qui ont frappé la pays à un moment critique du développement des cultures. La Tanzanie devrait enregistrer une reprise par rapport à la production insuffisante de l'an dernier.

Les prix élevés de l'an dernier ont été favorables aux semis dans la plupart des pays d'Amérique du Sud. De bonnes conditions de végétation ont également amélioré les perspectives pour l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay. En revanche, le temps sec devrait nuire à la production en Equateur et au Pérou. Les faibles quantités d'eau attribuées aux producteurs en Australie ont une nouvelle fois gêné les semis de cette année, mais ont suffit à maintenir une croissance de 54 pour cent par rapport aux très mauvais résultats de la dernière campagne.

Conférence de la FAO sur le riz

La FAO a tenu une conférence internationale dur le riz les 12 et 13 février 2004, pour célébrer l'Année internationale du riz. Ont participé à la réunion des représentants de gouvernements, d'organisations non gouvernementales et du secteur privé.

La Conférence a examiné des questions liées au produit d'un point de vue technique et économique, en mettant en évidence les efforts qui sont déployés au niveau national et international pour surmonter les principales difficultés de production ainsi que les possibilités d'accroître l'efficience et la durabilité du système de production rizicole. La Conférence a également étudié des questions liées au potentiel offert par la science et les technologies nouvelles telles que la biotechnologie, pour améliorer l'efficience de la production rizicole.

Les exposés de la Conférence ainsi que les documents de base peuvent être consultés sur le site Web de l'Année internationale du riz à l'adresse suivante : http:/www.fao.org/rice2004/en/e-001.htm.


LA VANILLE MALGACHE JOUE AU YO-YO
(SPORE n°113, Octobre 2004 p.6)


En 2003, la récolte de vanille de Madagascar, premier exportateur mondial, avait été désastreuse 450 tonnes, ce qui a fait grimper les cours à près de 500€ le kilo, environ 300 gousses sèches. Cette année, on s'attend à une récolte record de l'ordre de 1200 à 1500 tonnes et, par conséquent, à une importante baisse des cours. Jusqu'à présent, Madagascar a largement dominé le marché puisqu'elle assure, selon les années 60 à 75% de la production mondiale annuelle, voisine de 2000 tonnes. Ses principaux clients sont la France et surtout les Etats-Unis.

Outre la concurrence de l'Indonésie et des Comores, elle est de plus en plus souvent confrontée à celle de nouveaux pays producteurs comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'Ouganda, le Costa Rica ou la Chine, et principalement l'Inde. A partir de 2007, les plantations indiennes pourraient commercialiser 600 à 800 tonnes de vanille.

Une autre menace plane sur l'avenir des 70 000 petits paysans malgaches qui cultivent cette liane odorante. L'envolée des cours pourrait détourner certains utilisateurs de la vanille naturelle au profit de la vanille de synthèse, dont le marché est déjà dix fois supérieur.


DES CAROTTES AU SECOURS DES BANANES
(SPORE n°113, octobre 2004 p.7)

Les chercheurs de l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA) utilisent des carottes dans la lutte qui les oppose à l'une des maladies les plus destructives auxquelles sont confrontés les producteurs de bananes. A la station de recherche de IITA à Sendusu, en Ouganda, on se sert de fines tranches de carotte pour élever des milliers de nématodes microscopiques. Dans ce pays, les rendements de la culture de la banane ont diminué de 50% au cours des dernières décennies, essentiellement à cause des nématodes.

Les chercheurs de l'IITA cultivent à présent volontairement ces parasites pour parfaire une technique d'évaluation rapide de la résistance naturelle aux nématodes de différentes espèces de bananier et plantain. Plus vite ils agiront, plus rapidement sera élaborée une solution. Pour évaluer cette résistance, les chercheurs provoquent une attaque contrôlée du nétamode qui endommagera que très peu une banane résistante. La pratique actuelle consiste en une contamination de l'ensemble du système racinaire d'un rejet de bananier avec 1 000 nématodes ; grâce à la nouvelle technique seuls 50 nématodes en sont facilement extraits et sont alors comptés au microscope.

