CEREMONIE DE REMISE DE DISTINCTION HONORIFIQUE
A MONSIEUR NICOLAS HERTKORN,
CHARGE DE MISSION A L’AGENCE FRANÇAISE DE DEVELOPPEMENT ANTANANARIVO

Vendredi 29 Août 2009, MAEP Anosy

 

Allocution de Monsieur le Secrétaire Général du MAEP

Monsieur Nicolas HERTKORN a été Chargé de mission à l'Agence Française de Développement Antananarivo, de 2004 à 2009. Sa mission a essentiellement porté sur les secteurs « Développement rural, Pêche et Environnement ». Tout au long de son séjour, il a su y faire preuve de compétence et de savoir.-faire pour apporter sa part de brique au programme de développement national.

Ses attributions ont été nombreuses:
A son arrivée à Madagascar en 2004, le pays s'attelait aux actions de redressement, suite à la crise générale vécue au premier semestre 2002.
Du fait que nous sommes un pays à vocation agricole et que nous comptons une forte proportion de ruraux pauvres, le Développement rural constitue un grand pilier de l'économie. Par ailleurs, du fait de notre insularité; la Pêche est aussi un domaine primordial. Enfin" l'importance du thème Environnement ne serait plus à souligner dans notre contexte. Ce sont autant de domaines-clés dont s'occupait bien Nicolas.
Récemment encore, il a pris part à la préparation du dossier. Stratégie Nationale de Développement Rizicole, sujet qui nous tient à cœur.
1.- Dans le domaine du Développement agricole, il a contribué à divers programmes et projets, dont :

  • Appui à la diffusion de l’agro-écologie (semis direct sur couverture végétale sans travail du sol) à l’échelle nationale
  • Programme d'aménagement durable et de gestion des bassins versants et périmètres irrigués au Lac Alaotra, sur les Hauts-Plateaux et dans le Sud-Est.
  • - Appui à la définition et la mise en oeuvre de politiques agricoles au Ministère de l'Agriculture
  • - Financement de pistes' rurales entretenues par les Communes et des Associations d'usagers.

2. - En matière de Pêche et aquaculture crevettière, il s'est aussi occupé de différents projets dont:

  • - Appui à l'interprofession de la pêche industrielle et de l'aquaculture (GAPCM ou Groupement des Aquaculteurs et Pêcheurs de Crevette de Madagascar).
  • - Appui à la co-gestion entre l'Etat et le privé de la pêche crevettière et à ses outils institutionnels : cadre règlementa.ire, Programme National de Recherche Crevettière, Observatoire Economique, Centre de Surveillance des Pêches.
  • - Projet d'appui à la pêche villageoise à petite échelle : concertation entre acteurs pour la gestion de l'espace marin, méthodes de pêche durable, valorisation des produits, développement local.
  • - Gestion des impacts sur l'environnement (dispositifs anti-tortues, gestion des captures accessoires, gestion des huiles usagées, économies de carburant).

3.- Sur le plan de l'Environnement terrestre et marin, il s'est également très impliqué à travers divers projets dont:

  • - Co-financements du Fonds Français pour l'Environnement Mondial (FFEM) aux projets financés par l'AFD sur l'agro-écologie et la pêche crevettière.
  • - Contribution de l'AFD et du FFEM au capital de la Fondation  pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar. (financement durable des coûts récurrents de la conservation).
  • - Projets FFEM de gestion durable de ressources naturelles (transferts de gestion. à des collectivités locales) avec le Ministère de l'Environnement et le WWF.
  • - Financement régional de la création d'un réseau d'Aires Marines Protégées à l'échelle des cinq pays de la Commission de l'Océan Indien. .

Ces derniers temps, beaucoup d'entre nous l'ont connu à' travers les Projets Bassins Versants (BV/PI et BV/Lac), le Projet d'Appui à la diffusion des techniques agro écologiques (GSDM), le Projet de Gestion des ressources crevettières, le Laboratoire d'épidémio-surveillance de la production crevettière, le Projet de Contribution à la mise en œuvre du Plan d'action pour le développement rural, ...
Pour ces motifs, à la veille de son départ définitif de Madagascar qui aura lieu le 30 Août 2009, au terme d'un séjour fructueux et satisfaisant, il convient de manifester la reconnaissance du Gouvernement malgache à l'égard de Monsieur Nicolas HERTKORN, -pour ses cinq années passées dans notre pays .
. Une telle reconnaissance officielle des services qu'il avait rendus, témoignerait envers l'Ambassade de France à' Madagascar, combien le Gouvernement malgache apprécie l'action de l'Agence Française du Développement pour notre pays en général et pour les secteurs développement rural, pêche et environnement en particulier.
Nous félicitons Nicolas d’avoir obtenu cette distinction honorifique réservée à des personnalités spécifiques par des bienfaits qu’il a réalisés pour notre pays
Comme nous le savons, il va nous quitter en tant que chargé de mission AFD dans la Grande île, mais nous savons qu'il a certainement bu des eaux en territoire malgache qui le feront revenir. En fait, il était même déjà venu en 1994 pour un stage dans un Projet de Conservation et de 'développement intégrés avec WWF, ce' qui a paru déterminant.. Ainsi, nous osons espérer qu'il gardera le contact et continuera à nous appuyer où qu'il soit à l'avenir.
Merci beaucoup et bonne reprise au nouveau poste qui vous attend à Paris !

