Le Fonds international de développement agricole (FIDA) lance début mai le nouveau Programme de soutien aux pôles de micro – entreprises rurales et aux économies régionales (PROSPERER). Ce nouveau programme vise à encourager le développement des micros et petites entreprises pré – existantes en milieu rural, et les intégrer dans des filières commerciales leur permettant de saisir les opportunités de marché.
« Ce programme est innovateur dans la mesure où on ne crée pas d’entreprise, mais on aide les entreprises existantes à se développer en leur fournissant les services d’appui nécessaires, que ce soit un service technique, de gestion, d’accès aux marchés ou bancaire,» a dit Benoit Thierry, chargé de programme au FIDA. « Le but est d’identifier les blocages et aider les entreprises à les surmonter ».
Le séminaire de démarrage se tiendra les 8 et 9 mai 2008 à l’Hôtel Colbert à Antananarivo et réunira des représentants du Gouvernement de Madagascar, des organisations professionnelles, du FIDA, des ONGs et autres prestataires de services potentiels. Il marquera le lancement officiel du programme.
D’un financement de 30,32 millions de dollars US pour une durée de sept ans, PROSPERER touchera ainsi plus d’une dizaine de filières et clusters dans cinq régions : Analamanga, Itasy, Haute Matsiatra, Vatovavy Fitovinany et Sofia (trois à quatre filières par région), et plus particulièrement 19 districts sélectionnés comme ayant les meilleurs potentiels agro – économiques.
Dès le départ, PROSPERER cible 48.000 entreprises (27.000 bénéficiaires directs et 21.000 bénéficiaires indirects) dont en priorité les micro – entreprises rurales (de 0 à 4 employés) et les petites entreprises rurales (de 5 à 15 employés) dans des filières sélectionnées conformément au mandat du FIDA d’aider les ruraux pauvres à se développer. Ces clusters et filières comprennent à la fois la production agricole (fruits et transformation, maraîchage, apiculture, et soie) et les activités non agricoles (artisanat de services, raphia et fibres végétales, vannerie et couture – broderie).
En outre, PROSPERER soutiendra également les efforts du Gouvernement dans le domaine de la formation professionnelle en vue de promouvoir l’emploi et l’insertion professionnelle de jeunes. «L’objectif est aussi de développer l’apprentissage, cela pour une partie des 300,000 jeunes qui arrive sur le marché du travail chaque année », a expliqué Lucien Ranarivelo le coordonnateur national de PROSPERER.
En ce qui concerne la mise en oeuvre, le projet sera exécuté par la Fédération des chambres de commerce et d’industrie au niveau national et de chacune des Chambres de commerce et d’industrie des cinq régions cibles, en tant que structure paritaire publique/privée. Au niveau des districts, des guichets multiservices seront mis en place pour appuyer les entreprises locales.
« Cette structure permettra de mieux connaître la zone et valider les entreprises, » a expliqué Benoit Thierry.
De manière plus spécifique, PROSPERER visera à : (i) créer et appuyer un réseau d’organisations professionnelles, de corps de métiers et de fédérations interprofessionnelles qui répondront aux besoins de développement des entreprises rurales; (ii) contribuer à l’élaboration d’un cadre
institutionnel et de la politique nationale en matière d’appui aux micro -entreprises rurales; (iii) améliorer la compétitivité des micro -entreprises rurales pour renforcer les performances des clusters et filières au sein des pôles économiques régionaux; (iv) permettre aux entrepreneurs d’accéder à des services financiers et non financiers pérennes ainsi qu’aux marchés, dans un environnement favorable de gestion de risques; (v) créer un environnement structurant favorisant la
modernisation des filières rurales.
« L’idée de départ est que les organisations fédératives par filière puissent ensuite se charger de l’appui et la formation des petites entreprises au-delà du projet, » a ajouté Lucien Ranarivelo.
PROSPERER est un programme du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (MAEP), en collaboration avec le Ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (MECI) et mis en œuvre à travers la Fédération des chambres de commerce et d’industrie (FCCI) et les chambres régionales (CCI) qui sont elles des institutions paritaires publiques– privées assurant le lien avec les organisations professionnelles des entrepreneurs.
Ce programme, qui renforce l’appui du FIDA au « Madagascar Action Plan » (MAP) à travers la mise en œuvre de sa stratégie pays, s'inscrit dans la problématique de transformation du secteur rural traditionnel isolé en un secteur compétitif et professionnel. L’objectif spécifique de cette stratégie consiste à : « améliorer les revenus des ruraux pauvres par la diversification des activités agricoles et la promotion de l’entreprenariat rural ». L’accord de financement y afférent a été signé à Rome le 18 décembre 2007.
Les séquences d’intervention du programme PROSPERER comprennent trois phases : phase de lancement et de mobilisation, phase de développement et de consolidation et enfin phase de désengagement. Il s’agit dans un premier temps d’affiner les plans de développement des filières et
clusters puis de mobiliser les micros et petites entreprises rurales en vue de les positionner dans leurs différentes filières. Pour y arriver, PROSPERER les appuiera à préparer leur business plan et fournira les services d’appuis requis, entre autres : le soutien à la préparation et au suivi de dossiers d’investissement (business plan), la formations en gestion, l’accès au crédit, les études de marchés, etc…
Dans un second temps, les services financiers adaptés aux besoins des entreprises (facilités pour l’investissement, la garantie et le fonds de roulement ainsi qu’une assurance pour les risques des pertes d’exploitation) seront développés à travers les institutions financières intervenant dans les régions du programme. PROSPERER prévoit également de financer (en collaboration avec la Banque mondiale et l’OFID/OPEC fund) les infrastructures nécessaires au développement des filières telles que pistes rurales (220 km), marché et adduction d’eau, électrification, magasin de stockage, atelier (chaîne de froid, petites unités de transformation).
Enfin, le désengagement du programme PROSPERER s’appuiera sur des structures professionnelles relais constituées par des fédérations ou groupements par corps de métiers pour assurer la continuité des accès aux services d’appuis aux entreprises.