Parallèlement, des chercheurs ont conçu à Cuba une méthode simple et rapide pour tester la redoutée maladie de Panama, qui dévaste les bananiers en Afrique, e, Amérique latine et aux Caraîbes. Jusqu'à présent, la seule technique connue consistait à cultiver des plants dans un sol contaminé par le champignon à l'origine de la maladie, avant de les couper pour déterminer le degré d'infestation. Le nouveau test implique de prendre une seule feuille de bananier, d'y faire des trous et d'y introduire une culture du champignon produite en laboratoire. La taille des lésions après 48 heures détermine le degré de résistance de l'espèce. Le test devrait se révéler utile aux programmes génétiques d'amélioration de la banane, qui représentent l'unique espoir de combattre cette maladie incurable.


FILIERE HARICOT
DES SEMENCES DE QUALITE POUR L'EXPORTATION
( Karoka n°21 mars 2004, p. 14-17 )

Au-delà de son importance dans l'alimentation des Malgaches, le haricot se présente comme un produit à valeur économique non négligeable pour Madagascar. En effet, la grande île a exporté 6075 T de haricot en 1995.

Depuis 1997 malheureusement, ce chiffre tend à baisser pour se réduire à une petite quantité exportable. Face à la concurrence serrée avec les grands pays producteurs comme la Chine., l'Amérique du Sud et l'Europe de l'Est, Madagascar n'arrive plus à trouver sa place au marché des exportations tant en quantité qu'en qualité.

Aussi une redynamisation de la filière s'avère-t-elle incontournable . Des actions initiées dans ce sens ont eu lieu telles que :
- L'atelier de planification stratégique organisé par l'ECABREN en 2002
- L'atelier de concertation organisé conjointement par la FOFIFA, l'AFDI et le CTHA en 2003.

Les séries de multiplication de semences et les sélections de variétés avec comme objectif la production à moyen terme de 500T/an de haricot de qualité pour l'exportation.

Cette faiblesse de la productivité s'explique par :

- Une production totale annuelle de 84 000 T sur une superficie de 92 000 ha donc un rendement de 0,9 kg/ha
- Des moyens de production insuffisants (crédit agricole presque inexistant, coût élevé des intrants…)
- Des variétés productives de la recherche non connues des paysans ou bien leur coût est trop cher.
- une insuffisance de l'information et de l'encadrement des paysans.
- Un manque de professionnalisme des différents acteurs de la filière, et les cataclysmes naturels.
- Une insécurité foncière, et une politique semencière non encore opérationnelle.
- L'absence de stock de sécurité en cas de cataclysme naturels.

D'où très peu de motivation manifestée par les paysans. Madagascar n'arrive même pas à honorer ses parts de marchés extérieures constituées entre autres par les îles de l'Océan Indien, et estimées entre 700 à 1000 T par an.

Devant cet environnement plutôt défavorable, Madagascar aura à déployer ses efforts pour au moins préserver ses parts de marché d'exportation.

Recherche : des résultats prometteurs

En tant que membre du réseau ECABREN/ASARECA depuis plusieurs années, la FOFIFA a adopté la démarche participative depuis 1997, et a pris part au renforcement de la recherche agricole en Afrique de l'Est et du Centre, dont l'amélioration génétique et la protection phytosanitaire du haricot.

Ainsi, l'évaluation de nouvelles introductions et de populations ségrégantes, l'hybridation et les essais de rendement ont-ils permis l'obtention de variétés de haricot à grosses graines blanches, et à potentiel de rendement élevé et résistantes aux maladies.

La FOFIFA a pu diffuser des variétés améliorées comme " Mahavatsy, Marohavana, Raozin'Alaotra, Goiano Précoce, et Nain de Kyondo ". Des tests de haricot du type volubile comme " Nguinurare et flora " ont permis d'enregistrer un rendement moyen supérieur à 2T/ha.

Par ailleurs, la promotion des stratégies de contrôle de la mouche de haricot (tests des modes de gestion du sol) ont provoqué une baisse d'environ 50% de la mortalité en zéro labour.

La collection nationale s'est également enrechie de 350 lignées maintenues et reconduites annuellement au CALA d'Ambatondrazaka. Les recherches sur les techniques de production dont la fertilisation et la densité de culture sont actuellement menées avec professionnalisme.

Certes, les résultats sont prometteurs, toutefois ils sont limités dans le temps car leur obtention nécessité des années de recherche, et ils restent souvent méconnus de public. Aussi, faut-il reconsidérer la place de la recherche pour le développement économique car elle requiert d'importants investissements.