 

Allocution de Monsieur Nicolas HERTKORN

Tompoko lahy sy tompoko vavy.
Ny voalohan-teniko dia ny manolotra antsika rehetra ny fiarabana, tonga soa vory etoana

Chers collègues et amis,
Misaotra tompoko ary miala tsiny indrindra raha mandray ny fitenenana.
Faly tokoa ny fo amin'izao fotoana izao, mahita anareo marobe tonga eto.

Sous l'impulsion de Monsieur le SG du MAEP, Philibert RAKOTOSON, nous sommes réunis aujourd'hui à l'occasion de mon départ. C'est bien la première fois qu'on se réunit ainsi pour moi, et c'est beaucoup d'honneur que vous me faites. De surcroît, vous m'avez remis une distinction honorifique malagasy. Je voudrais vous dire combien ma reconnaissance est grande pour le lien de travail et le lien d'amitié qui nous unissent et que cette distinction symbolise à mes yeux.
Vous le savez, je pars à contre cœur et la mort dans l'âme, mais je suis également comblé des cinq années passées ici et avec vous.
Mes premiers pas à Madagascar, je les ai faits en 1994 dans la réglon montagneuse de l'Andringitra, en tant que stagiaire du MNF et de l'ANGAP. Je dois ce séjour inoubliable à Mme Hanta Rabetaliana - alors Directrice des Aires Protégées au 'MNF - que je remercie ici pour son accueil et sa disponibilité, autant en 1994 qu'à mon retour dix ans plus tard.
En tant que stagiaire de la brousse des savanes de montagne et de la forêt du corridor Est, j'ai appris les traditions betsileo et bara, et j'ai bu l'eau du majestueux Menarahaka, et d'autres eaux (que je ne citerai pas ici) au goût plus corsé mais qui réjouit le cœur de l'homme, à l'image de cette région rocheuse et escarpée mais délicatement fleurie.
Depuis mon retour en 2004 - et je dirais volontiers mon « premier retour» pour augurer déjà du suivant si vous le voulez bien - j'ai eu la chance de travailler étroite collaboration avec une grande diversité d'institutions et d'agriculteurs.-que je voudrais remercier. Il y a d'abord les Administrations, avec le Ministère de l'Agriculture, celui de l'Environnement et celui des Finances, qui définissent et conduisent les politiques publiques. Il y a les organisations qui rendent un service d'intérêt général à la Nation, allant du GSDM pour le « voly rakotra » au GAPCM pour les « makamba », en passant par la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar « faha velona ny ala ». Il y a aussi les bureaux d'études, les ONG ou associations sur le terrain, l~s organisations de producteurs et les entreprises privées, qui sont les cheville~ ouvrières du développement rural de proximité. Enfin, je souhaiterais rendre un hommage particulier aux agriculteurs et aux pêcheurs villageois, qui no~s reçoivent chez eux toujours avec le même enthousiasme, et dont le bien-:être est la finalité de notre travail.
Nous avons ainsi essayé, ensemble, d'avancer dans les tâches que vous menez pour le développement rural et la préservation des richesses naturelles de Madagascar. Je vous remercie de la patience que vous avez eue pour tout expliquer à l'ignorant que j'étais, pour partager votre savoir et votre expérience avec moi, pour m'aider à accomplir mes tâches aussi bien dans mes fonctions de bureaucrate zélé à Antananarivo que dans mes aspirations de petit agriculteur ou de piroguier des campagnes malagasy. Je vous remercie de ces années de partenariat, tout comme je remercie l'AFD de m'avoir fait confiance durant cinq années sur ce poste, et tous mes collègues de l'agence de Madagascar avec lesquels je partage la distinction dont vous me faites aujourd'hui l'honneur.
Je sais qu'il n'a pas échappé à votre sens aigüe - mais toujours infiniment discret - de l'observation, que l'Occidental a parfois ce vilain défaut de croire tout savoir et pouvoir donner des leçons de développement ou de gouvernance à tous vents. Vous m'avez aidé à voir combien cela était égocentrique, et combien on pouvait apprendre et partager dès lors que l'on s'écoute dans le respect mutuel et que l'on cherche à se comprendre l'un l'autre, dans un esprit de diversité et de pluralité des raisonnements et des coutumes. C'est dans ce respect de la diversité que réside la richesse du partenariat entre les institutions malgaches et les institutions étrangères qui coopèrent avec vous. J'ai ainsi appris que les voies du développement que Madagascar pourrait emprunter vous sont propres, elles diffèrent du schéma fondé sur le seul accroissement de richesse suivi par l'Occident, ou des voies que pourrait tracer le Continent Africain.
Mon vœu le plus cher aujourd'hui est que vous parveniez à définir et à mener vos propres politiques et stratégies de développement, dans un esprit d'excellence, de continuité et de stabilité, et qui reflètent vos aspirations d'avenir malagasy, votre fihavanana, et qui vous permettraient d'aller vers davantage de bien-être de la majorité de la population. Mais cela requiert une grande constance et un travail de longue haleine de tous les acteurs, au-delà des agitations et des modes qui se succèdent dans le monde dit du « développement ». Pour donner un exemple de coopération réussie, je citerai la Fédération MIROSO qui réunit 3000 agriculteurs du PC15 et de la Vallée Marianina au Lac Alaotra, dont la maturité dans la gestion collective de son barrage et de ses périmètres irrigués s'est construite pas à pas sur 15 ans, mais solidement, grâce à un accompagnement au long cours mais respectueux des logiques propres à cette Fédération.
Izai no ela tompoko lahy sy tompoko vavy fa dia mbola manantitra ny fisaorana sy ny fankatelemana anareo rehetra.
Je vous adresse mes meilleurs vœux pour la suite, et vous remercie de votre attention ainsi que d'être venus à cette cérémonie.