Les Préoccupations majeures de la FOFIFA

La vulgarisation, de concert avec la recherche, mène des travaux d'amélioration de la productivité à partir des thèmes de vulgarisation discutés et avalisés par les paysans eux-mêmes.

La diffusion de variétés améliorées, l'utilisation des intrants et la production de semences améliorées, telles sont les préoccupations majeures de la FOFIFA . La FOFIFA et le CIAT ( Centre International d'Agronomie Tropicale) ont testé et manipulé de nouvelles variétés de haricot sélectionnées. En matière de rendement les résultats obtenus sont très intéressants : la CIRAGRI de la préfecture de Miarinarivo a enregistré un rendement de plus de
T/ha, avec plusieurs variétés comme " Nain de Kyondo, Goiano Précoce, Manakely, GLPx 92 et G13.671…

De même, les expériences des Unions de Coopératives dans le Vakinankaratra et d'Amoron'Imania, travaillant sur la filière haricot depuis 1994, démontrent que les nouvelles variétés diffusées par la FOFIFA produisent des rendements de 1 à 2 T/ha.

Toutefois des obstacles restent à surmonter :
- La concentration des activités sur cette filière sur une seule région de lîle.
- La pauvreté du sol et le coût élevé des intrants (fertilisation …)
- Le problème d'accès à la terre
- L'appauvrissement en quantité et en qualité de semences améliorées.

En effet, la production ne suit pas la demande et le prix est hors de portée des paysans (4 500 F à 6 500 F/kg). Les paysans se livrent eux-mêmes à l'auto-production de semences non contrôlées.

L'Etat dérisoire des infrastructures routières limite au minimum la communication ainsi que les relations.

La Commercialisation

Actuellement, Madagascar n'arrive qu'à exporter 2753 T de haricot, un chiffre qui n'atteint même pas la moitié du tonnage exporté en 1995.

Ce produit n'est pas compétitif sur le plan " Quantité- Qualité- Prix " car il ne couvre pas les demandes du marché extérieur et ne répond pas aux normes exigées sur le marché mondial (Taux d'humidité, grammage, longueur, conditionnement des exportations).

La qualité de luxe requise pour les produits d'exportation n'a jamais été atteinte, et les normes régissant ces produits qui datent de 1941 ne correspondent plus aux conditions de production actuelles.

Toutefois, rien n'est perdu. Madagascar aura à multiplier ses efforts pour essayer d'augmenter sa production et améliorer la qualité de ses produits pour au moins préserver ses parts de marché notamment constituées par les îles de l'Océan Indien, et reconquérir par la suite le marché extérieur.

La recherche doit poursuivre ses efforts de création de variétés productives, ainsi que la mise au point de techniques culturales permettant l'augmentation du rendement.

En dépit de l'élaboration en 1994 de " la Politique Nationale Semencière " dont l'objectif est d'améliorer la disponibilité en semences de qualité pouvant répondre aux priorités agro-écologiques de chaque localité, il faut créer un environnement incitatif au secteur privé pour motiver les opérateurs à investir dans la filière.

 

APPUI AU DEVELOPPEMENT AGRICOLE: UNE PRODUCTION DE FRAISES PREVENANT LES RISQUES DE CYSTICERCOSE
(in Karoka n°21 mars 2004)

La culture de fraises représente la première source de revenus des foyers qui la pratiquent. Elle fait vivre environ 1000 familles. Les paysans la cultivent généralement de façon traditionnelle sans tenir compte des conditions d'hygiène. Menacée par le risque de contamination par la maladie cysticercose, la vente de fraises a baissé depuis quelques années selon les observations des paysans.

Sensibilisée sur ce problème, l'association des producteurs de fraise "FANA VOTANA" (regroupant 40% des familles présentes dans le bassin de production d'Ambatofotsy) a fait appel en 2002 à 2 projets de développement (SAHA de l'intercoopération Suisse et PSFH de la coopération française) pour un appui technique.

Pour ce faire, le CTHA (Centre Technique Horticole d'Antananarivo) œuvre, en mars 2003, une opération pilote de culture de fraise menée avec des pratiques agricoles adéquates chez 17 paysans afin de montrer aux producteurs qu"une bonne conduite de la culture permet d'éviter la transmission de la cysticercose, et par conséquent, de relancer la consommation. Pour accompagner cette opération, une sensibilisation de masse a été en même temps réalisée.

Avec la collaboration du SLBC (Service de la lutte contre' la Bilharziose et la Cysticercose du Ministère de la Santé) et l'IPM (Institut Pasteur de Madagascar), un cahier des charges de production de fraises prévenant les risques de cysticercose a été établi décrivant l'ensemble des conditions à respecter.

En plus du suivi permanent du technicien, deux paysans relais par zone (relais entre le technicien de CTHA et les paysans participants) ont été engagés. L'un suivait et contrôlait en permanence les cultures et l'autre assurait le suivi des récoltes. Des carnets de notation ont été mis à la disposition de chacun (technicien, paysans producteurs, paysans relais) pour faciliter les suivis.

Résultat de production:
- Une meilleure qualité de fraises: rouge vive brillante
- Un bon rendement: 524g/plant
- Un prix plus intéressant: environ 1000 Fmg de plus par kilo que le prix normal (3750 Fmg le kilo).

 

DIVERSITE BIOLOGIQUE: UNE ASSURANCE CONTRE LES FUTURES FAMINES

Selon les estimations de la F AD, 75% de la variabilité génétique des plantes utilitaires agricoles ont disparu dans le courant du siècle dernier. Aujourd'hui, quelques sortes de plantes cultivées à haut rendement forment la base de l'alimentation de la population mondiale. Cette étroite largeur de bande génétique rend l'agriculture globale vulnérable aux épidémies et aux changements climatiques.

La journée mondiale de l'alimentation de cette année, qui aura lieu le 16 octobre, sera placée sous le signe de la diversité biologique en tant qu'assurance contre les futures famines. La F AD renvoie à " son" Traité international sur les ressources phytogénétiques, entré en vigueur le 29 juin 2004.

Ce traité reconnaît la grande contribution des paysans à la préservation de la diversité génétique et renforce leurs droits en conséquence. Il inclut un système multilatéral qui assure l'accès des chercheurs et des cultivateurs aux ressources génétiques mais qui garantit que les gains en résultant soient également redistribués aux gardiens de la diversité biologique: les paysannes et les paysans du sud. L'intention du traité est unanimément saluée. Mais pour ce qui concerne les droits de la propriété intellectuelle, les interprétations du texte par les organisations de paysans et l'industrie agricole diffèrent considérablement. Il faut dès lors s'attendre à ce que la mise en œuvre du traité n'aille pas sans heurts.

 

LA PRISE EN COMPTE DES INTERÊTS DES PAYSANS DANS LA POLITIQUE
(in InfoRessources News N°4/04, p.7. Source : A Comparative Review of Multistakeholder Arrangements
for Representing Farmers in Agricultural Development Programmes <Policy - maling in Sub-Saharian Africa
by Jum Bingen. For FAO Rome, April 2004. 41p>

Comment obtenir que les intérêts et les besoins des paysans soient pris en compte dans les décisions d'un Etat en matière de politique du développement? Le rapport se penche sur trois grandes organisations africaines de paysans et en analyse les contextes. Ces institutions se distinguent clairement dans leur orientation: deux agissent en étroite concertation avec le gouvernement et soutiennent des programmes axés sur l'agriculture de marché, l'autre est un groupe d'intérêt indépendant du gouvernement, engagé dans l'amélioration des conditions de vie rurales. Par ailleurs, l'une met plus de poids sur le conseil, une autre plutôt sur la défense d'intérêts politiques.

Le rapport n'en formule pas moins plusieurs recommandations qui sont valables pour toutes les institutions: améliorer le niveau de formation des paysans et favoriser les échanges d'informations au sein de l'organisation, resserrer les liens avec la base, p. ex moyennant des cotisations de membres et le droit d'élire des représentants; définir la responsabilité de la direction à l'égard de la base et améliorer la coordination et la communication entre les deux. Les auteurs soulignent également l'importance qu'il y a de réduire la dépendance financière à l'égard des organisations de développement étrangères et d'inciter les fonctionnaires gouvernementaux à être plus attentifs aux intérêts des organisations paysannes.